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Régulation - Carences du système sénégalais : « Les instances de régulation au Sénégal sont toutes malades »

lundi 31 août 2009

Suite à la fermeture de Walfadjri Tv et radio, la Convention des jeunes reporters a tenu ce samedi une rencontre à la piscine olympique, pour débattre sur la problématique de la télévision au Sénégal. Abdou Latif Coulibaly et Abdoulaye Sakho étaient invités à se prononcer sur la question de la régulation et de la concurrence dans les télévisions au Sénégal. Mais pour Abdou Latif Coulibaly, « la régulation est malade au Sénégal ».

Au Sénégal, on assiste « à une anarchie en matière de télé et de radio » et le paysage audiovisuel sénégalais est marqué par une « folklorisation dans la production ». Un avis du journaliste Abdou Latif Coulibaly selon qui le même cahier de charges qui est appliqué à la radio devrait l’être pour la télé. Et une des préalables pour faire fonctionner une télévision est que 70% des productions doivent être locales  ; ce qui n’est pas le cas pour notre pays. Le pire poursuit-il, « c’est que personne ne connaît les critères de choix, et c’est le Président dans le secret de son bureau, qui donne la télé à qui il veut ». Pour M. Coulibaly, « il ne doit pas avoir plus de chaînes de télévision au Sénégal », car le fonctionnement d’une chaîne de télévision demande des moyens colossaux, sinon on assiste « à des boîtes à image ».

Et le Conseil national pour la régulation de l’audiovisuel (Cnra) « se fout de tout ce qui se passe dans les télés ». Or, explique Abdou Latif Coulibaly, la régulation est juste un instrument au service d’une politique, car elle répond à des préoccupations politiques. D’ailleurs, en matière de régulation, M. Coulibaly révèle que l’Agence de régulation des télécoms et postes (Artp) est interpellée, car la troisième licence de téléphonie mobile qui a été attribuée à Sudatel, « est un scandale ». L’Artp, poursuit-il, ignore même le contenu du contrat qui lie l’Etat à Expresso. Et Latif de dire que pour chaque téléphone acheté par un Séné­galais, que ce soit à Orange ou Tigo, l’Etat prélève une taxe à ces deux sociétés. Mais, tel n’est pas le cas pour Expresso, « Sudatel est exonérée de toutes les taxes pour des intérêts politiques ». Et le plus grave dans cela, c’est que l’Artp qui est censée réguler, a reçu d’énormes indemnités.

En outre, estime M. Cou­libaly, l’instabilité à la tête des instances de régulation est due à son accaparement par le politique. Le professeur Abdoulaye Sakho acquiesce et explique que tout ce qui se fait dans le cadre de la régulation est voulu par l’Etat, et à la place d’une régulation multisectorielle, celui-ci a choisi la régulation sectorielle. Mais pour le journaliste, la régulation n’est qu’une question de volonté politique et que « toutes les instances de régulation au Sénégal sont malades par l’action d’un homme ».

Aussi, Latif Coulibaly dénonce le fait que la Rts concurrence le service privé à travers une recherche effrénée d’argent, car l’Etat a failli à sa mission, et n’a pas donné suffisamment de moyens au service public. Quant à la fermeture de Walfadjri, le journaliste écrivain considère cela comme « une déliquescence au plan démocratique ». C’est « inaccep­table », déclare-t-il, car le Bsda n’a pas le droit de fermer cette télévision, même s’il y a beaucoup de critiques qu’on peut lui faire. C’est pourquoi, poursuit-il, « la régulation ne sert absolument à rien au Séné­gal ». Et selon ses calculs, le président de la République est présent environ 14 heures 50 minutes à la télévision nationale par semaine, là où Abdou Diouf en faisait 1 heure 20 minutes.

Le juriste Abdoulaye Sakho, ajoute que l’idéal-type de régulation n’existe pas. Toutefois, considère-t-il que le gouvernement devrait promouvoir une réglementation qui intègre les préoccupations des citoyens, et faire une gestion concertée de la question. A cet effet, les structures de régulation devraient être composées par l’ensemble des parties prenantes concernées. Le professeur Sakho précise que réguler n’est pas juger surtout que c’est le Cnra qui est supposé régler la totalité des problèmes qui se posent. Mais le plus urgent, c’est de revoir le contenu des programmes des télévisions et le mode d’attribution des marchés, et ne pas « absorber les programmes qui nous viennent d’ailleurs ».

Binta Ndong

(Source : Le Quotidien, 31 août 2009)

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