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TIC et Croissance Accélérée en Afrique : Perspectives de la Francophonie

jeudi 15 mai 2014

Au cours de la décennie 2000-2010, de grands espoirs sont nés des opportunités offertes par ce qui a été désigné sous le vocable de « Technologies de l’information et de la communication », les TIC, et dont la forme structurante s’est donnée à travers l’Internet, ce réseau planétaire, sans centre ni périphérie, qui relie toutes les parties de notre planète et met en contact des milliards d’hommes et de femmes.

Dans ce cadre, le Sommet mondial sur la société de l’information, organisé sous l’égide des Nation-Unies à Genève en décembre 2003 puis à Tunis en novembre 2005, a été un grand moment. Consacré au phénomène du numérique et de son rapport aux évolutions profondes qui s’annoncent pour toutes nos sociétés, il a été une occasion pour prendre toute la mesure des impacts dont nous vivons en ces moments mêmes les premiers effets significatifs.

Depuis lors, beaucoup d’événements se sont succédés avec de multiples conférences et fora sur tous les continents, pour approfondir le plan d’action du SMSI, et examiner les modalités de mise en pratique de ses recommandations pertinentes.

Si tous se sont accordés, pour l’essentiel, sur le rôle de catalyseur que peut jouer l’Internet et les TIC, il n’en demeure pas moins vrai que son adaptation aux contextes multiples de pays traversés par différentes fractures culturelles, économiques et sociales qui révèlent autant de fractures numériques, reste la question posée et à résoudre. Nul ne doute des immenses ressources qui gisent dans l’écosystème des TIC pour développer à une échelle jusqu’ici inimaginable et sous des formes inédites, une infinité de savoirs, de pratiques et de services, dans quasiment tous les domaines de l’activité humaine.

Pour le continent africain, qui a été le moins impliqué dans la révolution industrielle des deux siècles passés (sauf à servir de pourvoyeur de matière première et de main d’œuvre surexploitée), s’ouvre une fenêtre d’opportunité dans laquelle les nouvelles modalités de l’économie, centrées sur le numérique, lui donnent espérons le , la possibilité de se poser en acteur bénéficiant des mêmes atouts que ceux des autres continents et capable de s’auto définir un destin à la hauteur des capacités créatrices propres à ses filles et fils. En effet, faut-il le rappeler, dans ce nouvel environnement, c’est l’intelligence, qui est la principale matière première de l’économie numérique et comme chacun le sait elle est la mieux répartie des matières premières à travers le monde.

Le "village global" dont parlait Marshall McLuhan ne sera certainement pas un village à l’africaine, paisible et sous l’empire de la solidarité. Il sera plus probablement un espace de compétition impitoyable, adossé à la toute puissance des technologies et du savoir-faire, dans lequel la production, la maitrise et la compréhension de l’information seront déterminant pour exister.

La capacité des TIC, reconnue comme devant servir de support pour l’appui et le développement de secteurs particulièrement stratégiques tels que l’éducation, la santé, l’agriculture, la maitrise de l’eau et de l’énergie, la sauvegarde des valeurs culturelles et l’aménagement du territoire, en fait la pierre angulaire de toute volonté de s’émanciper de la pauvreté et du sous-développement et au-delà de contribuer au développement humain.

Plusieurs actes posés par des pays africains, dont certains sortent à peine de conflits sanglants ou de situations extrêmement difficiles, constituent des signaux encourageant quand à la volonté de faire face à la mondialisation et à ses contraignantes obligations, qui, plus que par le passé seront brutales pour ceux qui se marginaliseront par rapport au nouvel ordre qui se met en place.

De simples consommateurs que nous étions il y a à peine une décennie, nous découvrons, soulagés, que nous pouvons être des producteurs inspirés de solutions adaptées à nos besoins, aptes à se positionner sur la place de marché mondiale comme des référents incontestables.

Ubuntu, le célèbre système d’exploitation libre sud-africain est utilisé dans le monde entier et a un statut équivalent à celui des meilleurs en son genre fondés sur la distribution Linux Debian.

Ushahidi, le système de géolocalisation et d’alerte mis au point au Kenya, est devenu l’instrument le plus utilisé dans ce secteur par les ONG, le système des Nation-Unies et nombre de collectivités locales.

M-PESA, également développé au Kenya est la première application de niveau international destinée au transfert d’argent par SMS , et l’on vient d’annoncer son implémentation en Europe.

Avec son système de monitoring des organes de presse radio télévisuels HMS (Haca Média Solutions), le Maroc s’est résolument engagé dans la voie d’affirmer sa présence sur le marché mondial de la technologie à haute valeur ajoutée.

Le Sénégal, a mis au point le système Gaïndé 2000 qui en matière de gestion des transactions douanières est devenu un outil labélisé et reconnu par la communauté douanière internationale.

La liste des avancées significatives en cours dans de nombreux autres secteurs témoignent d’une vitalité qui donne de fortes indications sur la volonté de ne pas se laisser distancer. Cela est d’autant plus vrai qu’en dernière analyse, l’ère des TIC est celle de l’innovation, de la créativité et de l’audace, dans un contexte ou le producteur et le consommateurs se rapprochent au point de donner naissance au « prosommateur », ce concept forgé par Alvin Toffler, et que les usages scandent le rythme des innovations technologiques.

Ainsi, de nombreux centres d’incubation et de développement technopolaires sont en fonctionnement dans de nombreux pays tels que iHub et NaiLab au Kenya, Hive CoLab et AppLab en Ouganda, Activspaces au Cameroun, CTIC et Jokkolabs au Sénégal, Kinu en Tanzanie ou mLabs au Kenya et en Afrique du Sud. Par ailleurs, le Kenya veut disposer de sa Sillicon Savannah à Konza City, pour un coût de 10 milliards de dollars d’investissement sur 2000 ha, tandis que le Rwanda met en œuvre le projet « Smart Rwanda » afin d’inventer des solutions intelligentes pouvant contribuer au développement rural et à la réduction de la pauvreté de 30%.

Cependant, l’avancée la plus visible partout en Afrique, c’est la vitesse à laquelle les pays construisent les infrastructures à larges bandes, en mer et sur terre, pour se connecter à très haut débit sur le réseau mondial dont ils deviennent un point d’aiguillage comme tous les autres et sur lesquels ils peuvent faire circuler leurs propres contenus tout en accédant dans de meilleures conditions de confort et de coût aux données venant de partout.

Aujourd’hui pas moins de 10 câbles sous-marins ceinturent l’Afrique et lui apportent des capacités inouïes de plusieurs dizaines de téraoctets, alors qu’il y a juste 15 ans, tout le continent disposait de quelques gigabits à se partager et que certains pays ne disposaient que de quelques kilobits. C’est ainsi qu’on trouve sur la façade Ouest du continent les câbles Africa Coast to Europe (ACE) , GLO 1, West African Cable System (WACS), MaIN One, SAT3, West African Festoon System (WAFS), sur la façade Est les câbles East Africa Submarine Cable System (EASSy), Southeast Asian Telecommunication Cable (Seacom), etc.

Hormis ces câbles sous-marins, plus de 50 000 kms de câble en fibre optique sillonnent désormais l’intérieur du continent, connectant enfin les pays entre eux, contrairement à ce qu’ont fait pendant des siècles les différentes puissances coloniales, qui s’étaient contentées de construire des réseaux en tous genres (chemin de fer, routes, télécommunications, transports aériens, etc.), qui ne se croisaient jamais, et dont la vocation étaient uniquement de transporter les hommes et les matières premières du continent vers l’extérieur pour servir à leur seule expansion économique. C’est tout cela qui donne l’espoir aujourd’hui, qu’un jour nouveau se lève, illuminant un continent qui s’éveille. D’ailleurs le reste du monde ne s’y trompe pas et ceux qui décrivaient en 2000 l’Afrique comme le continent sans espoir (Hopeless continent) le présentent aujourd’hui comme l’Afrique qui s’éveille : le continent de l’espoir (Africa rising : A hopeful continent) ! Il faut dire que l’Afrique est tout à fait à l’aise dans la sphère de l’immatériel, tant par sa culture, que du fait de son rapport à la nature. L’Afrique n’est pas dépaysée par les échanges immatériels, elle n’est pas non plus impressionnée par tous ces gadgets qui accompagnent le numérique. Une preuve évidente en est le taux de pénétration extraordinaire de la téléphonie mobile qui est l’un des plus élevés au monde et dont la croissance a été exponentielle, alors que certains anthropologues, sans doute un peu trop hors de l’histoire, avaient prédits que non seulement les Africains ne seraient pas intéressés par ces outils de communications trop sophistiqués mais que ceux-ci pourraient les déstabiliser sur le plan culturel.

Il est fort à parier que dès l’instant où l’étreinte de certains opérateurs de télécommunication sera desserrée et que les immenses capacités disponibles à travers les câbles, les satellites et les moyens de diffusion hertziens seront exploités à bon escient, l’on assistera à l’éclosion de formes extraordinaires d’usages qui témoigneront de la capacité d’innover et d’exploiter toutes les facette de n’importe quelle technologie à laquelle les Africains arriveront à accéder.

Qui parmi nous n’est pas fasciné par l’incroyable capacité d’adaptation de nos techniciens qui sans schémas ni manuels, réparent des voitures électroniques de dernière génération, montent et démontent pièce par pièce tout type de Smartphone, de tablette, de téléviseur ou d’ordinateur ? Ceux là seront à coup sûr en mesure de tirer un parti que les concepteurs de produits numériques eux mêmes n’avaient certainement pas prévu.

Au vu de ces possibilités que nul ne peut ignorer, nous devons être en mesure d’établir des plans stratégiques ambitieux mais réalistes pour mettre au service du développement endogène de nos pays, les technologies du numérique, notamment dans les secteurs prioritaires que sont la santé, l’éducation et l’agriculture.

S’agissant de l’éducation, il apparait comme une évidence que nous ne pourrons pas former les élites dont nous aurons besoin demain sur la base du modèle classique, en présentiel, de l’enseignement primaire, moyen, secondaire et supérieur que nous connaissons depuis toujours. La principale raison est que ce système a atteint ses propres limites du point de vue des ressources humaines et des infrastructures nécessaires pour que l’on continue à le faire fonctionner tel quel. Quelque soit la volonté des gouvernants, le déficit en enseignants, en matériel didactique, en classes et en amphithéâtres ira s’approfondissant, si nous continuons d’emprunter le même chemin.

La perspective d’utiliser les technologies du numérique comme complément, voire comme alternative, est incontournable, surtout que dans le monde entier souffle un vent de renouveau de l’éducation, qui , malgré la résistance de quelques conservateurs, ouvre la voie à la formation en ligne et à distance grâce à de multiples plateformes telles que les cours en ligne ouvert et massifs, les fameux MOOCs, qui en combinant voix et vidéo, online et offline, réseaux sociaux et wiki, offrent d’ores et déjà aux enseignants et aux enseignés des espaces plus confortables de transfert de connaissance, mais surtout des méthodes adéquates d’apprentissage. Le moment n’est pas loin, où la pénurie d’enseignants sera un vieux souvenir, car les expertises locales, combinées à celle de la Diaspora et bien articulée au flot de cours libres de tout droit que les instituts et centres de formation délivrent de partout dans le monde, constitueront des ressources inépuisables, accessibles par tous et partout pour des formations qualifiantes, certifiantes ou diplômantes. Le Sénégal ne s’y est d’ailleurs pas trompé en lançant en ce début d’année 2013 l’Université virtuelle du Sénégal (UVS) qui s’appuiera sur des espaces numériques ouverts (ENO) répartis un peu partout dans le pays.

Ce qui est faisable dans le secteur de l’éducation est encore plus nécessaire dans celui de la santé où le nombre de médecins, d’infirmiers ou de sages-femmes pour 100 000 habitants est le plus faible au monde. Même pour les pays qui ne sont pas gangrénés par la corruption généralisée, il est illusoire de penser qu’une solution pourra être trouvée pour pallier le manque de ressources humaines afin d’assurer les services de soins nécessaires aux populations urbaines et encore moins à celles vivant dans les zones rurales.

Le passage obligé par une utilisation intensive des technologies du numérique s’impose comme seule solution pour couvrir dans des délais raisonnables l’énorme fossé qui ne cesse de se creuser entre des besoins croissants et les moyens disponibles, en particulier dans certaines spécialités pour lesquelles aucun miracle ne se pointe à l’horizon.

Dans ces conditions, la médecine à distance est l’ultime recours, en associant une organisation méthodique des maigres ressources existantes, avec une exploitation judicieuse des potentialités qu’offrent aujourd’hui la télémédecine, qui dispose d’un arsenal élargi d’outils pour consulter et suivre des malades éloignés, encadrer des auxiliaires de santé, suivre le développement d’épidémies à travers une zone bien précise, former des étudiants et contribuer à la formation continue du personnel de santé avec des moyens audiovisuels particulièrement adaptés.

C’est dire combien le monde de la médecine va être bouleversé dans les années à venir, avec la robotique qui s’invite dans la chirurgie, les Smartphones qui se transforment en outil de diagnostic individuel connectable avec son médecin personnel, les solutions liées à l’Internet des objets qui permettent de suivre l’évolution de tous les paramètres intéressants pour un patient qui vaque tranquillement à ses occupations, uniquement grâce à des implants ou des capteurs qui seront fixés sur lui. Dans le secteur de l’agriculture, où des politiques hasardeuses préconisées par des institutions, plus préoccupées d’idéologie que de développement, ont défait les structures d’encadrement rural qui officiaient comme conseil pour les paysans en matière de pratiques culturales et de gestion, la situation est souvent désastreuse, laissant les paysans à eux mêmes, face aux aléas de la nature et désormais du changement climatique, pratiquant une agriculture de subsistance d’un autre temps.

L’apport des technologies du numérique sera d’un grand secours pour la reformulation de nouvelles stratégies de développement de la production agricole et pastorale en mesure de relever le niveau de productivité par la modernisation des procédés et en rendant plus lisibles les situations et les règles du marché pour la commercialisation des produits du cru.

Les technologies du numérique auront sans aucun doute, un rôle de tout premier plan pour la vulgarisation des bonnes pratiques, la formation et l’encadrement des producteurs, la mise à disposition des informations utiles à la bonne compréhension du fonctionnement des marchés auxquels sont destinés leurs production.

Tout cela nécessitera une énorme tension de forces au niveau des Etats, pour appuyer les développeurs qui offriront les solutions dont l’Afrique a besoin et former les utilisateurs des TIC à la maitrise de ces outils aptes à répondre de manière simple, efficace et peu coûteuse à leurs attentes. Ainsi, au delà de cette action de formation, il faudra que chaque Etat prenne la pleine mesure de l’importance du numérique comme facteur essentiel dans le développement et s’assure que les conditions minimales de son utilisation efficiente sont réunies.

A cet égard, il convient de saluer parmi d’autres, les efforts remarquables de pays comme le Rwanda, le Kenya, le Ghana, le Sénégal, l’Ethiopie qui ont décidé de s’engager dans des politiques volontaristes de maitrise du numérique pour se hisser à la hauteur des exigences de l’heure.

Sans accès au très haut débit à l’internet partout et pour tous, il n’est pas envisageable de réaliser les objectifs minimaux qu’imposent la prise en charge des mutations à opérer dans l’éducation, la santé, l’agriculture, l’aménagement du territoire, la gouvernance au service du citoyens et toutes les autres activités qui jalonnent notre quotidien et cimentent notre communauté de destin. Il faut également travailler à mettre en place dans chacun des pays un point d’échange internet (IXP), et faire de même à l’échelle régionale et continentale, pour réduire les coûts de passages par les routes internationales pour des transactions qui ne sont en réalité que nationales, régionales ou continentales.

Membres à part entière de la Francophonie, nous avons notre partition à jouer dans le cadre de la mondialisation qui en réalité est le lieu de prédilection de l’expression des identités. Ce ne sont pas seulement des intérêts et des forces qui s’y côtoient, mais aussi des cultures, des langues et des manières d’être. Outre le français que nous avons en partage avec beaucoup d’autres peuples et qui nous permet d’élargir le champ de notre dialogue de civilisations, nous Africains, viendront au rendez-vous avec une dimension qui, telle un trou noir, était cachée au centre de la révolution numérique : l’oralité. On y pense peu, parce que cela semble aller de soit, mais l’oralité est le chainon complémentaire du texte, de l’image et du son que l’internet a fait converger vers l’Unimedia, concept cher au Canadien Derrick de Kerckhove.

La convergence de la radio, de la télé et de la photo à travers un seul réseau qui les associe indistinctement, avait besoin d’un liant fort et en résonnance avec eux pour leur donner plus de couleur et de vivacité. C’est justement le rôle de l’oralité qui à présent reprend sa juste place grâce à la magie du numérique.

De ce point de vue, la Francophonie qui porte en elle des parties associées, mais identifiables chacune par ce qui la particularise, est un des plus grands contributeurs à la société de l’information. En effet, bien avant tout ce qui se fait aujourd’hui à la vitesse de la lumière, les Africains à travers le message tambouriné, systématiquement étudié par feu le Professeur Niangoran Bouah, les Amérindiens et leurs signaux de fumée et les Français avec le message transmis par sémaphore, inventé par Claude Chappe, sont sans nul doute les ancêtres des routeurs modernes sans lesquels il n’y aurait point d’Internet.

Amadou Top
Directeur Exécutif du Comité de pilotage pour la transition de l’analogique vers le numérique (CONTAN)

15 avril 2014

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(ARTP, 30 juin 2017)

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