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Mouhamadou Lamine Badji, chargé des revendications à la Sonatel : "Il faut sauver SONATEL de France Télécom"

mardi 9 août 2016

Contribuant à hauteur de 12,5% au Produit intérieur brute (Pib), garnie d’une santé financière de plus de 200 milliards de francs CFA de bénéfice avec un chiffre d’affaires de 800 milliards en 2015 et leader dans la sous-région, la Sonatel censée être fleuron de l’économie nationale, croupie inexorablement sous le diktat de France-Télécom/Orange. C’est le diagnostic fait par Mouhamadou Lamine Badji, chargé des revendications à la Sonatel qui intervenait, samedi dernier, à Dakar dans cadre des « samedis de l’Economie » sur le thème : « La Sonatel : fleuron de l’économie ou symbole de pillage du patrimoine national ? ».

« Un tel secteur au dynamisme avéré et doublement stratégique pour la souveraineté nationale (économie, informations) mérite une attention particulière de tous les patriotes soucieux de l’avenir du Sénégal dans le concert des grandes nations, en chef les décideurs politiques ». C’est le cri de cœur lancé par Mouhamadou Lamine Badji, comptable et membre de l’Intersyndicale de la Sonatel, chargé des revendications. Il co-animé le 06 août dernier, avec Mamadou Mbodji, coordonnateur du M23, à Dakar une conférence publique dans le cadre des activités mensuelles des « samedis de l’Economie » portant : « La Sonatel : fleuron de l’économie ou symbole de pillage du patrimoine national ? ».

Selon M. Badji, « La Sonatel opérateur historique présent au Mali (70,05%), en Guinée Conakry (89,37%), en Guinée Bissau (90%) et bientôt opérationnel en Sierra Léone, doit être considérée comme un bijou et non seulement une véritable poule aux œufs d’or pour France Télécoms ». Car, la Sonatel regorge de « ressources humaines de qualité reconnues en Afrique et par les grands acteurs dans le domaine des télécoms, de meilleures infrastructures au rang des standards internationaux, une meilleure qualité du réseau, confirmée par les récentes études de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) doublé d’un poids social de 1890 salariés permanents, de 40 000 emplois indirects (temporaires, réseau de distribution direct ou indirect, sous-traitants,...), le tout chapoté par un poids économique de 12,5% du Pib, avec une contribution au recettes budgétaires de 238 milliards de francs CFA (versés à titre des impôts, taxes, redevances, cotisations sociales, droits de douanes et dividendes, et une contribution au développement du secteur privé chiffrée à 106 milliards de Fcfa de recettes au profit des entreprises sénégalaises en 2012. Ce qui signifie l’intelligence et le savoir-faire sénégalais… », a étalé l’agent comptable de la boite.

Pillage d’un patrimoine national

France Télécom profitant de la loi n°96-03 du 22 février 1996, autorisant la libéralisation du secteur des télécoms va entrer en capital de la Sonatel en 1997 avec 33,33%.

Ainsi donc, « en 1998 France Télécom rachète en catimini 9% des parts de l’Etat du Sénégal. Ce qui lui confère 42,3% dans le capital de Sonatel. En 2006, la marque Alizé (mobile) de la Sonatel devient Orange », rappelle M. Badji

Abdoulaye Wade : Tout sauf le patriotisme

Dans son plan de dépouillement, France Télécom (Ft) n’a jamais cessé de dérouler sa stratégie. Ainsi en 2007, la tentative de délocaliser le centre de transit international de Sonatel (Cti) en France pour ainsi contrôler les appels de Sonatel et de ses clients sur le transit international, qui représente environ 30% du CA de Sonatel avorta. En 2008, usurpation de la licence d’Orange Niger par Ft, suite aux prospections menées avec succès par les équipes de Sonatel. En 2009 autre tentative avortée de racheter 9,87% des actions de l’Etat, ce qui aurait donné à l’opérateur Français le contrôle total juridique et opérationnel de Sonatel. En 2010, volonté affirmée de Ft de consolider entièrement la Sonatel et ses filiales dans ses états financiers. Et depuis 2008, un blocage systématique sur la croissance externe : Cap Vert et en Mauritanie. 2012, consolidation et contrôle total de Sonatel et ses filiales sur aucune base légale. 2013, projet d’externalisation des activités techniques de Sonatel et de ses filiales

Macky donne un coup de pousse mais…

En 2016 Macky Sall s’implique personnellement dans la gestion du dossier permettant à Sonatel d’ouvrir une filiale en Sierra Léona. « Suite à l’implication personnelle du Président Macky Sall dans le dossier, Sonatel de décrocher la licence qui finalement sera usurpée par France Télécom qui va imposer le partage 50/50 (sachant qu’ils détiennent déjà 42% dans nos 50) », a fait savoir l’agent comptable.

Sonatel sous contrôle de France Télécom

Toujours selon Mouhamadou Lamine Badji décidé à démanteler la Sonatel, France Télécom renforce sa position d’Orange en cote dans l’optique d’en faire un hub sous-regional.

Ainsi donc, « toutes les directions stratégiques de Sonatel (les Finances, le Marketing, la Vente, les Achats, la Stratégie, la technique) sont sous la tutelle directe du directeur général adjoint, un expatrié de France-Télécom. Les directeurs des domaines stratégiques se voient également affectés de collaborateurs directs français qui pilotent toute l’activité de la Direction et reporte directement au Dga. Le contrôle du comité d’achats de Sonatel, dirigé personnellement par le Dga, pour avoir un contrôle total sur nos achats. Nomination par France Télécom d’un Dg expatrié Français à Orange Guinée, filiale du groupe Sonatel. Détournement du trafic international des filiales de Sonatel, initialement transitant par le réseau de Sonatel, directement vers FT ou Orange Côte d’ivoire. Blocage systématique des opérations de Sonatel relatives à des acquisitions de nouvelles filiales. Au Niger, le comble a été atteint, la licence initialement négociée par Sonatel a été subtilisée au dernier moment par France Télécom. Blocage systématique des investissements de Sonatel pour des projets stratégiques et hautement structurants comme l’IMS (Réseau tout IP) », regrette le conférencier.

Les travailleurs oubliés dans les négociations de la nouvelle convention

Dans le cadre du renouvellement ou prolongement de la convention de concession, le President Macky SALL, « n’a pas pris l’attache des travailleurs, a-t-il déploré. Ce qui constitue une violation flagrante de la convention de concession elle-même.

Aujourd’hui, Abdoul Aziz MBaye jugé hostile aux intérêts de France Telecom a été remplacé par cheikh Tidiane Mbaye pour adoucir le choc. Donc tout une stratégie de démantèlement et d’appropriation de la Sonatel en étroite complicité avec les autorités de ce pays », a-t-déploré.

Il conclut : « L’ambassadeur français invité à la Rts avait qualifié les relations entre la France et le Sénégal plus que excellentes. Mais, je dois rappeler que les pays n’ont que des intérêts à préserver ».

Jean-Pierre Malou

(Source : Sud Quotidien, 9 août 2016)

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