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Lettre ouverte de l’Association des agents retraités de Sonatel (ANARS) à Monsieur Le Président de la République

jeudi 8 septembre 2011

Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Nous retraités de Sonatel, témoins et acteurs parfois déterminants de toutes les évolutions qui ont marqué le secteur des Télécommunications, suivons avec inquiétude, la vive tension née de la décision de réintroduire d’autorité la surtaxe du trafic international entrant. En tant que dépositaires de l’histoire des Télécommunications nous sommes dans l’obligation de veiller sur un héritage péniblement constitué par des générations entières de travailleurs qui au prix de leur sueur et parfois même au prix de leur vie, dans l’abnégation et pour unique objectif la sauvegarde du bien commun, ont préféré servir leur pays plutôt que se servir.

Les raisons de notre engagement :

Monsieur le Président, Il n’y a pas si longtemps de cela, le secteur des Télécommunications était loin d’avoir le poids qu’il a aujourd’hui. Certes l’évolution favorable du marché des TIC y est pour beaucoup. Mais si au Sénégal plus que nulle part en Afrique, nous avons su en tirer profit, c’est grâce à la clairvoyance et surtout au sens élevé du sacrifice de plusieurs générations de travailleurs épaulés en cela par les pouvoirs publics. La bonne intelligence qui s’est instaurée entre la Sonatel et sa tutelle nationale a toujours permis de sauvegarder les intérêts nationaux au point de faire de cette dernière la première entreprise du pays et le principal si ce n’est le seul acteur d’un « Sénégal qui gagne » au-delà des frontières nationales. Aujourd’hui, Sonatel est de loin l’entreprise qui contribue le plus aux recettes de l’état avec un montant annuel qui atteindra 200 milliards en 2011(plus de 13% du budget national), soit presque 4 Milliards par semaine. Sonatel est en vérité l’entreprise sur laquelle pèse le taux d’imposition le plus élevé : 18% de TVA, 5% pour la Rutel et 3% de Codet dont les 95% sont pour le secteur de l’Energie.

L’Association des Agents Retraités de Sonatel (ANARS) voudrait respectueusement rappeler que le secteur des Télécommunications Sénégalais, a connu de nombreuses mutations stratégiques. A chaque occasion, la tradition bien établie de concertation entre les pouvoirs publics et les acteurs du secteur a permis de définir une stratégie gagnante. Sans être exhaustif on peut citer :

- 1983 - journées sénégalaises des télécommunications
- 1985 - création Sonatel
- 1997 - Ouverture du Capital de la Sonatel
- 1999 - libéralisation du Mobile
- 2004 - libéralisation du fixe

Par comparaison, nous avons décrypté, avec objectivité et impartialité, les actes posés par l’Etat, en direction de Sonatel ces dix dernières années. Le résultat est sans équivoque : Un AFFAIBLISSEMENT de Sonatel qui est pourtant :

- L Opérateur historique du Sénégal, et qui lui appartient à hauteur de 27%
- Le plus gros contribuable au Trésor public Sénégalais
- Une réussite incontestable, quel que soit l’angle d’analyse, qui a contribué au rayonnement et au respect du Sénégal au travers de grandes réunions internationales (y compris la coordination du NEPAD)
- Un moteur de la croissance économique du Sénégal
- Un pourvoyeur de richesses aux PME/PMI et créateur de milliers d’emplois directs et indirects ;

Et nous anciens travailleurs de Sonatel, entreprise avec laquelle nous n’entretenons aujourd’hui que des liens affectifs, sommes fiers d avoir appartenu à cette Société, et d’avoir contribué, même modestement, à son évolution.

Sonatel est en quelque sorte notre création et ses excellents résultats d’hier et d’aujourd’hui, le fruit de notre travail.

Par devoir envers nos cadets qui continuent notre œuvre, pour ne pas voir nos sacrifices d’hier réduits à néant, par respect pour les clients qui sont l’actif le plus important d’une entreprise, nous membres de l’ANARS, faisons le serment de combattre sans complaisance aucune, tout acte, d’où qu’il vienne et qui serait de nature à compromettre l’intérêt de Sonatel et du Sénégal.

Notre avis sur le contrôle :

Monsieur le Président de la République, Nous reconnaissons à l’Etat, le droit et même le devoir de faire prendre les dispositions appropriées pour combattre la fraude dont les opérateurs sont les premières victimes et de procéder à tout contrôle qui lui semble pertinent. C’est d’ailleurs une des missions régaliennes de l’ARTP. Ilest également compréhensible que l’Etat essaie raisonnablement de tirer plus d’avantages, des ressources générées par le secteur des Télécoms. Nous retraités de Sonatel, forts de nombreuses années d’expertise dans le secteur des Télécoms, soucieux du développement de notre pays et jaloux de l’héritage que nous avons laissé à la postérité, estimons que c’est une erreur stratégique que de choisir le court terme, au détriment de l’avenir.

Car en instaurant une surtaxe sur les appels entrants, l’Etat pourrait collecter plus de revenus à court terme au détriment de la compétitivité et donc de l’avenir du secteur. Il est évident qu’une hausse des prix de cette ampleur engendrera les conséquences immédiates suivantes :

- la baisse du trafic : les appels proviennent en grande partie des immigrés sénégalais durement frappés par la crise économique, ils n’auront d’autre choix que de baisser leur consommation. Dans le même temps, les usagers se tourneront de plus en plus vers des solutions alternatives qui échappent à la surtaxe.
- l’explosion de la fraude : chaque fois que les barrières à l’entrée augmentent, la fraude devient un investissement rentable.
- Le Sénégal va perdre sa position de centre de transit des communications destinées aux pays de la sous-région.

Comment peut-on comprendre, au vu des sommes colossales que Sonatel verse et continuera de verser à l’Etat que ce dernier décide contre toute logique de s’ériger en commerçant dans un secteur hautement concurrentiel, fixant les tarifs à la place des opérateurs et prenant le risque évident de déstabiliser le secteur et de tarir la source ?

Il n’ya aucun lien de causalité entre le contrôle des opérateurs, dont les frais sont d’ailleurs à la charge de ces derniers, et le prélèvement d’une surtaxe au détriment de la compétitivité du secteur et de reverser une part importante de cet argent à un prestataire dont il est impossible de démontrer l’utilité.

D’abord parce que Sonatel est l’une des sociétés les plus contrôlées du pays mais également l’une des rares à n’avoir jamais été prises à défaut en matière de transparence.

Ensuite parce que l’ARTP a pour mission de contrôler les opérateurs et perçoit déjà des taxes importantes pour ce faire. Il suffit qu’elle remplisse sa mission avec efficacité, en mettant à profit s’il le faut l’expertise nationale abondante en la matière. Au demeurant, il serait bon pour la transparence et l’éthique dans le secteur que l’ARTP qui en est l’arbitre, rende compte de l’utilisation de ces fonds qui continue de susciter beaucoup d’interrogations.

Il s’y ajoute que Sonatel de par son histoire sans tâche fait partie des sociétés sénégalaises qui forcent l’admiration partout dans le monde et qui, assurément, méritent d’être respectées et défendues par la Tutelle. Les allégations de fraude que certains font fleurir pour justifier l’inexplicable, n’ont pour effet que de discréditer notre pays aux yeux du monde sans compter les effets dévastateurs sur une société cotée en bourse. Enfin, le contrôle mutuel (réconciliation) entre opérateurs est tel qu’il est impossible à Sonatel de s’adonner à la fraude sans la complicité des plus grands opérateurs au monde, ce qui est proprement impossible. Nous estimons que cela pourrait être confié à n’importe quel cabinet d’audit sénégalais, selon une procédure définie.

Si contre toute logique, l’Etat maintenait sa décision de mettre en place son système contrôle du trafic entrant, en le superposant sur les outils de lutte contre la fraude dont disposent déjà les opérateurs, ce serait faire injure aux PME sénégalaises du secteur des TIC, que de confier cette activité à une société étrangère payée à prix d’or et qui par ce biais, accède aux données personnelles de tous les usagers. Une telle décision serait ANTI-PATRIOTIQUE.

Il s’y ajoute qu’une injustice ne serait plus grande que de mettre en péril le secteur et d’ôter des sommes importantes de la bouche des immigrés et de leurs familles pour le reverser en partie à un prestataire sans valeur ajoutée.

Notre opinion sur la surtaxe :

Monsieur le Président, Il est incontestable qu’en appliquant une surtaxe de 60% sur le trafic entrant, on déconstruit toute la logique économique du marché des communications internationales dont la tendance est à la baisse en plus de ponctionner durement les ressources acquises par nos compatriotes immigrés, qui seront de plus en plus coupés de leur famille, puisque réduisant la durée et la fréquence des appels. De plus cette surtaxe est en porte à faux avec les accords du Règlement International des Télécommunications, et les recommandations pertinentes de la Conférence des Télécommunications de l’Ouest africain, à laquelle pourtant l’Etat du Sénégal était représenté par son Ministère des Télécom, celles de l’UEMOA, de la CEDEAO.

Le GSMA (Organisation mondiale regroupant tous les opérateurs mobiles) en réunion à Dakar en novembre 2010, avait officiellement dénoncé cette mesure devant le chef de l’Etat, et a publié en juin 2011 une note déclarant solennellement que « les surtaxes sont contreproductives pour l’Etat, et portent préjudice à la fois aux opérateurs, et aux consommateurs ». Il a en outre dénoncé l’effet négatif d’une telle mesure sur la compétitivité internationale, sur les coûts des transactions commerciales avec l’Afrique, et ses effets négatifs sur la diaspora, et les consommateurs locaux du fait de la réciprocité.

Son Excellence, Monsieur le Président de la République, L’ANARS est convaincue qu’une alternative à la surtaxe du trafic entrant est possible. Nous vous prions humblement de bien vouloir inviter à une concertation large, les acteurs du secteur, avec une feuille de route et de laisser le soin, à un Ministre de votre choix d’en assurer la coordination.

Nous appelons enfin à votre sens du dialogue, du compromis, de l’écoute de simples citoyens soucieux d’un bon climat social mais plus déterminés qu’hier quand nous étions à SONATEL, à défendre ce patrimoine, en relation avec les forces vives de ce pays éprises de justice et de paix.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’assurance de nos sentiments les plus respectueux.

Pour l’ANARS
Le Bureau National
Dakar le 08 Septembre 2011

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