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Profil, Ndèye Aïda Guèye, fondatrice de « Touche pas à mon homme » : « Doctoresse love » made in Sénégal

lundi 3 octobre 2016

Sur sa page « Touche pas à mon homme », on ne se gêne guère pour aborder les questions d’ordre sexuel. A chaque publication, sous le couvert de l’anonymat, les impressions tombent. Les conseils aussi. Au finish, Ndèye Aïda Guèye ou Fatou Ndiaye Bioline pour ses amis virtuels est devenue coach en séduction très sollicitée. Au-delà, elle s’intéresse à tous les astuces qui pimentent le couple et salue le fait que les Sénégalais, surtout les femmes, puissent aujourd’hui parler de leurs difficultés sexuelles, objet de frustrations dans les couples. Profil.

« Je suis coach en séduction, vendeuse d’astuces de femmes et de bijoux de chambre, entre autres », se présente Fatou Ndiaye Bioline, créatrice de la célèbre page « Touche pas à mon homme » sur facebook. Derrière le personnage prêt à aider à trouver des solutions à tous les problèmes de couples, se cache une jeune dame dynamique. Chez elle, en tenue relaxe, la courtoisie débordante, elle force la sympathie. De son vrai nom Ndèye Aïda Guèye, celle qui s’est érigée en « doctoresse love » de son temps s’est fait un nom. Et des clients. Sa passion à aller en quête des astuces et moyens pour pimenter les couples lui colle à la peau. Elle ne peut pas s’en empêcher. Elle en a fait son travail. En réalité, c’est son gagne-pain. Une carrière qu’elle a choisie à la suite d’un vécu personnel.

Quelques années en arrière, Ndèye Aïda révèle qu’elle a vécu des pages sombres de sa vie. « Au courant de ma vie, j’ai eu des épisodes sombres et des amis m’ont tirée du gouffre, à cause de leur écoute, de leur attention et de leur coaching. J’ai pris conscience alors de l’importance de l’écoute qui n’est pas toujours à portée de main au Sénégal. C’est ainsi que j’ai créé un groupe dont l’objet, c’est d’écouter les gens et de les conseiller », explique-t-elle. Egalement, à côté de ce groupe, elle s’est fait une clientèle adepte des trucs et astuces sexuels et sensuels pour le plaisir des époux. Une autre voie qui s’est présentée à elle en 2012. « J’ai commencé par vendre des lingeries mais, une fois, une amie avait amené des bonbons et autres sextoys au Sénégal. Elle s’est rendu compte qu’elle ne pouvait pas les écouler par pudeur. Je les avais vendus pour elle jusqu’à créer ma petite clientèle. Donc, elle a été mon premier fournisseur dans ce domaine ». Aujourd’hui, son groupe virtuel où elle a instauré écoute et ouverture d’esprit est à 11 000 membres et ses produits s’écoulent comme des petits pains. D’ailleurs, le 4 juin dernier, elle a lancé sa propre marque « Volupté ».

‘’Un don’’

Par ailleurs, reconnaissant que les femmes se confient à elle, concernant en tout cas leurs problèmes de couple, comme des livres ouverts, elle précise qu’elle n’a guère été formée à être coach en séduction. Si elle a la facilité de parler « sexe » sans problème et d’offrir une gamme de solutions pour toutes les pulsions sexuelles, « c’est que c’est un don ». Elle explique : « Lorsque j’ai compris que les gens, surtout des femmes, avaient vraiment besoin de moi, je suis allée voir Ndiack Sarr, un coach certifié, et je lui ai dit que je voulais être coach en séduction. Il m’a fait comprendre qu’il n’y a pas de diplôme pour ça ; qu’il faut juste avoir les clés de la séduction et les transmettre. Il m’a alors proposé de me faire une formation de 3 mois et j’ai assisté à 8 séminaires au total. Cela m’a permis d’avoir un certificat de coach de vie. Pour le reste, c’est inné. J’ai la facilité de montrer à une femme son type de gars, de le cerner et de lui donner les astuces qui vont avec. »

D’ailleurs, Ndèye Aïda qui entraîne tout type de femme, de la célibataire à la femme mariée en passant par la divorcée, fait aussi du coaching de groupe, avec des femmes, dans un cadre privé. Ensuite, précise-t-elle, « je m’assure du suivi et du résultat ». Puisque, allègue-t-elle, « si la femme mariée a besoin de pimenter son couple, la célibataire ou la divorcée a besoin elle, de trouver chaussure à son pied ». Et, reconnaît-elle, « les problèmes des couples sont souvent d’ordre sexuel et je trouve que c’est un avancement que l’on puisse en parler. Puisqu’avant, ça créait beaucoup de blocages et il y avait des frustrations sexuelles. Ce qui avait des conséquences négatives sur le couple, encore qu’on n’a toujours la pudeur de s’en ouvrir aux autres ». Toutefois, elle signale que « trop de trop tue. C’est vrai que ce n’est pas bien de tout le temps en parler, ça va perdre sa valeur. D’où l’intérêt du groupe, qui est du virtuel. Dès qu’une femme expose son problème, nombreuses sont celles qui s’identifient à elles et restent attentives. D’autres qui ont déjà vécu cela parlent de leur expérience et ça aide tout le monde. Toutefois, je pense qu’il y a aussi une manière de l’aborder car c’est un sujet délicat ».

A la question de savoir quelle est sa motivation dans la gestion de ce groupe, elle lance, sans hésiter : « La satisfaction des anonymes. Même s’il arrive que des choses me retombent dessus, j’encaisse. Je suis là pour aider. Parfois même, certains fouinent dans ma vie pour voir si j’applique ce que je suggère. Pourtant dans le groupe, les solutions ne viennent pas forcément de moi, mais parfois des autres. Je ne gère que la transition. Et il faut comprendre que le coach, c’est un entraîneur, pas forcément un bon joueur. Nous avons nos défauts, nous ne sommes pas parfaits. »

Parler de « Tout »

Vendeuse également de produits aphrodisiaques, Fatou Ndiaye Bioline signale que leur utilisation devenue monnaie courante ne s’avère pas toujours dangereuse. En tout cas, dans la plupart des cas, et pour ceux qui le font sainement, elle relève que « les aphrodisiaques ne sont pas si nocifs que ça, en tout cas sur le plan sanitaire. Peut-être que c’est le fait d’en dépendre sexuellement qui est le problème. Habituellement, ce sont des médicaments destinés à l’épuration du sang ; ce sont des antidépresseurs, des antistress. C’est pour soigner les blocages et non l’impuissance.

Psychologiquement aussi, ils jouent un rôle car, en les prenant, la personne est convaincue d’être performante et du coup, elle l’est. Donc, c’est de l’arnaque ».

Même si Ndèye Aïda reconnaît que sa page est une tribune ouverte aux membres pour parler de « TOUT », elle regrette tout de même que les jeunes aient un accès trop facile à la sexualité. Puis, notre interlocutrice de dire : « Quand on décide d’en parler ouvertement, il faut recadrer les choses et avoir sa cible. Il ne faut pas que tout le monde y accède, surtout les jeunes qui ne savent pas à quoi s’en tenir. Ils sont parfois trop jeunes. » Sinon, dernier conseil de la pro : « Je demande aux couples de vivre pleinement leur sexualité, aux femmes de cerner leurs hommes et aux hommes d’être à l’écoute des pulsions sexuelles de leurs épouses. Il n’y a rien de mieux ».

Aïssatou Thioye

(Source : Enquête, 3 octobre 2016)

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