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Priscilla GERE, Directrice exécutive radio One World : « Des échanges de contenus pour valoriser le savoir africain »

mardi 24 mai 2005

Le meilleur moyen d’accéder au savoir, en Afrique, c’est la radio. C’est partant de ce constat que des professionnels des médias se sont investis à mettre en orbite un réseau de communication planétaire par le biais de la radio, connu sous le nom de One world. Aujourd’hui, les nouvelles technologies aidant, les promoteurs pensent à favoriser des échanges de contenus entre les radios au profit d’un développement communautaire. Dans l’entretien qui suit, la directrice exécutive pour la région Afrique de One world, Priscilla Gere, présente le réseau et indique ses zones de compétence

PRISCILLA GERE : One world Afrique est un centre autonome du réseau One world international qui comprend onze réseaux dans le monde. Le bureau Afrique de One world est basé à Lusaka, en Zambie. Les réseaux sont un peu partout dans le monde, notamment aux Etats Unis et en Europe. One world Afrique compte plus de trois cents membres répartis un peu partout. Notre but est de travailler sur des questions de développement durable et des Droits de l’homme à travers l’utilisation des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (Ntic). En d’autres termes, nous nous efforçons de voir comment utiliser les Ntic pour atteindre les questions de développement durable et de respect des Droits de l’homme. One world travaille dans plusieurs pays d’Afrique. Et l’essentiel du travail consiste à permettre aux populations défavorisées de pouvoir s’exprimer et de poser leurs problèmes aux décideurs. Car la finalité recherchée est le développement de ces communautés.

Walf : Que va représenter le Point focal du Sénégal dans le processus d’exploitation de One world ?

PRISCILLA GERE : Jusqu’ici, le travail de One world Afrique était géré à partir de Lusaka. Aujourd’hui, nous voulons décentraliser à travers des Points focaux dont celui de l’Afrique de l’Ouest. L’objectif est de faire en sorte que les questions de développement, de Droit de l’homme, soient traitées par des personnes vivant dans ces zones et présentées au niveau du site (http://www.africa.oneworld.net). Le travail du Point focal va consister à mobiliser des Ong qui travailleront au nom de One world. Mais également de trouver des contenus locaux sur des questions de développement. Ces contenus peuvent être des découvertes en Afrique sur la lutte contre le paludisme, les feux de brousse, etc. Ces solutions originales pourraient être portées à d’autres publics en Afrique. Le programme du Point focal va générer des contenus et favoriser la transmission de contenus locaux au niveau de la sous-région.

Walf : Existe-t-il un lien spécifique entre le Point focal et le programme Catia ?

PRISCILLA GERE : Le programme Catia, qui vise à faciliter l’accès aux Ntic, est un projet radio. Et One world est en train d’exécuter un projet radio. One world fait partie des partenaires du projet Catia et du projet O.k.m qui a pour credo « Savoir sans frontières ». Nous voulons, à travers le Point focal, aller au-delà du Sénégal pour toucher plus de communautés et avoir plus de contenus non seulement audio mais aussi des contenus de textes. Ces contenus vont nous permettre de nous étendre dans la sous région.

Walf : Quel est le but visé à travers les échanges de contenus ?

PRISCILLA GERE : L’accès au savoir est fondamental en Afrique. Et le meilleur moyen d’accéder au savoir en Afrique c’est la radio. Quand on parle des Ntic, nous savons que la radio est la technologie la plus appropriée pour faire passer justement le savoir. Et les échanges de programmes, de savoirs audio sur des questions de développement entre différentes communautés peuvent aider des communautés installées au Bénin ou au Mali. Ces opérations permettent de bénéficier d’un savoir faire disponible au Sénégal et qui était transmis dans un programme audio. Nous faisons, par ailleurs, des formations pour les radios communautaires et favorisons le contact entre les organisations de la société civile et les radios. Ces organisations sont de grands générateurs de contenus qui ne sont malheureusement pas valorisés (...). Que l’on parle français ou anglais, et même pour ceux qui n’ont pas fréquenté l’école, tout individu dispose d’un savoir qui mériterait d’être connu, d’être partagé. C’est pourquoi nous voulons favoriser l’échange d’information quelle que soit l’origine de ce savoir. One world travaille pour la valorisation de ce savoir africain.

Walf : Quelles sont les radios qui peuvent bénéficier des échanges de contenus ?

PRISCILLA GERE : Nous visons principalement les radios communautaires parce qu’elles ont pour ambition de faire du développement. Et pour nous, l’accès au savoir est un élément clé du développement. Nous pensons qu’à travers la radio nous pouvons faciliter l’échange d’informations. Les éléments d’information diffusés à la radio sont des informations de développement qui sont utiles à la communauté. Le fait d’aider une radio sénégalaise à télécharger des programmes audio du Bénin ou du Mali, est une façon de diversifier l’offre de choix pour les radios. Aujourd’hui, à travers le programme Catia les radios vont vers la modernité car elles utilisent de plus en plus les Ntic et font de plus en plus de recherches car Internet offre des connaissances à ce niveau.

Walf : Les opérations de transmission de contenus ne risquent-elles pas de souffrir des barrières linguistiques ?

PRISCILLA GERE : L’Afrique ne se limite pas seulement à l’espace anglophone, c’est pourquoi nous voulons nous étendre à l’Afrique francophone et lusophone. Et surtout faire en sorte que dans le travail de One world toutes les régions, quelles que soient leurs langues, soient prises en charge au niveau du centre autonome du réseau.

Walf : Quelles sont les difficultés auxquelles One world reste confrontée ?

PRISCILLA GERE : L’essentiel du travail de One world a été l’utilisation des Ntic dans la lutte contre la pauvreté. Malheureusement, il y a des obstacles de taille comme le problème d’accès à Internet. Dans la plupart des régions, où nous travaillons, les gens n’ont pas accès à l’électricité ni au téléphone. Par conséquent, ils n’ont pas accès à un ordinateur. Comment peut-on dans ce cas penser à utiliser les Ntic ? Ce sont là des limites objectives dans notre travail. Aussi, la plupart des Ong africaines sont confrontées à des problèmes d’argent. Il se pose par ailleurs un obstacle lié au manque de fierté ou au complexe d’infériorité que les Africains ont par rapport au savoir africain même. Les Africains doivent savoir qu’ils sont des dépositaires d’un savoir authentique et utile. Généralement, les gens ne valorisent que le savoir venant de l’extérieur (...).

Walf : Qui finance le réseau One world ?

PRISCILLA GERE : One world reçoit des subventions d’organisations internationales, notamment européennes. Par exemple le programme Catia, est financé par la Grande-Bretagne, par le biais de son Département du développement international et de la coopération. C’est généralement l’argent des bailleurs extérieurs qui fait vivre One world. Au-delà des bailleurs classiques, la nouvelle approche de One world Afrique est de s’approcher du secteur privé pour développer des partenariats.

Propos recueillis par Mbagnick NGOM

(Source : Wal Fadjri, 25 mai 2005)

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