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Première édition du Safiaa : Relever le défi du financement des startups d’Afrique francophone

mercredi 27 juin 2018

La première édition du Sommet Afrique francophone des investisseurs et anges d’affaires (Safiaa) s’est ouverte, hier, à Dakar. A l’initiave de l’incubateur Ctic Dakar, cet événement a pour objectif de mettre en relation des startups Tic de la région africaine francophone à fort potentiel avec des investisseurs privés.

Si le continent africain d’une manière générale et la région francophone en particulier connaissent un boom des startups Tic, il n’en demeure pas moins que le problème de l’accès au financement continue de se poser avec acuité. Ces dernières années, nombreuses sont les startups qui ont jeté toute leur énergie à lever des fonds, à l’extérieur du continent, pour financer leur projet. Rien qu’en 2016, le montant du financement dont elles ont eu à bénéficier était estimé à 366,8 millions de dollars.

Face à cette situation, Ctic Dakar organise, depuis hier, la première édition du Sommet Afrique francophone des investisseurs et anges d’affaires (Safiaa). L’événement, s’inscrivant dans le cadre de la stratégie de promotion d’un écosystème Tic fort et viable, levier de développement économique et social de ce premier incubateur d’Afrique de l’Ouest, se veut un cadre de création d’échanges qui favorisent la rencontre entre les startups innovantes et des investisseurs soucieux de contribuer au développement de l’écosystème. Il s’agit aussi de voir comment trouver des mécanismes de financement innovants pour les startups.

Selon Régina Mbodj, directrice générale de Ctic Dakar, les dispositifs de financement « n’incluent pas forcément aujourd’hui, les nouveaux acteurs, les startups dans le numérique, qui arrivent sur le marché ». En Afrique francophone, a-t-elle poursuivi, il se pose un problème de visibilité. « On ne nous connaît pas.

Les gros investissements vont dans les pays anglophones. Il n’y a pas grand chose qui se passe en Afrique francophone en termes de financement », a-t-elle expliqué. Le Safiaa cherche donc à mettre en lumière les startups et Pme dans le milieu du digital en Afrique francophone en montrant leur savoir-faire et en leur permettant d’échanger avec les investisseurs.

« Il faut un financement pour pouvoir réellement impacter sur l’économie ou sur la population. Sans ce financement, on reste une petite startup », a fait savoir Mme Mbodj.

Parmi les contraintes liées à l’accès à ce financement, figurent certes l’absence d’une bonne visibilité mais aussi le fait que ce soit un nouveau domaine en Afrique francophone. En dehors de l’Etat, le secteur privé est invité à appuyer les startups d’Afrique francophone.

Absence de dispositif d’accompagnement

Même si les startups africaines souffrent d’un déficit de financement, des efforts ont été réalisés. En 2013, soutient Samir Abdelkarim, fondateur de Startup Brics et Emerging Valley, auteur de « Startups lions, at the heat of the african tech », la levée de fonds ne dépassait pas 40 millions de dollars pour tout le continent. Aujourd’hui, c’est près de 560 millions de dollars qui sont levés.

Aussi, a-t-il souligné, contrairement à d’autres parties du monde, en Afrique, souvent la volonté d’entreprendre, s’accompagne d’une volonté patriotique d’aider son pays. La première édition du Sommet Afrique francophone des investisseurs et anges d’affaires accueille 20 startups d’Afrique francophone, porteuses de solutions innovantes dans l’agriculture, le solaire, l’e-santé, les fin Tech...

Pour le secrétaire général du ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, l’accès au financement demeure encore une problématique réelle pour bon nombre de Pme d’Afrique francophone.

D’ailleurs, les dernières statistiques montrent qu’aucun pays de la région francophone ne figure sur la liste des six pays africains (l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya, l’Egypte, le Maroc et le Rwanda) attirant le plus d’investissements au profit de leurs startups. Yoro Moussa Diallo a relevé des contraintes liées au manque de dispositifs d’accompagnement des startups, en particulier dans leur phase d’amorçage.

« Certes, l’implantation à Dakar de structures de financement comme Orange Digital Ventura, Partech Africa et Teranga capital partenaire d’I&P constitue un acquis important dont il faut se féliciter, mais il nous faudra renforcer ces efforts par d’autres actions et initiatives publiques ou privées visant à mettre nos Pme dans des conditions optimales d’accès aux financements et investissements nécessaires à leur développement et croissance », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, il a rappelé la volonté de l’Etat d’accompagner les startups, à travers notamment la création d’un fonds de développement du numérique dont l’étude de faisabilité, réalisée avec l’appui de la Bad, est en cours de finalisation.

Ibrahima Ba

(Source : Le Soleil, 27 juin 2018)

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