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Rachat de Tigo Sénégal : Saga Africa Holdings Limited emporte la mise face à Wari

lundi 30 avril 2018

Le 16 avril 2018, le Président Macky Sall a finalement signé le décret approuvant la cession de l’opérateur de téléphonie Tigo Sénégal à Saga Africa Holdings Limited, consortium regroupant NJJ Holging, Teyliom Telecom et la société financière malgache (SOFIMA), entités respectivement contrôlées par le français Xavier Niel, le sénégalais Yérim Habib Sow et Hassanein Hiridjee homme d’affaires de nationalité française dont la famille d’origine indienne est installée à Madagascar. Ce décret met fin à un feuilleton lancé au début du mois de février 2017 avec la publication, dans un premier temps, de rumeurs faisant étant de négociations entre le Groupe Wari et Millicom pour le rachat de Tigo Sénégal, suivies, quelques jours plus tard, par un communiqué du groupe Millicom annonçant la signature, avec le Groupe Wari, d’un accord portant sur la cession de Tigo Sénégal. Aussitôt les commentaires enthousiastes fusèrent de toutes parts, les uns saluant l’arrivée d’une entreprise nationale dans le secteur des télécommunications et les autres la réussite de Kabirou Mbodje, le propriétaire de Wari, présenté comme le « tycoon » sénégalais. Le point d’orgue de cet épisode fut sans conteste les félicitations adressées personnellement à Kabirou Mbodje par le Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne lors de l’édition 2017 des Assises de l’entreprise organisée par le Conseil national du patronat (CNP). Cependant, l’euphorie allait être de courte durée car le 31 juillet 2017, le groupe Millicom publiait un communiqué à travers lequel il annonçait la fin à l’accord de cession de sa filiale Tigo Sénégal au Groupe Wari et la signature d’un accord pour la cession de Tigo au Sénégal à un consortium composé du Groupe Teyliom Télécom, de NJJ Holding et de la SOFIMA, véhicule d’investissement dans le secteur des télécommunications géré par le Groupe Axian. Le motif invoqué par le groupe Millicom pour justifier la rupture de l’accord avec Wari était le non-paiement, dans les délais fixés, du montant correspondant à l’achat de Tigo Sénégal. Le processus aurait pu suivre son nouveau cours sans entrave mais il fut contrarié tant par la publication, le 1er aout 2017, d’un décret présidentiel portant approbation de la cession de la licence d’établissement et d’exploitation des réseaux de télécommunications ouverts au public de Sentel Gsm Sa à Wari Sa que par l’assignation par Wari du Groupe Millicom devant la justice sénégalaise ainsi que la saisie du Tribunal arbitral de Paris. Il s’ensuivit une guerre médiatique par communiqués de presse interposés et surtout un blocage de la situation qui finit par susciter l’irritation des plus hautes autorités de l’Etat au moment où celui-ci tentait tant bien que mal de mettre en œuvre la stratégie Sénégal numérique 2015 dont un des axes prônait le renforcement de la concurrence avec pour objectifs l’accroissement de l’accès au numérique, la diversification de l’offre de services, l’amélioration de la qualité de service et la baisse des tarifs de télécommunications. C’est ainsi que le 4 décembre 2017, à l’occasion du Conseil présidentiel sur la politique économique et sociale, le Président de la République affirma que l’Etat serait surement amené à trancher le différend si les différents protagonistes ne parvenaient pas à un accord tout en réaffirmant qu’il s’agissait d’une affaire entre privés et que l’Etat n’était même pas informé de la transaction litigieuse. Que s’est-il passé entre temps, nous l’ignorons, mais toujours est-il que le Président de la République a finalement signé le décret approuvant la cession de l’opérateur de téléphonie Tigo Sénégal à Saga Africa Holdings Limited, mettant ainsi un point final à une affaire qui n’avait que trop duré. Le passé étant derrière nous, l’essentiel est désormais de savoir ce que les repreneurs de l’opérateur Tigo Sénégal apporteront de positif en termes de diversification de l’offre de service, d’extension de la couverture réseau, d’amélioration de la qualité de service et de baisse des tarifs afin de stimuler la concurrence et qu’au final le consommateur puisse en tirer des bénéfices substantiels. Il faudra également être attentif au sort qui sera fait au personnel de Tigo Sénégal afin que celui-ci ne soit pas la première victime de ce rachat comme c’est trop souvent le cas dans ce genre d’opération. Certes, on pourra toujours regretter que Wari, emblème de la réussite au niveau africain d’un groupe né au Sénégal, n’ait pas pu prendre pied dans le secteur des télécommunications mais la question qu’il faudra alors se poser est de savoir pourquoi le groupe n’a pas pu ou voulu créer une alliance stratégique autour de lui pour atteindre cet objectif.

Alex Corenthin
Secrétaire aux relations internationales

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