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Les radios communautaires à l’ère du numérique : Ces obstacles à l’appropriation des Ntic

jeudi 23 septembre 2004

Une formation, de son personnel, qui laisse à désirer. Des journalistes qui « refusent » d’intégrer les nouvelles technologies dans leur méthode de travail... La radio communautaire devra se définir de nouvelles méthodes dans son fonctionnement pour espérer s’approprier les Ntic. Et au-delà de la question de la connexion pour les radios installées dans des zones enclavées, se pose le problème de la maintenance informatique qui requiert une certaine technicité.

Au moment où le débat sur la société de l’information anime la plupart des rencontres au niveau mondial, avec notamment les opportunités offertes par Internet, les radios communautaires lancent de leur côté la réflexion pour réussir leur entrée dans l’ère du numérique. Pour ces stations, essentiellement installées en milieu rural, l’accès aux Nouvelles technologies de l’information et de la communication (Ntic) est retardé par des obstacles multiples liés à l’étroitesse de la zone de couverture au niveau des télécommunications. Aujourd’hui, certains professionnels du milieu ont initié, pour juguler le phénomène, des Centres multimédias communautaires (Cmc) pour permettre aux radios qui sont dans des endroits sans connexion d’avoir accès au réseau Internet. Mais le handicap qui frappe le plus les radios communautaires, dans leur entreprise d’appropriation des Ntic, est relatif au taux d’analphabétisme au niveau même des Cmc dont la plupart des bénéficiaires ne savent ni lire ni écrire la langue locale et éprouvent des difficultés à s’habituer au maniement du clavier. La remarque est du Béninois, Justin Dongbehounde, s’exprimant en marge des travaux du séminaire régional sur « les radios communautaires et Ntic en Afrique de l’Ouest », ouvert avant-hier à Dakar (et qui sera clôturé ce jeudi 23 septembre) sous l’égide de la Commission nationale pour l’Unesco.

Au-delà du défi de vaincre ce double analphabétisme pour s’assurer du transfert de ces nouvelles technologies, estime Justin Dongbehounde, il faudra également penser à renforcer les capacités de ceux chargés de la gestion des Cmc. « Autant ceux qui sont chargés d’accompagner les bénéficiaires n’ont pas la formation requise autant ceux qui vont profiter des services des Cmc ne sont pas outillés », fait-il remarquer. Abondant dans le même sens, Boubacar Khalil Ndiaye, président de l’Association des radios et projets de radios associatifs, ruraux et communautaires du Sénégal (Arpac), souligne que « le personnel des radios n’est pas formé à l’utilisation de l’ordinateur ». Aujourd’hui, l’équipement matériel des radios communautaires pose problème et les rares ordinateurs dont elles disposent sont plus destinés à la saisie des textes qu’au montage numérique ou à la simple manipulation. Aussi, note le président de l’Arpac, à ces obstacles, il faut ajouter le fait que « certain(e)s journalistes ne se retrouvent pas tellement dans cette nouveauté ». Il y a, selon lui, un manque de motivation de la part du personnel qui préfère utiliser les techniques classiques dans le cadre de leur travail.

Thiémokho Koné du Mali, indique pour sa part que la rareté des sources d’énergie constitue un obstacle majeur pour les radios communautaires installées dans les zones enclavées. Ces radios sont souvent promues par des populations qui manquent également de connexion sur les lignes téléphoniques. Et « la non maîtrise des Ntic, qui demandent une technicité assez particulière », n’est pas pour faciliter les choses aux populations. C’est pourquoi, estime Thiémokho Koné, il faut des formations spécialisées en direction des utilisateurs qui aspirent à s’approprier l’outil informatique.

Aujourd’hui, le développement des centres multimédias n’aura d’effets que si les promoteurs parviennent à les intégrer dans le quotidien des populations cibles d’une communauté productrice de savoir. Mieux, analyse le journaliste Birima Fall, « s’il y a des logiciels qui traduisent les journaux en langue locale, le Cmc pourra permettre aux paysans de s’informer sur la marche du monde et de vivre au rythme de la société du savoir ».

Mbagnick NGOM

(Source : Wal Fadjri 23 septembre 2004)

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