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Révélations des socialistes : Sudatel soutient et finance des activités criminelles au Darfour

lundi 24 septembre 2007

Reproché d’avoir bradé la 2e licence à Sentel en 1997, le Parti socialiste (Ps) assume toutes ses responsabilités et pense que le gouvernement de l’alternance veut noyer le poisson sur la nébuleuse qui entoure l’attribution de la 3e licence accordée à Sudatel. A l’occasion d’un point de presse tenu, ce week-end, il a révélé que Sudatel finance des activités terroristes au Darfour .

Accusé par le gouvernement de l’alternance d’avoir bradé, en 1997, la 2e licence de téléphonie mobile à 50 millions de FCfa au profit de Sentel, les socialistes ont réagi ce week-end. C’était à l’occasion d’un point de presse tenu dernier dans la salle Lamine Guèye de la Maison Léopold Sédar Senghor. Ils ont révélé que la société nationale de télécommunication soudanaise (Sudatel) à qui l’Etat vient d’accorder la 3e licence de téléphonie mobile, ainsi que 30 autres sociétés sont dans la liste noire du département américain du Trésor. Ces sociétés ont été identifiées pour avoir « mené, soutenu, entretenu et financé des activités criminelles au Darfour ». Comme si cela ne suffisait pas, les camarades de Ousmane Tanor Dieng ont dénoncé les conditions d’adjudication. Ils ont constaté que la liste des soumissionnaires est inconnue, qu’il n’y a pas eu d’appel d’offres, que le marchandage s’est fait directement entre l’opérateur, le chef de l’Etat et ses conseillers. Remettant toujours en cause la transparence de l’octroi de cette 3e licence, les socialistes pensent que le Conseil des ministres du 13 septembre était l’expression d’un manque de considération à l’égard des services compétents de l’Etat, totalement exclus de la procédure. Pire, regrette le Bureau politique du Ps, le Premier ministre, lors de sa Déclaration de politique générale (Dpg) a totalement zappé la question. « Ce qui prouve que ça n’a jamais été une affaire de l’Etat », conclut Me Aïssata Tall Sall, porte-parole du jour.

SUDATEL, SANS PROFIL MONDIAL

Sudatel est sans profil mondial, selon le Ps. Sur son identité, des recherches ont amené les Verts à penser, dans un premier temps, qu’en termes de références techniques, la société est très en deçà des opérateurs nationaux. Et la guerre des chiffres de commencer. Sur une population soudanaise estimée à 38 millions d’habitants, la société n’a que 2 millions d’abonnés, pendant que Sonatel-Sénégal sur une population estimée à 11 millions d’habitants a déjà plus de 2,5 millions d’abonnés et Sentel plus d’un million. Ensuite, en matière de renommée internationale, Sudatel n’est présente qu’au Soudan et en Mauritanie au moment où Sonatel-Sénégal a obtenu une licence au Mali, en Guinée (Conakry) et en Guinée-Bissau. Partant de ce constat, Me Aïssata Tall Sall en déduit que « Sudatel n’a pas de profil international ». Enfin, en termes de disponibilité financière, il sera difficile à la société de décaisser d’un coup 100 milliards, d’autant plus que son chiffre d’affaire est de 126 milliards. Pour l’avocate socialiste, même une banque de premier ordre hésiterait, au cas où il devrait emprunter, à prêter de l’argent à une telle société. Et la direction du Pds de s’interroger. Est-ce qu’un chèque de caution a été déposé ? Le payement de la licence sera-t-il global ou échelonné ? La licence vaut-elle 100 milliards ou 80 milliards, selon le taux de conversion du dollar du Président Wade ?

CONDITIONS D’ATTRIBUTION

Le flou entretenu, par le gouvernement autour de l’adjudication de la 3e licence de téléphonie mobile, a amené les socialistes à exiger que l’Etat fasse la lumière sur cette affaire. Aussi estiment-ils que leur interpellation à propos de la 2e licence est anachronique et sans fondement, puisque tout a été fait dans les règles de l’art. Et les socialistes de se mettre sur la défensive. Selon Aïssata Tall Sall, tout a commencé en 1997 avec la Sonatel au moment où le mobile venait de connaître son avènement. A cette époque-là, révèle-elle, « l’attribution d’une téléphonie mobile n’était jamais soumise à une condition de vente ». Pour appuyer cette déclaration, son camarade Serigne Mbaye Thiam a publié la liste des six pays africains qui avaient, à l’époque, octroyé des licences sans une vente aux enchères. Réconfortée, Me Tall en déduit que « ce que le Sénégal avait fait, à l’époque, relevait de la jurisprudence et de la pratique mondiale ». Pour mieux convaincre, elle rappelle les faits en soulignant que, lorsque le gouvernement du Sénégal a ouvert la procédure d’appel d’offres, il avait mis sur pied une commission technique chargée de rédiger un cahier de charges. Cette commission avait été pilotée par le directeur de la réglementation des télécommunications. C’est elle qui avait rédigé le cahier de charges, reçu les appels d’offres. Tout cela avait été étudié et validé. Ensuite, loin du regard du président et de son Premier ministre, le gouvernement a décidé, par décret, après avoir accordé un délai de 4 mois aux adjudicataires, d’installer le meilleur opérateur. Sentel proposait la meilleure offre technique.

LES EXIGENCES DU CAHIER DE CHARGES

« Nous avions exigé que l’opérateur soit d’une référence internationale, qu’il bénéficie d’une grosse expérience africaine », précise le porte-parole du Bp du Ps, visiblement satisfaite des performances, à l’époque, de son client qui était présent dans six pays d’Afrique et appartenait au groupe Mini-com cellula présent dans cinq pays africains, dans six pays d’Amérique Latine et dans quatre pays Europe. Suffisant pour se convaincre de son expérience mondiale. Le cahier de charges exigeait également une couverture nationale, une accessibilité financière à toutes les bourses et des emplois qualifiés. Ce qui, aux yeux de Mme Sall n’est plus à démontrer. La diversification de l’offre est une réalité avec Sentel et les conditions d’octroi de sa licence claires. Aussi demande-t-elle à l’actuel gouvernement de faire autant avec Sudatel, encore que, lors de la procédure d’adjudication de la 2e licence à Sentel, c’est un ministre aujourd’hui de la mouvance présidentielle, Serigne Diop qui était aux commandes. Abdoulaye Elimane Kane était déjà parti et Aïssata Tall Sall n’était pas encore arrivé. Cette situation très inconfortable pour le gouvernement de l’alternance encourage les socialistes à dire oui à l’idée d’une commission parlementaire. « Nous répondrons, parce que nous avons la solidarité gouvernementale dans l’éthique, la tête et le comportement. Mais un autre, avant nous, s’expliquera et pourquoi pas le président de la République qui, en 1997, était ministre d’Etat dans le gouvernement de Abdou Diouf ? » Toutefois, les socialistes souhaitent que cette commission soit élargie aux conditions d’adjudication de la 3e licence à Sudatel. Alors, en ce moment, il y aura du beau monde à l’Assemblée nationale, a conclu, Me Aïssata Tall Sall.

Paul Diène Faye

(Source : Le Quotidien, 24 septembre 2007)

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