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Nouvelles technologies de l’information : L’informel à l’école de l’informatique

mercredi 22 octobre 2003

Pour contribuer à généraliser l’utilisation des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (Ntic) au Sénégal, un projet dénommé Défi digital (Dfi), d’un coût de 6,5 milliards de dollars et financé par les Américains, va être lancé avant la fin 2003. Avec le Dfi, un certain nombre de télécentres vont être financés pour servir de modèle à ce que peut être un cybercentre. L’Usaid et le Corps de la paix, côté américain, et la Direction de l’Informatique de l’Etat et le ministère du Commerce, côté sénégalais, vont aider les petites et moyennes entreprises à utiliser les nouvelles technologies pour leurs business. Bref, permettre à ce segment du tissu industriel d’avoir une meilleure visibilité et de relever leurs chiffres d’affaires. Des volontaires vont être désignés des deux côtés pour le lancement du système. Il s’agira de les aider à tenir leur comptabilité et d’installer des cyber "louma" dans les grands marchés. Ce projet, présenté comme un test, selon le directeur général de l’Informatique de l’Etat, Mouhamed Tidjane Seck, va s’étaler sur une période de trois ans. "Si cela marche, on ouvre le robinet pour tout le monde", prévoit-il. Le gouvernement, pour sa part, va mettre en place un système de transfert d’argent pour inciter les petites entreprises à éviter le réseau informel. Les avis restent partagés quant à la viabilité de ce nouveau système. Certains grands commerçants contactés soutiennent que le Dfi leur sera d’un grand secours. "Cela nous permettra d’éviter certaines erreurs et nous ne serons plus amenés à payer des gens pour tenir notre comptabilité", se réjouit Souleymane Diaw, un grossiste au marché Sandaga. Cet avis n’est pourtant pas partagé par Ousseynou Diaw pour différentes raisons. Il est analphabète et pour utiliser un outil informatique, il faut maîtriser la langue française. En plus de cela, selon lui, la connexion à l’Internet coûte cher : "350 ou 700 F tous les jours, c’est de l’argent jeté par la fenêtre. Depuis des années, nous utilisons le même processus et nous n’avons aucune difficulté. Notre argent, je le pense, est bien géré", martèle-t-il. Bien qu’il soit conscient des obstacles qu’il va falloir surmonter, le directeur général de l’Informatique de l’Etat reste optimisme. Pour lui, une fois que les petites entreprises s’imprègneront de cette nouvelle formule, les modèles archaïques disparaîtront.

(Source : Wal Fadjri 22 octobre 2003)

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