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Québec : Le Sénégal à l’honneur à la semaine du numérique

mardi 25 avril 2017

Des startups sénégalaises ont participé, pour la première fois, du 1er au 9 avril, à la semaine numérique à Québec, plus connue sous l’appellation Web à Québec (Waq). Il s’agit de Sensoft et de Byfilling.

Le Waq est la semaine numérique à Québec. C’est un des principaux événements dans le domaine des Tic en Amérique du Nord. Elle regroupe 1.500 participants pour 100 conférences et ateliers. Le Waq est l’occasion de réseautage entre entrepreneurs, startups, des géants de l’industrie, des conférenciers de très haut niveau venant du monde entier. « L’appui du gouvernement du Québec à la mission des entreprises sénégalais au Waq est une contribution directe du Québec à la concrétisation de la stratégie de la Francophonie numérique, souligne Siasia Morel, premier conseiller au Bureau du Québec à Dakar (Bqd) ». Sur cinq entreprises sélectionnées, deux ont finalement représenté le Sénégal. Il s’agit de Sensoft et Byfilling. C’est un choix qui a fait l’objet de plusieurs collaborations. « Nous nous sommes, tout d’abord, tournés vers le Ctic, l’un des principaux incubateurs en Afrique de l’Ouest puis vers Québec numérique, précise Mathieu Tremblay du Bqd. Le Ctic a fait un choix basé sur la maturité des entreprises, son caractère international, l’intérêt suscité auprès de l’écosystème numérique ». Du côté québecois, on précise que c’est un soutien qui illustre un engagement à accompagner « les pays émergents à l’intégration de l’économie numérique, notamment en favorisant la mobilité internationale des jeunes entrepreneurs du numérique », explique Siasia Morel.

Recherche d’opportunités

Installé dans la capitale sénégalaise depuis près d’un an, le Bureau du Québec à Dakar compte sur le développement du numérique parmi ses priorités. « Les Tic représentent 5% du Bip québécois et 1.600 Pme. C’est un secteur qui compte 130.000 emplois, détaille Mathieu Tremblay. C’est une économie qui croît deux fois plus que l’ensemble du reste de notre économie. Il y a tout un écosystème de startups et d’incubateurs numériques ». Dans ce secteur, les besoins au Sénégal et en Afrique de l’Ouest représentent des opportunités pour les entreprises québécoises. « Il y a aussi le besoin d’avoir des partenariats avec des Sénégalais et des Africains pour contribuer aux entreprises québécoises du secteur du numérique. Elles manquent, parfois, de ressources car celles du bassin du Québec ne sont pas suffisantes pour le marché de l’emploi. On veut aussi attirer des jeunes professionnels qualifiés sinon des partenariats entre entreprises ».

Aminata Ndiaye, Responsable commerciale Byfilling : « Les entreprises québécoises travaillent dans les mêmes conditions que nous »

Aminata Ndiaye est responsable commerciale au sein de l’Agence Byfilling, un cabinet de kleenbown et de marketing digital. Dans cette interview, elle revient sur la semaine numérique organisée à Québec. Une rencontre qui a permis, entre autres, à sa structure de nouer quelques partenariats, qui peuvent s’avérer fructueux pour la suite.

Présentez-nous votre structure ?

Nous aidons les clients sur Internet. A cet effet, nous mettons en œuvre des stratégies digitalisées qui passent par des concepts de sites web et des applications mobiles. Cela peut se traduire par des campagnes de digital, à travers la production de contenus, comme des vidéos, des articles etc.… Je suis chargée, dans cette mission, de mettre sur pied des projets qui s’adressent à différents clients. Ensuite, je supervise avec l’équipe en interne chargée de la mise en œuvre. L’entreprise a été créée en 2010, mais les activités ont commencé en 2012. C’est en 2013 que nous nous sommes au Ctic pour une durée de trois ans. Nous sommes sortis de l’incubation en août dernier. Depuis, nous essayons de voler de nos propres ailes. Quand nous étions au Ctic, nous avons connu un boom extraordinaire par rapport à nos activités. Beaucoup d’opportunités de business se sont ouverts à nous. Notre chiffre d’affaires s’est accru durant cette période, à hauteur de 90%. Ensuite, le boom s’est poursuivi. Cette donne s’est, par la suite, un peu stabilisée. Maintenant, l’activité est beaucoup plus permanente, ce qui nous a même ouvert des opportunités à l’extérieur. Des clients nous viennent maintenant de pays étrangers bien que la majeure partie de nos clients sont établis au Sénégal. Nous essayons de sensibiliser les entreprises dans le but de démocratiser l’accès à l’Internet et de pouvoir surtout y faire du business. Dans ce cadre, nous mettons en place des stratégies qui sont adaptées à la cible que le client souhaite toucher. Nous sommes une équipe composée de onze collaborateurs. Nous développons nos activités en France, au Niger et en Côte d’Ivoire.

Comment avez-vous été contactée pour le Waq ?

Au début, nous avons été contactés par le Ctic, pour participer à la semaine numérique (Waq 2017). Ensuite, nous avons reçu d’autres invitations pour nous rendre au Québec. Les organisateurs voulaient surtout se rendre compte du sérieux des organisations qui voulaient se rendre à Québec. La rencontre s’est bien déroulée. Nous en avons profité pour assister à des conférences, des visites publiques ont également eu lieu. Nous nous sommes beaucoup intéressés aux opportunités d’investissement qui pouvaient s’ouvrir à nous. Nous nous sommes surtout intéressés aux structures françaises ou canadiennes qui pouvaient faciliter les investissements pour l’installation au Canada. Nous avons pu y découvrir pas mal de modèles, qui, s’ils sont bien appliqués au Sénégal, vont forcément déboucher sur quelque chose de très important. Nous avons également pu visiter des entreprises québécoises qui faisaient la même chose que nous. Je me suis rendue compte qu’elles étaient confrontées aux mêmes difficultés que nous. J’ai pu également constater qu’ils travaillent dans les mêmes conditions que nous. Cette donne nous a permis de comprendre que nous étions effectivement dans les standards internationaux.

Cette rencontre a-t-elle été le lieu pour vous de nouer de nouveaux contacts ?

Nous avons pu rencontrer pas mal d’entrepreneurs et nous avons pu échanger. Des pistes à exploiter se sont véritablement ouvertes. Nous avons fait une présentation sur les défis de l’ingénierie informatique en Afrique. Dans cette présentation, il a été question des opportunités de business en Afrique. Une autre présentation a porté sur Byfilling et les opportunités. On s’est surtout basé sur la pédagogie, en mettant en avant comment on apporte du contenu aux personnes afin qu’elles s’intéressent et s’approchent de l’entreprise. Nous essayons surtout de trouver des solutions à même de pousser les personnes à venir vers nous. Nous essayons d’identifier les visiteurs et veillons à les transformer en prospects. Il s’agit de commencer une démarche commerciale avec ces visiteurs pour pouvoir les convertir en clients et ensuite les fidéliser.

Qu’est-ce que ce modèle vous a concrètement apporté depuis que vous l’avez expérimenté au Sénégal ?

Nous sommes persuadés que c’est une méthode qui a de beaux jours devant elle. Il s’agit juste d’adapter le contenu aux personnes ciblées. Récemment, nous avons fait une étude sur les marchands ambulants, les vendeurs de fruits et de cartes de téléphones. On s’est rendu compte qu’ils utilisaient Internet au même titre que les autres couches de la population. Ils ne sont pas forcément alphabétisés, par contre, ils consomment beaucoup de visuels et de vidéos. Cela constitue une opportunité pour les entreprises de penser même à changer le type de contenus, afin d’en proposer d’autres qui soient beaucoup plus adaptés. Au-delà de l’outil internet, nous nous focalisons beaucoup sur le contenu. Chaque consommateur à ses propres comportements et réagit à un certain nombre de contenus. Vous allez utiliser un même mobile pour toucher le plus de personnes possible. Toutefois, le contenu tend à changer selon l’interlocuteur et la personne concernée. C’est pour cela que les entreprises doivent se concentrer sur ce type de contenus. Il est bien d’essayer de savoir ce qui accroche véritablement.

Que retenez-vous du Waq ?

Je trouve que le Canada est un pays très dynamique. Les gens y sont particulièrement ouverts par rapport au business. L’environnement et le cadre y sont expansifs. Seulement, il suffit de s’armer de volonté pour pouvoir y relever les nombreux défis. Quand on y va, il faut juste se fixer un objectif bien déterminé. Nous avons pu rencontrer des entrepreneurs français qui étaient dans les dispositions de développer des activités avec nous.

Quel est l’obstacle majeur qui freine le développement de votre activité ? Toutes les entreprises sont d’avis que le digital est important. Mais d’autre part, peu d’entre elles sont dans les dispositions de financer leur volet digital. Également la majeure partie des entreprises ne prennent pas le soin de s’assurer du retour de ce que leurs clients pensent véritablement des services qui leur sont proposés. Les entreprises doivent d’abord apprendre à davantage connaître leurs clients pour pouvoir mieux leur proposer des produits adaptés à leur demande.

Propos recueillis par M. Diop et Oumar Ba

(source : Le Soleil, 25 avril 2017)

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(Facebook Ads, août 2017)