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Ndioum : L’internet, on ne connaît pas

lundi 25 octobre 2004

En ouvrant un cybercafé, ce promoteur avait toutes les raisons de croire à une bonne affaire. Mais les mois passent, les factures tombent, alors que les recettes ont du mal à décoller.

Dans une ville en pleine expansion démographique et économique, Mawdo Thiam pensait décrocher le jackpot en lançant le premier cybercafé de Ndioum. Mais à ce jour, la clientèle se fait désirer. On a beau claironner que l’analphabète des temps modernes est celui qui ignore l’informatique, les Ndioumois rechignent toujours à adopter l’ordinateur. Dans cette commune située à 300 km de Saint-Louis, l’Internet tarde à entrer dans les habitudes. La cinquantaine sonnée, Mawdo Thiam semble tomber des nues au regard de ses recettes. Sa cinquième facture de la Sonatel est montée à 250 000 francs, alors que ses gains n’ont jamais dépassé 50 000 F. Au deuxième bimestre, il avait presque touché le fond. « J’avais payé plus de 200 000 francs pour la connexion et je n’ai encaissé auprès des clients que 40 000 francs ». Dans une commune de plus de 30 000 habitants, il pouvait s’attendre à beaucoup mieux.

En installant son cybercafé, Mawdo Thiam pensait aus élèves des lycées et collèges. Il avait même calé l’ouverture sur la période des vacances, en juillet, quand la plupart des élèves et étudiants reviennent au terroir. Croyant enregistrer un rush, il devait déchanter. Tout est encore au ralenti. L’entreprise a démarré avec deux ordinateurs connectés à l’Internet pour 500 francs l’heure. Et pour fructifier ses affaires, il a ajouté d’autres services comme le traitement de textes, la formation informatique et le télécentre public. Seulement peu des gens se sont inscrits.

Malgré les factures salées qu’il reçoit M. Thiam ne se décourage pas. Avec un lycée, un collège, plus de cinq Ong, une centaine de Gie, un grand hôpital et quatre écoles élémentaires, sans compter les fonctionnaires, l’homme pense que le créneau peut être rentable. Mais pour l’heure, la plupart des clients sont des étrangers à Ndioum. C’est plutôt le téléphone qui marche dans cette ville encombrée par plus de cent quarante télécentres, archicombles le week-end. Pour joindre les parents émigrés, la mode n’est pas encore au email.

Abou Kane

(Source : Wal Fadjri, 25 octobre 200)

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