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Ramata Molo Thioune, économiste de l’environnement : « Les personnes sont peu sensibilisées sur les risques liés aux déchets électroniques »

mercredi 9 avril 2014

Les déchets électroniques et informatiques peuvent poser des problèmes de santé publique s’ils ne sont pas bien gérés. C’est ce qui ressort de l’entretien avec l’économiste de l’environnement du Centre de recherches pour le développement international (Crdi), Ramata Molo Thioune, qui affirme que les pays comme les nôtres peuvent tirer des opportunités du recyclage de ces déchets.

Vous êtes un des auteurs de l’ouvrage « Les déchets électroniques et informatiques en Afrique : défis et opportunités pour un développement durable au Bénin, au Mali et au Sénégal ». Pouvez-vous nous faire l’économie de cette publication ?

C’est une recherche régionale qui a réuni des spécialistes qui se sont retrouvés dans un pool de chercheurs composé d’universitaires. Par cette initiative, nous cherchons à comprendre les défis ainsi que les opportunités liés au renouvellement mais également à sensibiliser et à conscientiser les décideurs et les populations sur les enjeux du traitement des déchets électroniques.

Nous voulons conscientiser sur les mécanismes positifs de ces outils qui peuvent, s’ils sont bien utilisés, contribuer au développement sans pour autant compromettre la santé humaine et l’environnement. Dès lors, nous avons décidé de publier les travaux effectués, d’autant plus qu’il n’y a pas beaucoup de chercheurs qui se sont spécifiquement penchés sur la question. Au sortir, il s’agit d’essayer d’attirer l’attention sur un nécessaire équilibre entre l’économie numérique et la croissance des Tic.

L’étude a été fédérative. Nous avons relevé dans ces trois pays des points similaires ayant trait à la question. Nous avons noté beaucoup de similitudes dans le manque de politique, notamment dans le domaine du recyclage et du traitement de ces déchets. Nous avons aussi constaté qu’il y a des opportunités de création d’emplois à partir du traitement de ces rejets qui ne sont pour autant pas exploités.

Que faut-il faire alors ?

L’étude a aussi pour but de sensibiliser les décideurs à davantage s’orienter vers l’organisation des systèmes. Pour cela, il est nécessaire de se départir du système informel. Nous lançons un appel pour l’organisation de la filière de la collecte, de la valorisation en passant par le traitement. C’est une question de détermination et d’engament politique. Si on est déterminé, on pourra, à partir des maigres moyens, relever de grands défis. Cette implication des Etats est d’autant plus nécessaire qu’il y a des risques sanitaires liés au plomb, au mercure et à d’autres produits qui sont intégrés dans les machines électroniques.

Des opportunités de création d’emplois ont été relevées. Cependant, il faudra veiller à organiser le système de gestion, car ces déchets sont très particuliers. Il faudra également tenir en compte le respect de l’environnement des normes de qualité en vigueur.

Quels risques encourent les personnes qui s’exposent aux déchets électroniques ?

Des risques sanitaires liés, entre autres, au plomb et au mercure ont été notés. Et dans nos pays, il n’y a pas suffisamment de chercheurs qui s’intéressent à cette question. Néanmoins, des risques avérés liés à l’utilisation de ces machines existent. Malheureusement, les études qui doivent en parler font défaut. Des recherches très pointues ont été, par exemple, réalisées en Chine.

Celles-ci ont montré les conséquences désastreuses engendrées par le non traitement des rejets électroniques et informatiques et leurs répercussions sur la santé des bébés. L’enquête a également démontré que les personnes ne sont pas suffisamment conscientes des risques sanitaires et environnementaux. Il faut beaucoup plus de recherches pour prévenir toutes ces conséquences néfastes. Nous appelons les jeunes chercheurs à davantage prendre en charge cette problématique.

Propos recueillis par Oumar Ba

(Source : Le Soleil, 9 avril 2014)

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