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TV White Spaces : L’internet accessible via les fréquences de télévisions libres

mardi 4 juin 2013

Le monde est sur le point de découvrir une innovation technologique de taille devant contribuer à la démocratisation de l’accès à l’internet. Il s’agit du TV White Spaces qui permet de fournir de l’internet sans fil via les fréquences de télévision non utilisées.

L’Afrique va bientôt bénéficier de la pointe d’une révolution technologique. Il s’agit du TV White Spaces. Un outil dont le principe de base consiste à utiliser les bandes de fréquences inutilisées par les télévisions pour mettre en place des communications sans fil. « Il coûte moins cher et offre d’importantes capacités de bande passante. C’est une opportunité pour amener l’internet en milieu urbain et rural avec des stations de base qui ont des portées de 5 kilomètres », assurent les initiateurs.

L’outil a été présenté à Dakar lors d’un forum international sur les TV White Spaces et Spectre Dynamique en Afrique, tenue les 30 et 31 mai 2013. Une rencontre organisée en partenariat avec l’Association pour le Progrès des Communications (APC), Afrinic, Google, ISOC SN, Microsoft, le Ministère des Télécommunications et de l’Économie Numérique du Sénégal.

Les participants ont découvert que la faisabilité technologique du TV White Spaces a été prouvée et testée avec des essais concluants en Europe, aux États-Unis et à Singapour. De plus, Microsoft a fait des déploiements au Kenya et Google a connecté des écoles de quartiers défavorisés à Cap-Town, en Afrique du Sud, avec l’aide de cet outil.

Des prototypes d’équipements adaptés ont déjà été fabriqués et les constructeurs sont attendus sur la conception à grande échelle. D’où la pertinence de la rencontre de Dakar qui a réuni régulateurs de la sous-région, décideurs, universitaires, société civile, fournisseurs d’accès, chercheurs, opérateurs, fabricants de composantes électroniques, développeurs de base de données, investisseurs…

Lors de ce forum de deux jours, ces acteurs ont partagé et évalué les potentialités de l’une des innovations les plus récentes dans le domaine des télécommunications par rapport aux écosystèmes de gestion du spectre.

La mise au point de cette innovation est parti du constat que les technologies traditionnelles comme le Wifi, le Why Max et autres actuellement utilisés, présentent un certain nombre de contraintes qui font que l’accès à internet est toujours difficile pour certaines couches de la population. Devant cet état de fait, la faiblesse de l’utilisation de la bande passante réservée à la télévision en Afrique est perçue comme une opportunité. En Europe et aux États-Unis, à cause de la transition vers le numérique, cette bande passante est en train d’être libérée.

Certains observateurs avancent avec conviction que TV White Spaces, qui fait partie de la quatrième génération des technologies, est une aubaine pour démocratiser l’internet en la rendant accessible à tous. Ce qui est la condition sine qua non pour traduire en acte concret l’ambition consistant à faire de l’économie numérique la locomotive de l’évolution des pays vers l’émergence.

« Les pays africains sont en train de prendre des positions très claires. On doit déjà se positionner pour pouvoir en bénéficier le plus rapidement possible. Il faut passer aux étapes de standardisation et de régulation pour que les fabricants puissent concevoir en masse des outils adaptés à cette technologie », relève M. Tidiane Dème de Google Afrique.

Soucieux de la réduction de la fracture numérique, les autorités africaines, qui ont pris part à cette rencontre de Dakar, espèrent que les opportunités offertes par le TV White Spaces au même titre que la 3G et le Why Max, sauront répondre définitivement à la problématique de l’accès à l’internet sur le continent. Elles estiment que la question de la pénétration d’internet très haut débit reste une des préoccupations auxquelles des réponses définitives devront être apportées afin de garantir aux populations un accès de bonne qualité et au meilleur prix.

Venu présider la rencontre, le ministre sénégalais en charge des Télécommunications et de l’Economie Numérique considère qu’il reste à proposer des orientations en vue de décider des contours des mutations réglementaires nécessaires. Mais aussi d’identifier les plus-values, que des technologies telles les TV White Spaces peuvent engendrer aux bénéfices des populations. « Il faut aller vers des perspectives qui vont dans le sens de la réduction des barrières à l’accès pour tous, notamment en zone rurale », souligne M. Cheikh Bamba Dièye.

Il est à signaler que les spécialistes ayant travaillé sur la mise en place du TV White Spaces ont déjà proposé des standards prêts à être utilisés ainsi qu’un cadre de régulation. Ils espèrent que le TV White Spaces bénéficiera des mêmes conditions d’ouverture et d’exploitation que le Wifi et les autres outils déjà utilisés.

Cheikh Bamba Dièye assure que ces assises de Dakar réconfortent la possible intégration du TV White Spaces dans le dispositif de télécommunication au Sénégal du moment que les nouvelles tendances de gestion du spectre vont de plus en plus dans le sens de la bonne définition des conditions d’utilisation.

Tidiane Dème de Google Afrique confie que les opérateurs, les fournisseurs d’accès internet, les gouvernements peuvent se saisir de cette technologie et la déployer immédiatement avec des applications pour connecter les écoles, les campus universitaires. Ce qui permet à l’Afrique de régler deux problèmes notamment la disponibilité et le prix. C’est ainsi que le conclave de Dakar cherche à amener opérateurs, régulateurs et fabricants d’équipements et ceux qui font les bases de données à voir ensemble comment aller plus loin. « En Afrique tout est prêt parce que les fréquences sont généralement vides ».

Si cette nouvelle technologie semble susciter un engouement au niveau des autorités, des régulateurs et multinationales, la question qui reste entière est de savoir la posture que vont adopter les opérateurs qui puisent une bonne partie de leurs ressources de la connexion internet.

Bacary Dabo

(Source : AllAfrica, 4 juin 2013)

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