twitter facebook rss
Imprimer Texte plus petit Texte plus grand

RGPD : Penser l’avenir pour ne pas le subir

jeudi 31 mai 2018

A lire l’écrasante majorité des commentaires faits en Afrique d’une manière générale et au Sénégal en particulier, relativement à l’entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données (RGPD) adopté par l’Union européenne, c’est à croire que ce texte constitue une surprise totale à laquelle personne ne s’était préparé. Pourtant, le processus d’actualisation de la directive 1995/46/CE du 24 octobre 1995 relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation des données a été particulièrement long puisqu’il a duré près de quatre années avant d’aboutir à son adoption par le Conseil de l’Europe le 8 avril 2016 puis par le Parlement européen le 16 avril 2016. Cependant à l’image de l’accord GE06 de l’Union internationale de télécommunications (UIT) adopté en juin 2006 et qui prévoyait l’adoption du tout numérique pour les services de radiodiffusion sonore et télévisuelle terrestre et le passage à la télévision numérique terrestre avant le 17 juin 2015, aucun pays africain, à l’exception notable de l’Ile Maurice, ne s’est sérieusement préparé aux conséquences de l’application de ce nouveau texte à portée universelle. En effet l’ile Maurice, faisant preuve d’anticipation, a décidé de se conformer au RGPD en actualisant sa législation, qui datait de 2004, et en promulguant le Data Protection Act dès le 22 décembre 2017. Il faut dire que cette question est particulièrement sensible dans ce pays où l’on recensait, en 2016, près de 750 sociétés travaillant dans le secteur du Business Process Outsourcing (BPO), dont près de 400 centres d’appels manipulant des données personnelles pour les besoins de services qu’ils fournissent. De son côté le Maroc, où existent également une importante industrie des centres d’appels, à travers la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), a mis en place un dispositif d’information destiné à aider les entreprises concernées à s’initier au RGPD, dès mai 2017. Au vu de ces considérations, il est difficilement compréhensible que la Commission de protection des données personnelles (CDP) attende l’entrée en vigueur RGPD pour publier un communiqué indiquant qu’elle a pris les dispositions nécessaires pour aider à l’application du dudit règlement par les entreprises concernées. A l’époque où nous vivons aujourd’hui, caractérisée notamment par l’instantanéité voire l’immédiateté découlant de l’utilisation intensive du numérique mais également de l’innovation permanente génératrice de disruption dans quasiment tous les secteurs de la société, l’heure n’est plus à la réaction mais à l’anticipation, à défaut d’être toujours en retard sur l’évolution du monde, surtout lorsque celle-ci est prévisible. Cette obligation d’anticipation s’impose à toutes les structures en charge de la régulation d’un quelconque secteur qu’il s’agisse des médias, des télécommunications, des banques et assurances, etc. car à chaque fois qu’elles maintiennent les règles de l’ancien monde où qu’elles sont incapables de concevoir les règles d’aujourd’hui, voire de demain, elles bloquent non seulement le potentiel d’innovation mais elles font courir de graves risques à la société en ne prenant pas en compte les nouveaux risques et les nouvelles menaces. Certes le défi est difficile à relever pour tous ceux qui ont la responsabilité de définir et surtout de faire évoluer l’environnement légal et réglementaire mais l’épanouissement des personnes physiques et morales, pour ne pas dire celui de la société dans son ensemble, est à ce prix. Au-delà, se pose également la question de l’échelle de la réponse à ces nouveaux défis car les pays Africains doivent cesser de d’y répondre en ordre dispersé, à travers des dispositifs légaux et réglementaire à caractère national qui n’ont guère de pertinence dans le monde globalisé qui est de plus en plus le nôtre. Afin de répondre à ces questions nouvelles qui nous interpellent de plus en plus fréquemment, avec insistance et urgence (cybersécurité, protection des données personnelles, etc.), la réponse doit au minimum être apportée à l’échelle des communautés économiques régionales (CER) existant en Afrique et idéalement à l’échelle continentale. En la matière, il aurait été plus pertinent que l’Afrique anticipe en élaborant son propre Règlement général de protection des données et prépare ses entreprises à cette nouvelle donne plutôt que d’être réduite à réagir avec un temps de retard et en ordre dispersé. Pour ce faire, nous devons cesser d’être attentistes et mettre des structures de veille dans tous les secteurs pour penser l’avenir et non le subir.

Alex Corenthin
Secrétaire aux relations internationales

Mots clés

Inscrivez-vous a BATIK

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez toutes nos actualités par email.

Navigation par mots clés

153 153 153 144 144 144 238 238 238 168 168 168 145 145 145 170 170 170 171 171 171 160 160 160 172 172 172 173 173 173 154 154 154 174 174 174 226 226 226 155 155 155 176 176 176 177 177 177 237 237 237 250 250 250 241 241 241 157 157 157 178 178 178 180 180 180 259 259 259 181 181 181 159 159 159 248 248 248 183 183 183 239 239 239 256 256 256 185 185 185 162 162 162 186 186 186 187 187 187 191 191 191 192 192 192 234 234 234 194 194 194 195 195 195 196 196 196 197 197 197 198 198 198 199 199 199 229 229 229 233 233 233 202 202 202 228 228 228 204 204 204 232 232 232 206 206 206 253 253 253 208 208 208 209 209 209 210 210 210 211 211 211 212 212 212 213 213 213 214 214 214 254 254 254 217 217 217 218 218 218 249 249 249 219 219 219 220 220 220 230 230 230 222 222 222 252 252 252 255 255 255 242 242 242 243 243 243 244 244 244 245 245 245 246 246 246 258 258 258 260 260 260 261 261 261 263 263 263 264 264 264 48 48 48 61 61 61 59 59 59 12 12 12 11 11 11 70 70 70 53 53 53 127 127 127 132 132 132 75 75 75 123 123 123 15 15 15 52 52 52 110 110 110 49 49 49 14 14 14 28 28 28 13 13 13 73 73 73 164 164 164 77 77 77 112 112 112 113 113 113 18 18 18 102 102 102 105 105 105 78 78 78 119 119 119 65 65 65 47 47 47 16 16 16 120 120 120 90 90 90 133 133 133 81 81 81 116 116 116 20 20 20 135 135 135 136 136 136 137 137 137 21 21 21 129 129 129 35 35 35 22 22 22 67 67 67 7 7 7 79 79 79 69 69 69 108 108 108 84 84 84 87 87 87 96 96 96 23 23 23 25 25 25 106 106 106 82 82 82 32 32 32 76 76 76 72 72 72 115 115 115 26 26 26 104 104 104 29 29 29 58 58 58 30 30 30 46 46 46 31 31 31 62 62 62 88 88 88 55 55 55 101 101 101 86 86 86 10 10 10 80 80 80 114 114 114 92 92 92 100 100 100 85 85 85 36 36 36 125 125 125 37 37 37 38 38 38 109 109 109 74 74 74 51 51 51 50 50 50 39 39 39 83 83 83 40 40 40 66 66 66 68 68 68 93 93 93 99 99 99 60 60 60 57 57 57 24 24 24 41 41 41 42 42 42 134 134 134 19 19 19 43 43 43 111 111 111 17 17 17 117 117 117 97 97 97 94 94 94 54 54 54 71 71 71 122 122 122 33 33 33 56 56 56 131 131 131 98 98 98 34 34 34 89 89 89 91 91 91 45 45 45 107 107 107

INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante internationale : 172 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 19 266 179 abonnés Internet

  • 18 595 500 abonnés 2G+3G+4G (96,58%)
    • 2G : 12,95%
    • 3G : 24,60%
    • 4G : 62,45%
  • 334 642 abonnés ADSL/Fibre (1,71%)
  • 334 875 clés et box Internet (1,71%)
  • 1162 abonnés aux 4 FAI
  • Internet fixe : 1,74%
  • Internet mobile : 98,26%

- Liaisons louées : 3971

- Taux de pénétration des services Internet : 106,84%

(ARTP, 30 septembre 2023)

- Débit moyen de connexion mobile : 23, 10 Mbps
- Débit moyen de connexion fixe : 21, 77 Mbps

(Ookla, 31 janvier 2023)


- 9 749 527 utilisateurs
- Taux de pénétration : 56,70%
(Internet World Stats 31 décembre 2021)


- + de 10 000 noms de domaine actifs en .sn
(NIC Sénégal, décembre 2023)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 3 opérateurs : Sonatel, Expresso et Saga Africa Holdings Limited
- 382 721 abonnés
- 336 817 résidentiels (88,01%)
- 45 904 professionnels (11,99%)
- Taux de pénétration : 1,67%

(ARTP, 30 septembre 2023)

Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Free et Expresso)
- 21 889 688 abonnés
- Taux de pénétration : 123,34%

(ARTP, 30 septembre 2023)

FACEBOOK

3 050 000 utilisateurs

Taux de pénétration : 17,4%

- Facebook : 2 600 000

- Facebook Messenger : 675 200

- Instagram : 931 500

- LinkedIn : 930 000

- Twitter : 300 000

(Datareportal, Janvier 2023)

PRÉSENTATION D’OSIRIS

batik