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Radio numérique ou Radio 2.0 ou... les deux ?

lundi 13 janvier 2014

« La radio annonce l’événement, la télévision le montre, la presse l’explique. ». Quand Hubert Beuve-Méry, fondateur et ancien directeur du journal français Le Monde donnait cette affirmait, il n’avait pas tord

Mais avec l’avènement du numérique et du 2.0 cette affirmation devient de plus en plus caduque dans la mesure où nous assistons à ce qu’on appelle la convergence des médias.

Le projet de transition de la télévision analogique vers la télévision numérique amorcé au Sénégal depuis quelques temps fait beaucoup parler de lui. Pour cause, le délai de mise en œuvre‎ approche (au plus tard en juin 2015) et jusque là les choses n’ont pas beaucoup avancé. Ce thème sera certainement l’un de sujets de prochains éditos. Mais pour ce mois ci, je traiterais plutôt du sujet concernant la radio numérique ou la radio 2.0.

Les 12 et 13 décembre 2013 s’est tenue à Dakar une “Conférence sur la Plateforme Radio Pan Africaine” qui avait réunie des acteurs de radios commerciales et communautaires en Afrique. Conférence au cours de laquelle j’ai eu l’honneur de faire une présentation sur le sujet “Les TICs à la radio pour la production de contenus de bonne qualité, participatifs et collaboratifs”.

Ce thème que j’abordais lors de cette conférence avait pour objectif de lister l’ensemble des opportunités qu’offrent les TICs pour les radios en prenant en compte les problématiques de connectivités, de coût, d’adaptabilité locale et de formation.

Voici en résumé sous forme de “slides” le contenu de cette présentation.

Vous l’aurez compris, dans cette présentation, il a été plus question de parler de la radio 2.0 plutôt que de la radio numérique. La notion de radio numérique peut avoir plusieurs définitions. Nous pouvons la définir comme étant l’évolution de la radio avec l’intégration des outils Internet comme le podcast, la diffusion en steaming, la préprogramation, etc… Si on se réfère à la définition donnée à la télévision numérique ou télévision numérique terrestre (TNT), la radio numérique ou radio numérique terrestre (RNT) est l’autre projet sœur‎ de la TNT qui quant lui sera mis en place au plus tard en 2020.

Voici maintenant en détail ce qui a été résumé dans la présentation.

La notion de technologies de l’information et de la communication renferme trois éléments : technologie, information et communication. Tandis que les termes “information” et “communication” sont des éléments déjà intégrés dans le secteur de la radio et la production de contenu, ce qui est nouveau ici est “technologie”. Le terme “technologie” qui désigne l’étude des outils et des techniques renvoie à la modernité et à l’innovation.

L’apport des TICs à la radio pour la production de contenus de bonne qualité, participatifs et collaboratifs peut être structuré en deux parties : la méthodologie et les technologies à utiliser.

I. OPPORTUNITES

Internet est devenu ces dernières années un média complémentaire de masse incontournable dans l’usage au quotidien des contenus produits par les médias traditionnels (radio, télévision, presse écrite).

Les personnes qui consomment ces contenus produits par les médias précités, vont de plus en plus sur Internet pour retrouver ces mêmes contenus quand ils le veulent et avec des moyens d’accès différents (ordinateurs, smartphones, tablettes, autres divices...). Cette facilité d’usage de la part du public ouvre de nouvelles opportunités aux radio-diffuseurs pour l’atteinte d’une audience jusque là inespérée. Ceci aura pour conséquence directe l’ouverture vers de nouveaux modes de monétisation des programmes radio.

L’explosion de l’usage de la téléphonie mobile en Afrique a également permis de créer de nouveaux modes d’écoute de ce médium. D’abord avec l’intégration de la fonction radio dans les téléphones, même ceux de bas de gamme, ensuite la possibilité de faciliter l’interactivité des auditeurs avec la radio, ceci à travers leur téléphone à porter de main.

Une autre opportunité que les TICs apportent à la radio est l’archivage qui ne se limite plus au stockage des enregistrements sonores produits par le passé mais la possibilité de lui donner un accès universel aux auditeurs et aux partenaires.

Les TICs permettent également de créer des communautés en ligne notamment avec l’avènement des réseaux sociaux. Ces communautés peuvent devenir de vrais relais entre la radio et les potentiels auditeurs non encore atteints.

II. CONTRAINTES

Les TICs permettent une production plus rapide des programmes de radio et une diffusion beaucoup plus large mais tout son potentiel n’est jusque là pas encore pleinement exploité notamment en Afrique subsaharienne. Les causes sont multiples : la formation : les professionnels de radio ne reçoivent pas tous une formation adéquate et à jour pour une meilleure appropriation des TICs. la connectivité : même si aujourd’hui plus de 80% des radios ont accès à internet, le débit disponible ne permet toujours pas une diffusion en continue des programmes sur internet. les logiciels de diffusion sont en grand nombre propriétaires, donc qui nécessitent l’achat d’une licence qui parfois coûte chère. les plateformes qui facilitent le travail collaboratif entre professionnels de radio ne sont pas encore très connues.

III. METHODOLOGIES

La diversification des outils et de modes d’usage font qu’aujourd’hui une radio qui veut asseoir sa présence avec la digitalisation des contenus doit d’abord mettre en place une stratégie en ce sens. Seule une stratégie numérique permet d’exploiter pleinement les opportunités qu’offre cette quatrième voie qu’est l’Internet et la mobilité.

Une stratégie numérique consiste à définir, construire et conduire une politique de développement numérique, en collaboration avec les équipes marketing, éditoriales et techniques. Elle permet de proposer des actions innovantes en matière de développement numérique.

Le développement des médias numériques en Afrique est encore à un stade primaire. L’Internet est le secteur où les choses évoluent de manière ultra-rapide. Donc une anticipation ou plutôt un bon positionnement avec la stratégie qu’il faut permettra de prendre une certaine avance dans ce secteur.

La stratégie numérique permettra également de définir des objectifs communs pour l’ensemble de ses activités, de dimensionner les moyens à allouer à chaque activité. Elle permet également d’élaborer et de suivre des indicateurs pour évaluer l’efficacité des médias numériques.

Quelle formule adopter ?

Le plus important ici est de créer dans un premier temps une présence sur internet si ce n’est pas encore le cas. Si c’est le cas, il faudra faire un audit de sa présence et voire si elle suit l’évolution du secteur.

Présence sur les médias et réseaux sociaux

Les médias sociaux ou réseaux sociaux ne seront pas non plus en reste. Une forte présence d’une radio sur Facebook, Twitter, Youtube et Soundcloud par exemple ne fera non seulement qu’accroître son taux d’audience mais aussi créer une interactivité entre les e-auditeurs et l’antenne.

IV. OUTILS ET TECHNOLOGIES

Partage de contenu

Le cloud computing permet aujourd’hui le stockage et le partage de contenus sans difficultés et à moindre coût. Voici une liste de quelques plateformes qui permettent de faciliter un travail collaboratif : Google Drive Office 365 Dropbox Box dot Net Prenons l’exemple d’une de ces plateformes, Google Drive de préférence, composée d’un ensemble d’outils dont on peut citer : Une messagerie avec un espace de stockage gratuit de 15 Go. Une solution puissante de gestion des agendas et des plannings. Une solution de déploiement de sites intranet, extranet et sites projets. Un environnement bureautique partagé et permettant de collaborer en ligne. Une accessibilité à l’ensemble de ces outils à partir de n’importe quel ordinateur et depuis un simple navigateur Internet (Internet Explorer, Firefox, Safari, Chrome...). Utilisation en mobilité depuis un smartphone, une tablette, etc. Un mode de travail non connecté. Le disque dur virtuel offert dans cette plateforme permet par exemple de stocker un programme audio, de l’éditer en ligne et le partager avec des collaborateurs ou partenaires.

Ces solutions sont déployées dans un environnement « Cloud », ce qui permettra d’éviter tout investissement lourd dans des infrastructures informatiques et dans des licences logicielles. Elles seront entièrement sécurisées assurant la confidentialité des données.

Ces services Web permettent aux collaborateurs de communiquer et de rester en contact, où qu’ils soient, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 via n’importe quel navigateur ou mobile (smartphone ou tablette par exemple).

L’intérêt de ces outils réside dans la possibilité qui est offerte de partager des contenus et de pouvoir travailler à plusieurs sur un contenu (texte, feuille de calcul, image, audio, vidéo, etc.) en temps réel.

Après sa mise en place, l’essentiel des usages peut être maîtrisé par tous les utilisateurs.

Plus d’informations sur cet outil : www.google.com/a

Contribution des auditeurs en ligne

A l’image du téléphone et du sms, les réseaux sociaux sont devenus aujourd’hui de nouveaux leviers de contribution des auditeurs d’une radio.

Une radio qui crée sa page Facebook et/ou son compte Twitter va pouvoir annoncer le thème d’un programme à diffuser ultérieurement et demander aux auditeurs connectés de laisser leurs contributions sur le fil.

L’accès à ces réseaux sociaux est totalement gratuit. Le seul coût est la rémunération d’un gestionnaire de compte ou animateur de communauté encore appelé “community manager”.

Amélioration qualité des émissions

De la même manière, ces réseaux sociaux peuvent apporter un plus pour l’amélioration de la qualité des émissions et recevant le maximum de contributions et sélectionner les plus pertinentes pour une diffusion à l’antenne.

Mobilité

Mettre en place une stratégie numérique sans prendre en compte la mobilité ne serait pas une bonne idée. Une radio peut par exemple développer une application mobile sur les systèmes les plus populaires comme Android et iOS d’Apple. Cette application donne la possibilité à ceux qui vont la télécharger et l’installer de pouvoir réécouter les programmes déjà diffusés en situation de mobilité, en plus de pouvoir commenter ces programmes.

Podcasting

Soudncloud est une plateforme qui permet de stocker et diffuser des contenus audio de la même manière que le fait Youtube pour la vidéo. D’ailleurs les fondateurs de cette plateforme aiment la faire appeler “le youtube de l’audio”. Cet outil est facile d’utilisation et existe en version gratuite et payante. La version payante donne l’accès au stockage de fichiers audio en illimité pour 99 $ par an.

Live streaming

Un autre outil de Google que nous pouvons citer et qui a révolutionné l’usage du streaming. Il s’agit de Hangtouts. Son utilisation est gratuite et permet de diffuser un programme en live et en illimité sur la plateforme Google+/Youtube avec possibilité d’exporter le lecteur dans un site web.

Site web / Blog

Tous ces outils précités peuvent être regroupés et intégré dans un site web. Les CMS (système de gestion de contenu) facilitent de plus en plus la création de site web. Un radio peut mettre en place son site web grâce aux CMS à moindre coût. Les plus connus sont Joomla, Drupal, Wordpress, Spip, Blogger.

V. CONCLUSION

L’originalité, la simplicité et l’adaptabilité de ces outils font qu’aujourd’hui beaucoup de promoteurs de sites web d’information n’hésitent pas à créer des espaces dédiée aux contenus produits par les radios. L’absence de ces radios sur internet ouvre une brèche à ces promoteurs qui procédant à un enregistrement sans autorisation des programmes radio pour les publier sur leurs propres sites.

S’il y a un avantage concernant le partage sur internet par les sites web de ces contenus produits par les radios, il y a aussi un manque à gagner énorme. Les promoteurs de ces sites gagnent des revenus générés en fonction de l’audience de ces contenus en créant des espaces publicitaires pour les annonceurs sur ces pages.

Bien que les radios surtout celles communautaires s’intéressent à un cercle local restreint, il apparaît clairement que les TICs jouent un grand rôle dans la démocratisation de ces contenus.

Comme souligné au début de ce document, les nouveaux médias intègrent de manière transversale les médias traditionnels (radio, télévision et presse écrite). La quatrième voie devient logiquement l’internet qui constitue un complément mais surtout un levier incontournable pour la presse de façon générale.

La nouveauté dans le milieu des médias, c’est Internet. Donc, avoir une vision et une ambition dans ce domaine pour une radio, c’est aussi se tourner vers cette quatrième voie.

Mountaga Cissé

(Source : Social Net Link, 13 janvier 2014)

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INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante internationale : 172 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 10 770 683 abonnés Internet

  • 10 512 647 abonnés 2G+3G+4G (97,60%)
  • 99 177 clés et box Internet (1,11%)
  • 138 743 abonnés ADSL (1,31%)
  • 17 952 abonnés bas débit (0,17%)
  • 2164 abonnés aux 4 FAI

- Liaisons louées : 22 633

- Taux de pénétration des services Internet : 68,49%

(ARTP, 31 mars 2019)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 58,20%

(Internet World Stats 31 décembre 2018)

- 4710 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, 25 septembre 2018)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 2 opérateurs : Orange et Expresso
- 307 736 abonnés
- 237 282 lignes résidentielles (77,11%)
- 70 363 lignes professionnelles (22,86%)
- 84 lignes publiques (0,03%)
- Taux de pénétration : 1,95%

(ARTP, 31 mars 2019)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 16 977 104 abonnés
- Taux de pénétration : 107,95%

(ARTP, 30 septembre 2018)

FACEBOOK

- 3 171 000 utilisateurs

- Taux de pénétration de Facebook : 18,6%

(Facebook, Juin 2019)