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Plus loin avec...Oumar Ndiaye, directeur général de Antg

lundi 26 juillet 2004

Avec la libéralisation officielle du secteur du téléphone, dans quel créneau Antg compte-t-il s’investir ?

Pour l’instant, tout ce que l’on a compris de cette libéralisation, c’est que le monopole a cessé d’être. Pour le reste, franchement, on ne sait pas le contenu que les autorités comptent y mettre. A notre connaissance, aucun texte n’existe, pour dire comment cette libéralisation va être conduite. Ce que nous attendons, nous, c’est une clarification du processus, et un cahier des charges clair. Nous espérons pouvoir comprendre dans quelle direction le gouvernement veut nous mener. Il serait souhaitable, une fois la libéralisation effective, que tous les acteurs sachent dans quelle direction l’Etat est en train de nous conduire.

Lors de la journée de concertations organisée à Dakar sur cette libéralisation, les deux gros opérateurs de téléphone installés à Dakar, se sont presque accordés pour demander que la libéralisation ne favorise pas l’arrivée de personnes qui ne voudraient investir que dans des niches porteurs au détriment de l’intérêt public. Que répondez-vous à cela ?

Si on veut limiter les acteurs à ceux qui sont en mesure d’investir dans certains domaines, ce serait retourner vers le monopole. Il faudrait que l’on sache qu’on est dans un pays où il n’y a pas beaucoup de moyens. Les opérateurs devraient avoir l’opportunité d’exercer sur des niches. Et à partir de ces niches, développer l’accès général au plus grand nombre. Mais l’argument de gros opérateurs, c’est de dire que, la Sonatel, par exemple, a investi 300 milliards. Il ne faudrait donc pas que, d’autres qui n’ont quasiment pas opéré d’investissement, puissent venir se servir sans laisser des retombées pour les populations et partir. Si les gens gagnent de l’argent, ils ne vont pas partir, au contraire. Ils seront poussés à investir davantage. De la même manière, si la Sonatel continue d’investir, c’est parce qu’elle trouve que le marché est porteur. L’opérateur traditionnel a bénéficié du monopole pendant de nombreuses années, et cela lui a permis d’amortir ses investissements. Malgré tout, il n’occupe vraiment que des niches porteurs. Si vous comparez le nombre d’abonnés du fixe avec ceux du mobile, vous voyez le décalage dans l’effort et l’investissement. Regardez à quel point le taux de couverture de la téléphonie rurale est faible.

Mais vous particulièrement, vous sentez-vous prêts à investir dans la téléphonie rurale ?

Nous sommes prêts à investir tous les secteurs porteurs qui nous seront ouverts. Nous avions même déjà tenté une couverture nationale de la gestion des données.

Un nouveau candidat s’est déclaré sur le marché et affiche son intention d’investir environ 50 milliards de francs Cfa dans l’immédiat. Combien Antg serait-il disposé à mettre ?

Nous ne pouvons avancer de chiffre de but en blanc, sans consulter nos partenaires, ni connaître quelles conditions nous seront proposées pour l’exploitation. Parce que, même quand on parle de libéralisation de la téléphonie fixe, est-ce que cela va-t-il induire l’international, les services des données, ou quoi ? Ce sont des éléments que nous avons besoin de connaître pour savoir où nous allons mettre les pieds. Tous les candidats qui se présentent actuellement, ne font des offres qu’en partant de certaines hypothèses.

Avec la libéralisation annoncée officiellement, on voit apparaître des noms de candidats repreneurs. Selon votre avis, jusqu’à quel nombre d’opérateurs le marché sénégalais est-il intéressant ?

S’agissant du marché, de manière générale, trop peu de compétition n’est pas bon, mais aussi trop de compétition va nuire à l’expansion du secteur. Mais je crois que le gros challenge se trouve sur le fixe. Il s’agit de savoir comment faire participer d’autres opérateurs sur ce secteur. C’est un domaine qui exige des investissements initiaux assez lourds, et qui ne peut être exploité en contournant l’opérateur traditionnel. Le succès de la libéralisation dans ce domaine dépendra surtout du pouvoir que l’agence de régulation aura sur l’opérateur traditionnel. Cela étant, je pense que ce secteur devrait pouvoir accueillir au minimum deux ou trois autres opérateurs. De cette manière, les utilisateurs auront le choix de s’adresser à des secteurs offrant une forte valeur ajoutée selon leurs besoins.

Et le mobile, pourrait-il accueillir un autre opérateur ?

Absolument. Si des pays comme le Bénin ou la Côte d’Ivoire se permettent d’accueillir 3 ou 4 opérateurs, je pense que le Sénégal aussi a de la place à offrir à ses usagers. C’est le secteur qui offre la plus forte croissance dans la téléphonie.

Quel rôle devrait, selon vous, jouer l’agence de régulation ?

Ce devrait d’assurer une saine compétition entre les différents opérateurs. Elle devrait garantir que tous les acteurs respectent les règles du jeu. Elle devrait également veiller au bon fonctionnement du secteur, en protégeant les populations. Elle devrait ainsi diligenter les plaintes avec diligence, de manière à veiller à ce que les petits opérateurs ne disparaissent pas rapidement face à la concurrence.

Le marché du téléphone est-il si porteur pour le pays ?

L’un des constats faciles à faire à ce jour dans le secteur des télécoms, c’est que ce ne sont pas les opérateurs qui génèrent le plus d’emplois. Ce sont plutôt les entrepreneurs qui ont investi dans les cyber et les télécentres. Alors que le secteur utilise environ 27 000 personnes, la Sonatel, le premier opérateur, a, si mes chiffres sont bons, autour de 1500 employés. Les deux licences de Gsm doivent employer en tout, je pense, environ 1000 personnes. Donc, les choses doivent se faire de façon à ce que le secteur du fixe et des services, qui est le plus gros pourvoyeur d’emplois, permette aux nouveaux entrepreneurs de créer plus de nouveaux emplois. Il est possible de créer de nouveaux emplois pour les jeunes en gardant le même dynamisme dans le secteur. On ne peut laisser les plus grosses parts à un ou deux géants qui, quoi qu’on puisse dire, ne vont investir que dans des secteurs qui seront les plus rentables pour eux, avant toute autre considération. Mais l’une des choses les plus importantes à mes yeux, c’est de faire en sorte que le domaine des nouvelles technologies soit le plus accessible aux populations d’un pays en développement comme le Sénégal. Cela offre même beaucoup plus d’opportunités que l’accès au mobile ou au téléphone fixe ne le fait à l’heure actuelle. L’accès à Internet devrait donc être universellement accessible au Sénégal. Et toutes les activités relatives à ce secteur devraient être encore plus performantes.

Mohamed GUEYE

(Source : Le Quotidien 26 juillet 2004)

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