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Surtaxe sur les appels internationaux entrants : L’industrie mobile mondiale conteste l’option du Sénégal

mercredi 10 novembre 2010

La démarche d’appliquer une surtaxe sur les appels internationaux entrants est vivement contestée par l’industrie mobile mondiale qui la juge « erronée ».Le forum mondial des chefs d’entreprises, couplé au Colloque mondial des régulateurs, tenu hier, mardi 9 novembre à Dakar a été une occasion pour contester cette option que les autorités sénégalaises appliquent depuis un certain temps.

Les régulateurs du secteur des télécommunications et les décideurs qui seront en conclave à partir de ce mercredi 10 novembre à Dakar vont devoir statuer sur le brûlant dossier de la surtaxe appliquée sur les appels internationaux entrants. Cette option prise par certains Etats africains comme le Sénégal s’est déjà invitée dans Forum mondial des chefs d’entreprises tenu hier, mardi 9 novembre, en même temps que le Colloque mondial des régulateurs. L’industrie mobile mondiale a d’entrée contestée cette mesure jugée « inopportune » pour le développement d’un secteur devenu vecteur de croissance économique. Isabel Moreau, responsable des affaires extérieures à la GSMA (organisation qui regroupe les huit cents opérateurs mobiles dans le monde et plus de 200 fabricants) a fait remarquer que « cette surtaxe sur le trafic entrant, dans le court terme, a été appliquée comme dans beaucoup de pays parce que ça peut ramener des revenues à l’Etat mais ce sont des visions qui sont vraiment dans le court terme ».Elle pense que sur le long terme « l’incidence d’une telle taxe est que si déjà vous augmentez le prix du trafic entrant les opérateurs destinateurs vont aussi augmenter le trafic ». Avant de se désoler : « Ca a une incidence sur les consommateurs sénégalais parce que pour eux les appels internationaux vont être beaucoup plus chers et ça a surtout une incidence sur les millions de vos compatriotes de la diaspora qui, pour eux, émettre un appel vers le Sénégal devient très cher ou bien le temps qu’ils ont sur leur prépayer devient beaucoup plus court ». Ce qui, à son avis « est une incidence négative directe sur le consommateur ».

Le responsable des affaires extérieures à la GSMA estime que l’augmentation de cette taxe créée également une diminution du trafic. « Puisque le prix augmente, le trafic diminue et le but recherché par l’Etat qui était de faire plus d’argent en prélevant plus sur les revenus des opérateurs, est complètement erroné puisque le revenu des opérateurs sur le trafic entrant va baisser ». Pour illustrer ses propos, Isabel Moreau a cité l’exemple du Congo qui d’après elle, a enregistré une baisse de 30% de ses trafics. Elle est convaincue qu’avec cette surtaxe, l’Etat va relever moins d’argent sur les recettes. « C’est un cercle vicieux où l’Etat va y perdre sur le long terme. Ce qui montre que c’est une problématique assez forte ».

L’ARTP DEMENT ET REFUTE TOUTE BAISSE SUR LE TRAFIC DES APPELS ENTRANTS

Interpellé sur cette analyse des industrielles, le directeur général de l’Artp rejette en bloque toute incidence de la surtaxe, causant ainsi une baisse du trafic des appels entrants. Ndongo Diaw lance sèchement : « Ce n’est pas vrai parce que nous avons les statistiques entre le mois d’août et le mois de septembre et le trafic a augmenté de 2, 62% ». Un état de fait qui à son avis est une surprise parce que « le mois d’août étant de 31 jours, septembre 30 jours, normalement on s’attendait à une baisse du trafic mais paradoxalement le trafic a augmenté et ça a généré des ressources substantielles pour l’Etat du Sénégal. Pour l’instant avec des données objectives, cette déclaration de baisse n’est pas valable ».

Dans cette même dynamique, le directeur général de l’Artp fait savoir : « Nous n’avons pas observé de signe de réciprocité par rapport à certains pays qui avait émis cette idée parce que le marché des télécommunications se porte très bien ». Pour lui, « il ne s’agit pas de taxe ; il y a un problème sémantique. Il s’agit de la régulation tarifaire des appels à destination du Sénégal ». Pour légitimer l’option prise par le Sénégal, Ndongo Diaw prend ainsi l’exemple de l’Allemagne qui, à l’en croire « a l’intention d’augmenter les taxes sur les atterrissages d’avions dans ses aéroports pour prendre ces recettes et financer les infrastructures aéroportuaires ». Ce qui lui permet de dire que « le Sénégal est souverain. On ne peut pas effectivement commenter la décision de l’Etat du Sénégal de reculer les tarifs à destination de son pays et ça n’a pas perturbé le marché ». Pour lui, l’option prise n’est simplement qu’ « une régulation de la destination Sénégal sur le plan tarifaire. Ce n’est ni taxe ni augmentation, voila la réalité ».

GLOBAL VOICE QUATRE FOIS PLUS CHERE QUE LES AUTRES

La question de cette surtaxe a naturellement invité l’affaire Global Voice dans le forum de Dakar. Interpellé sur la question, Isabel Moreau de la GSMA fait savoir : « Nous avons entendu parler de Global Voice. Je crois qu’il y a un malentendu avec cette société. Sur des raisons de sécurité de réseau, de détection de fraude, Global Voice a peut-être vendu un produit qui est cédé par d’autres mais à un prix beaucoup plus cher au gouvernement sénégalais ». A l’en croire, « nous avons des données qui prouvent que d’autres acteurs pourraient offrir ce même service à un prix probablement dix fois moins cher à l’Artp ».

Pour apporter la réplique, le Directeur Général de l’Artp, Ndongo Diaw a indiqué qu’à sa connaissance « il n’y a pas eu de suspension au Congo. Les gens de Global Voice ont constaté que le trafic a augmenté au Congo. D’après les statistiques que j’ai eues, que ce soit au Congo, en Guinée, les trafics se sont stabilisés. Ils ont même augmenté ».

Avant de poursuivre : « On n’a pas encore constaté les effets au Sénégal, car on est à deux mois seulement d’exercice. N’empêche on a remarqué une légère augmentation de 2,62% du trafic entre août et septembre. Ces faits contredisent ce qui est dit. Nous allons observer ce qui

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