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Orange à la recherche de relais de croissance en Afrique

mercredi 16 septembre 2015

L’opérateur télécoms est actuellement en négociations exclusives pour acquérir quatre filiales de Bharti Airtel. Un moyen d’accélérer sur un continent qui représente déjà 11 % de ses revenus et près de la moitié de ses clients.

Orange est l’un des rares opérateurs télécoms au monde à avoir à la fois un pied en Europe et un autre en Afrique, où il est présent dans dix-neuf pays. Et l’opérateur historique français compte bien passer à la vitesse supérieure cette année dans cette région du monde. Il compte s’implanter dans quatre nouveaux pays africains, s’il parvient à racheter les filiales de Bharti Airtel (au Burkina Faso, au Congo-Brazzaville, en Sierra Leone et au Tchad), avec qui il est actuellement en négociations exclusives. « C’est l’une des zones avec le plus fort potentiel de toutes celles où nous sommes », affirme Stéphane Richard, PDG d’Orange. Et pour cause : le taux de croissance y est supérieur à 5 % en moyenne depuis dix ans, alors qu’ailleurs dans le monde il est nul, voire négatif.

Aujourd’hui, l’Afrique, c’est 11 % des revenus d’Orange (soit 4,3 milliards d’euros) et « on tend vers les 15 %», précise Stéphane Richard. L’opérateur y compte 110 millions de clients, soit presque la moitié de ses clients dans le monde ! Certes, l’Arpu (revenu par abonné) y est peu élevé : entre 1 et 4 euros, contre 27 euros en moyenne en France. Mais Orange a développé sur le continent d’autres activités rémunératrices : Orange Money, par exemple, permet de payer, de transférer de l’argent et propose des solutions d’épargne ou d’assurance. « Si l’on ajoute aux 3 euros d’Arpu que nous faisons dans les télécoms la commission que touche Orange sur chaque transaction d’Orange Money, on peut arriver à des montants significatifs », assure Marc Rennard, vice-président international d’Orange.

Dans le plan stratégique à horizon 2020 dévoilé par Stéphane Richard en mars dernier, l’Afrique joue un rôle important : c’est notamment là que le groupe compte trouver des relais de croissance. L’acquisition des filiales de Bharti Airtel pourrait lui apporter 9 millions de clients supplémentaires, 600 millions de chiffre d’affaires et 50 millions d’Ebitda additionnels. Orange pourrait par ailleurs jeter son dévolu sur Millicom en République démocratique du Congo. Il envisage aussi de prendre le contrôle d’Orange Tunisie, où il est aujourd’hui minoritaire. Enfin, une fusion en perspective entre Vodafone et Liberty Global pourrait se solder par des ventes d’actifs en Afrique qui intéresseraient le français.

Des positions rationalisées

Un vaste mouvement de consolidation est en cours sur le continent, où l’on trouve parfois jusqu’à sept opérateurs par Etat ! Orange se doit d’y participer pour consolider ses positions et ne pas se faire doubler par des acteurs comme le sud-africain MTN ou le britannique Vodafone. Ces dernières années, le groupe a rationalisé ses positions : il est sorti d’Ouganda et cherche un partenaire au Kenya. En revanche, il est bien positionné en Egypte, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Mali.

La prochaine étape pourrait être la cotation en Bourse de toutes les activités africaines. Orange y réfléchit, mais la décision ne devrait pas être prise avant 2016. Les Etats africains concernés auront néanmoins leur mot à dire, car le business, en Afrique, c’est aussi de la politique. « Orange, en Afrique francophone, c’est un peu le drapeau français. Outre le développement de notre business, on doit aussi se montrer utile à l’économie du pays », explique Marc Rennard. L’opérateur a par exemple ouvert Orange Fab, un accélérateur de start-up locales, il y a un an. La semaine dernière, Stéphane Richard a fait le déplacement à Abidjan pour le lancement d’Orange Collecte, la première plate-forme de financement participatif mobile en Afrique, créée avec le site de collecte en ligne HelloAsso et destinée aux clients Orange Money, pour financer des projets personnels (mariages, anniversaires...) ou caritatifs. Ces initiatives interviennent sur un continent où la pression fiscale est assez élevée. La Côte d’Ivoire bat tous les records : Orange y laisse 30 % de son chiffre d’affaires en impôts.

Fabienne Schmitt

(Source : Les Echos, 16 septembre 2015)

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