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Les distributeurs de services de Telecoms dénoncent : Le contrat avec Global Voice, « une catastrophe » pour le Sénégal

mercredi 8 septembre 2010

Le président de l’Union des gérants de télécentres enfile la tunique de guerre. Et cette fois-ci, c’est l’Artp la cible de Bassirou Cissé et de ses camarades. En conférence de presse, hier, ils ont reproché à l’organe de régulation sa légèreté dans la signature du contrat le liant à Global voice group.

‘Tous dans le même sac’, semblent dire les gérants de télécentres. L’Union nationale des exploitants de télécentres et téléservices du Sénégal (Unetts) qui vient de se muer en Organisation des distributeurs de services numériques et de télécommunications (Odsent) ne décolère pas contre l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (Artp) et la Sonatel dans l’affaire Global Voice. En conférence de presse, hier, à la maison Iba Ndiaye Diadji, le président de cette organisation, Bassirou Cissé, n’est pas allé avec le dos de la cuillère avec l’organe de régulation à propos de l’affaire Global Voice. Très en verve, Cissé dénonce ce qu’il appelle ‘les insupportables manquements républicains de l’Artp’. Pour le président de l’organisation des distributeurs de services numériques, l’Artp a signé un mauvais contrat avec le contrôleur haïtien. ‘Avec un contrat couvrant cinq ans, c’est-à-dire 60 mois, encaissant 50 % des recettes, soit cinq milliards par mois, Global Voice empochera globalement 300 milliards durant toute la période requise pour le contrôle des appels entrants’, souligne Cissé. Ce dernier assimile ce contrat à ‘une catastrophe liée à un manque de professionnalisme et d’expertise de la part de l’Artp que l’Odsent dénonce avec la plus grande énergie’. Car, pour lui, un seul contrat d’une seule année suffirait largement pour permettre à l’Artp de préparer son autonomie administrative, technologique et matérielle, assujettie aux compétences nationales dont regorge notre pays, conformément à la politique définie par le chef de l’Etat.

‘Mathématiquement, 240 milliards récupérés viendront s’ajouter aux 300 milliards que l’Etat devrait engranger durant les cinq ans, soit 540 milliards de revenus. Les 50 % de cette manne financière suffiraient largement pour résorber le grand fossé numérique qui sévit dans notre pays’, s’indigne-t-il. En effet, poursuivant ses explications, Bassirou Cissé annonce que l’enquête, commanditée par l’Artp sur les Tic et publiée en mars 2010, a montré, entre autres statistiques, que ‘le Sénégal a un taux de connexion Internet de 4 % ; que 85,5 % des ménages ne disposent pas de l’outil Internet ; que 72 % de la population du monde rural font plus de cinq km pour obtenir une connexion Internet ; que 38 % des Sénégalais continuent à fréquenter les télécentres et téléservices et que les démarches administratives n’étaient pas connues des populations sénégalaises’. Ce qui maintient encore notre pays dans les abysses du fossé numérique.

Pour autant, le président de l’Odsent est loin d’avoir de la sympathie pour la Sonatel dans cette affaire. Ainsi, comme à son habitude, Bassirou Cissé a encore craché du feu sur la Société nationale de télécommunications. ‘Sonatel, après avoir engrangé plusieurs centaines de milliards en bénéfices partagés pendant des décennies, sans aucun respect pour le consommateur et pour ses prestataires de service, doit savoir que l’heure de la concurrence saine a sonné et se comporter comme les autres opérateurs de la place qui n’ont fait aucun bruit depuis la publication du décret’, déclare-t-il.

De plus, il demande à la filiale de France télécoms de jouer franc jeu et de respecter le décret présidentiel qui octroie désormais à Global voice group la gestion du trafic de communications internationales entrant au Sénégal. ‘L’Odsent demande à Sonatel de cesser immédiatement son dilatoire et se conformer au droit républicain en respectant les clauses du décret 2010 - 632 du 28 mai 2010’, clame d’entrée Bassirou Cissé. Qui estime que la direction de Sonatel ‘n’a aucun droit de se réfugier derrière les travailleurs organisés en syndicats ou ses cadres pour imposer un diktat à l’Etat qui a l’obligation républicaine de contrôler le trafic et de lutter contre la terminaison illégale des communications téléphoniques en concurrence réprimée’. Ainsi, il pense que l’Artp a l’obligation d’imposer par la loi, donc par la force, l’installation du matériel de contrôle de Global Voice à Sonatel au lieu de procéder à des évaluations mensuelles facturées.

Seyni Diop

(Source : Wal Fadjri, 8 septembre 2010)

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