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Sommet mondial sur la société de l’information : Ebauche d’une stratégie de participation des femmes

vendredi 16 janvier 2004

C’est au siège de l’Agence universitaire de la Francophonie que le Réseau Genre et TIC, en association avec l’Association des femmes sénégalaises diplômées des universités (AFSDU) et l’Association des chercheurs sénégalais (ACS), a organisé, jeudi 15 janvier, un atelier de « restitution aux femmes sénégalaises » des résultats du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI). Il s’agissait non seulement de présenter le plan d’action et ses enjeux, mais aussi d’informer sur les stratégies nationales engagées et l’ébauche des modalités de participation des organisations féminines.

Plusieurs communications ont servi de base à l’atelier. Abdou Aziz Tall, qui a participé au SMSI de Genève pour le compte du Réseau Genre et TIC, a estimé que « la problématique de la femme dans la société de l’information a été un des thèmes majeurs du SMSI », singulièrement avec le groupe dénommé « Caucus Genre ». Selon lui, « les enjeux sont de taille et vont au-delà de la simple prise en compte de la dimension genre dans la société de l’information », embrassant aussi toutes les questions liées à l’équité, au respect des droits humains, à la réduction de la pauvreté, à la paix, à l’élimination des fossés économique, technologique, culturel et social, etc.

Les dix rencontres organisées par le Caucus Genre durant le sommet ont englobé des thèmes régionaux (zones continentales) et spécifiques (médias, créations d’opportunités pour les femmes, etc.). M. Sall a ainsi mis en exergue la forte participation des femmes au SMSI. A présent, a-t-il estimé, « la mise en œuvre à l’échelle nationale du Plan d’action incombe à l’ensemble des acteurs » dans le cadre d’une stratégie nationale sur laquelle il convient de réfléchir.

Tidiane Seck, directeur informatique de l’Etat, après avoir présenté le concept de solidarité numérique, a surtout insisté sur la stratégie nationale qui devra inclure le Fonds national d’accès universel (sorte de solidarité numérique interne), le Réseau national Education Recherche (qui doit permettre à toutes nos compétences, quel que soit leur lieu de résidence, de contribuer au développement du Sénégal), et le Réseau intranet gouvernemental, en cours d’exécution (conduira à l’e-Administration et à l’e-Citoyen).

A sa suite, Mme Fatimata Sèye Sylla, d’Osiris, a traité de la participation de la société civile au processus du Sommet de Genève, depuis les « blocages » du début jusqu’au déclic provoqué par la réunion de « Bamako 2000 » et tout ce qui s’ensuivra. Reste maintenant, selon elle, à veiller à ce que les engagements soient suivis d’effets. En renforçant notamment la mobilisation.

Le représentant de l’Institut Panos Afrique de l’Ouest, Eric Bernard, a rappelé la nécessité d’un impact effectif des textes issus du SMSI (déclaration de principe et plan d’action). D’ailleurs, a-t-il martelé, le plan d’action précise que « tous les pays devraient encourager la création de cyberstratégies nationales d’ici à 2005 ». Des telles stratégies nationales devraient impliquer « toutes les parties prenantes » et « tenir compte des besoins et des préoccupations aux niveaux local, régional et national ».

Auparavant, Abdou Mbow, représentant le ministre de l’Information et de la Coopération panafricaine dans les NTIC, a félicité le Réseau pour sa démarche qui constitue, de manière concrète, « la première initiative après le SMSI », et l’a exhorté à élargir l’initiative non seulement au Sénégal, mais à l’Afrique. Comme pour lui répondre, le recteur de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), Abdou Salam Sall, qui présidait la séance, après avoir présenté le plan du réseau de l’UCAD, s’est proposé d’abriter un atelier ouest-africain de restitution dans le cadre du futur centre de conférences de son établissement, en finition, « qui n’aura rien à envier aux structures du Nord ».

Cet atelier du Réseau Genre et TIC a bénéficié du soutien de l’UNIFEM (Fonds de développement des Nations Unies pour les femmes) et de l’Open Society Initiative (OSIWA).

A.J. COLY

[Source : Le Soleil 16 janvier 2004)

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