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Libéralisation des Télécom : Toujours rien de clair à trois mois de la date fatidique !

mercredi 31 mars 2004

En 1996 quand fut décidée la privatisation de la Société nationale des télécommunications (Sonatel), l’autorité de l’époque avait opté pour le bradage. Pour une bouchée de pain, le monopole public qui était accordé à la Sonatel, alors société nationale, s’est mué en monopole privé. Ainsi, sept longues années durant, une entreprise privée sénégalaise, dont le principal actionnaire est France Télécom, (une entreprise publique française) a eu au Sénégal, la mainmise absolue sur le secteur le plus stratégique de toute économie moderne, les télécommunications. En principe, le 19 Juillet 2004, l’espace des télécommunications au Sénégal sera libéralisé et la concurrence ouverte dans tous les secteurs, suite à la notification faite par le gouvernement à la Sonatel, lui annonçant sa décision de mettre fin au monopole qu’elle exerce depuis 1997 sur le fixe et l’international. Mais voilà, le cas du Sénégal est à proprement parler atypique et tout un chacun attend que le Gouvernement veuille bien donner des indications sur le chemin qu’il compte emprunter à travers une lettre de politique sectorielle des télécommunications, qui faut il le rappeler accuse un bien curieux retard. De ce fait, les supputations vont bon train et les principaux acteurs du domaine, qu’il s’agisse des fournisseurs de services Internet, des exploitants de télécentres, des investisseurs potentiels, des consommateurs ou encore des simples citoyens, sont dans sont l’expectative la plus totale. Ainsi, les travailleurs de l’intersyndicale de la Sonatel redoutent une « libéralisation sauvage », la société civile dénonce l’absence de concertation et de débat public sur la question, alors que nombreux sont ceux qui doutent des capacités actuelles de l’ART à faire face aux nouvelles responsabilités qui seront les siennes, etc. Rares sont ceux, en dehors d’un petit cercle d’initiés, qui ont connaissance de la formule miracle qui sera utilisée pour dénouer l’imbroglio qui se dessine à l’horizon et qui pose notamment les question suivantes : Combien y aura-t-il d’opérateurs sur le fixe ? Combien de nouvelles licences de téléphonie mobile seront-elles accordées ? Les licences seront-elles accordées sur la base d’appels d’offres ou par une mise aux enchères ? La téléphonie sur Internet sera-t-elle autorisée ? Comment seront assurées les obligations liées au service public ? Comment sera financé l’accès au service universel ? Dans quelles conditions les opérateurs, autres que la Sonatel, accèderont-ils à l’international via les câbles sous-marins ? etc. Le retard pris dans la publication de la lettre de politique sectorielle des télécommunications et dans la définition des modalités de la libéralisation du secteur aura pour conséquence, quasi inéluctable, de prolonger le monopole de droit de la Sonatel par un monopole de fait pendant une période plus ou moins longue. Or, l’expérience montre que le processus de libéralisation ne peut être satisfaisant pour le consommateur comme pour les nouveaux opérateurs que si sont correctement réglées des questions telles que la portabilité des numéros qui permet à un abonné de changer d’opérateur tout en conservant son numéro de téléphone, le dégroupage de la boucle locale qui consiste à permettre aux nouveaux opérateurs d’utiliser le réseau local de l’opérateur historique pour desservir directement leurs abonnés ou encore le problème de l’interconnexion entre les différents opérateurs pour faire en sorte que les abonnés puissent joindre leurs correspondants quel que soit l’opérateur qui leur fournit le service, etc.. En vérité, la libéralisation du secteur des télécommunications au Sénégal sera très complexe du fait de l’omniprésence d’une entité, véritable royaume indépendant, qui a su mettre à profit son statut de monopole privé pour s’imposer et qui sait, abuser au besoin de sa position dominante. Il est donc indispensable d’engager rapidement un vaste débat national sur ces questions afin que toutes les composantes de la société puissent au moins faire entendre leur point de vue à défaut d’être écoutées.

Amadou Top
Président d’OSIRIS

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