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Société de l’information : Après Genève, le Sénégal prépare Tunis 2005

vendredi 16 janvier 2004

Tunis 2005 : ce n’est pas le titre d’un film ou d’une tragi-comédie. Mais bien le rendez-vous des passionnés d’informatique du monde. Et, ceux du Sénégal ne veulent pas être laissés sur le quais de la gare. Déjà, ils sont à pied d’œuvre. Et pour la représentante d’Osiris (Observatoire sur les systèmes d’informations, les réseaux et les inforoutes au Sénégal), Mme Fatima Sèye Sylla, « à l’horizon de Tunis 2005, il faut faire une grande mobilisation de la société civile ». Un engagement qui doit, à ses yeux, se traduire par un suivi des engagements de la société civile pour une société de l’information forte et viable. De la société civile africaine, il est très attendu un ferme engagement « pour une structuration du Fonds de solidarité numérique en direction de Tunis 2005 ».

Hier, quelques heures ont suffi aux femmes sénégalaises pour s’imprégner, grâce à l’Association des femmes diplômées des universités, de ce qui s’était passé, en décembre dernier, à Genève, la capitale économique de la Confédération helvétique. Il s’agit du Sommet mondial sur la société de l’information (Smsi). « Il est important que ce soit les femmes qui, les premières, organisent cette restitution portant sur le Sommet mondiale sur la société de l’information. C’est pour comprendre ce qui a été fait pour internaliser et prendre en charge le programme. Et c’est important, car quand les femmes sont dans une dynamique, il y a un effet démultiplicateur. Et le fait que les femmes soient au cœur de ce processus où il y a les technologies est extrêmement important », apprécie le recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar venu présider l’ouverture des travaux. Le professeur Abdou Salam Sall milite en faveur d’un bon outillage des femmes.

Le maître d’œuvre du conclave qui a eu pour cadre les locaux de l’Agence universitaire de la Francophonie (Auf) insiste sur la prise en considération de « l’égalité des genres dans la société de l’information ». Aziz Sall, qui est aussi consultant en Technologies de l’information et de la communication (Tic), pense en outre que cela doit s’accompagner « de la prise en charge des droits des femmes » à travers les Nouvelles technologies de l’information et de la communication (Ntic). Il s’agit, à travers cette démarche, d’arriver à ce que « chacun ait la possibilité, au sein de la société de l’information, de créer, d’utiliser les Ntic ».

En plus, on apprend que « la société de l’information favorise l’autonomie des femmes et leur participation pleine et entière au développement ». Mais Aziz Sall prévient que l’implication des femmes dans le développement des Ntic repose sur des préalables qui ont pour noms : l’accès, l’appropriation qui passe par une maîtrise des Tic et, enfin, les contenus pour donner un sens à la contribution des femmes.

Mme Fatima Sèye Sylla d’Osiris remarque que des réticences sont apparues à Genève, de la part « de certains membres de la société civile du Nord » qui ne souhaitaient pas « entendre la voix du Sud ». Une autre manière pour la représentante d’Osiris de souligner le petit blocage qui a entaché la participation des pays sous-développés au Smsi.

Du côté de l’institut Panos pour la recherche sur les média en Afrique de l’Ouest, on voit grand. Et le Coordinateur des programmes Ntic de cet institut, Eric Bernard, suggère que « tous les pays devraient encourager l’élaboration de cyberstratégies nationales d’ici à 2005 ». Il est d’avis que le plan d’action national « doit impliquer toutes les parties prenantes en tenant compte des besoins et des préoccupations au niveau local ».

Mamadou Ticko DIATTA

(Source : Le Quotidien 16 janvier 2004)

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