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Secteur des télécommunications et des TIC : Nettoyer sans plus tarder les écuries d’Augias

lundi 30 avril 2012

Depuis l’avènement de Macky Sall à la magistrature suprême, suite au scrutin du 25 mars 2012, des informations, dégageant la plupart du temps une forte odeur de scandale, sont régulièrement diffusées sur la manière dont a été géré le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) sous le régime d’Abdoulaye Wade. Tout a commencé avec la révélation qu’une convention de concession d’opérateur d’infrastructures avait été octroyée,entre les deux tours de l’élection présidentielle, à la société MTL West Africa jusqu’alors totalement inconnue dans le secteur. Si d’aucuns ont parlé, à tort, de vente d’une quatrième licence de télécommunications, il n’en demeure pas moins vrai que cette opération a été conduite dans l’opacité la plus totale comme l’avait été auparavant l’octroi d’une convention à l’opérateur nigérian Glo propriétaire du câble sous-marin en fibre optique Glo1. Devenus soudainement très bavards, Moustapha Guirassy, ancien ministre de la Communication, des télécommunications et des TIC et Moustapha Yacine Guèye, propriétaire de la société MTL West Africa, ont tenté tant bien que mal de convaincre l’opinion publique de la légalité de cette opération en se gardant bien de se prononcer sur sa légitimité. A peine l’effet de cette nouvelle était-il retombé que nous apprenions que l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) avait signé un accord de gré à gré avec la même société MTL West Africa pour la gestion du contrôle et de la supervision des appels internationaux entrants au Sénégal en échange de l’apurement des sommes réclamées par Global Voice Group à l’ARTP suite à l’annulation, par l’Agence de régulation des marchés public (ARMP), du contrat de gré à gré qui les liait. Autre surprise, l’annonce que quelques huit milliards de FCFA, sur les 14,5 milliards de FCFA collectés en 2010 dans le cadre de la taxe sur les appels internationaux entrants au Sénégal, auraient servi à l’organisation du Festival mondial des arts nègres (FESMAN) alors que cette taxe était censée financer des projets de développement économique et social. Enfin, six des douze membres du Conseil de direction du Fonds de développement du service universel des télécommunications (FDSUT) ont été remplacés par quatre responsables du Parti démocratique sénégalais (PDS), Moustapha Yacine Guèye et un certain Salif Fall, l’administration du FDSUT étant confiée à l’ancienne ministre Innocence Ntap Niaye, totalement étrangère au secteur des TIC et des télécommunications. En réalité, ces faits ne sont guère surprenants puisque la mal gouvernance sous toutes ses formes avait été érigée en règle d’or pour la gestion de ce secteur particulièrement rentable. Limogeage sans explication de Matar Seck, premier Directeur général de l’ART, gestion calamiteuse de son successeur François Malick Guèye, limogeage puis réinstallation dans ses fonctions, dans la même journée, de son successeur Daniel Goumalo Seck, remise en cause unilatérale de la licence de Sentel, attribution controversée de la 3ème licence à Sudatel, blocage inexpliquée de l’attribution d’une licence 3G à la Sonatel, remplacement intempestif de membres du Conseil de régulation de l’ARTP pourtant nommés à titre inamovible sauf en cas de faute lourde, recrutements non-transparents opérés à l’ARTP, marchés de gré à gré signés entre l’ARTP et la firme African Challenge, affaire Global Voice, sponsoring de la lutte au détriment des associations travaillant au profit du secteur, refus de communiquer le montant des sommes collectées par l’ARTP auprès des opérateurs dans le cadre du service universel et de rendre compte de l’utilisation de celles-ci, acquisition d’un immeuble auprès d’une compagnie d’assurance en violation des règles établies par la Conférence, interafricaine des marchés d’assurances (CIMA), etc. des scandales divers et variés ont rythmé la vie du secteur pendant une douzaine d’années. A l’heure où les nouvelles autorités viennent de lancer des audits, elles doivent s’intéresser de près à la gestion des institutions et mécanismes liés au secteur des télécommunications et des TIC (ADIE, APIX, ARTP, FDSUT, etc.) afin d’identifier et de sanctionner ceux qui ont été les commanditaires, les acteurs, les complices et les bénéficiaires de crimes économiques. Il est en effet grand temps de nettoyer les écuries d’Augias et de mettre hors d’état de nuire la mafia qui s’est évertuée à faire systématiquement prévaloir les intérêts privés sur l’intérêt public dans un secteur clé pour le développement du Sénégal.

Olivier Sagna
Secrétaire général

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