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Léon Charles Ciss, Directeur de la Sonatel mobile : Les perturbations sont inhérentes aux fortes concentrations humaines

jeudi 14 avril 2005

Le directeur du réseau mobile « Alizé » s’explique ici sur les perturbations enregistrées dernièrement lors du rassemblement annuel du magal de Touba, et des efforts réalisés par son entreprise pour les corriger. Il explique les orientations des gros investissements dans le secteur, ainsi que les ambitions de son groupe pour les années à venir.

Les perturbations enregistrées sur le réseau Alizé ces derniers temps, ont pu laisser croire que vos investissements ne se sont pas adaptés à la croissance de votre clientèle.

L’un des points qui caractérisent Alizé et le groupe Sonatel, c’est de porter depuis quelques années, un effort d’investissement particulièrement important et soutenu. Le groupe Sonatel est le premier investisseur dans le pays, depuis un certain nombre années.

Dans le cadre de l’activité mobile dont j’ai la responsabilité, nous faisons un effort d’investissement particulièrement important et soutenu. Par exemple, dans l’exercice 2004 qui vient de se terminer, nous avons investi 22 milliards de francs Cfa. Cela, évidemment, pour augmenter les capacités du réseau. Nous sommes à la veille d’un Conseil d’administration où nous allons présenter les évolutions de nos volumes d’activités où la capacité du réseau a augmenté de plus de 70% en 2004.

Les autorités et la population s’intéressent beaucoup à la couverture rurale. Cela fait l’objet d’une priorité extrêmement importante à la Sonatel. A l’heure qu’il est, et c’est un chiffre qui n’est pas suffisamment connu, plus de 6630 villages au Sénégal sont couverts par la Sonatel mobile depuis 2004. Ainsi, la quasi-totalité des capitales régionales et départementales, des villages les plus importants, sont couverts par le réseau mobile. Et nous nous faisons un devoir d’aller dans chaque région, dans chaque département, de tenter de couvrir tous les lieux où il y a des rassemblements de populations. Ce qui fait, qu’à l’heure actuelle, en dehors du Ferlo, la quasi-totalité du pays a accès à la Sonatel Mobile.

En 2005, nous sommes en train d’investir 32 milliards dans le réseau du mobile. Ce qui va augmenter les capacités du réseau de 70% par rapport à 2004. Cela, parce que le groupe Sonatel a pris conscience de ce qu’est devenue la nécessité de communiquer, de l’utilité des télécoms pour toutes les franges de la société.

Il y a quelques années, l’ensemble des planificateurs pensait que 8% ou 10% de la population devaient avoir accès au téléphone, et que, à ce niveau-là le réseau allait être plus ou moins saturé. Mais on voit que l’utilité du téléphone est telle aujourd’hui, qu’on est loin d’avoir satisfait la totalité des besoins. D’où cet effort d’investissement. Et ces efforts ont entraîné une tres forte croissance qui se mesure au nombre de clients.

Le réseau mobile, en 2002, comptait 300 000 lignes. Il est à plus de 850 000 lignes aujourd’hui. Si on compte les personnes qui ont la ligne fixe de Sonatel, nous avons plus d’un million d’abonnés. A ce volume, vous avez un peu l’allure d’un service public. Quand vous avez un si grand nombre d’usagers, cela vous donne des responsabilités particulières. Cela augmente aussi le trafic écoulé qui augmente d’année en année, de plus de 40%.

Donc l’effort d’investissement que nous faisons depuis des années a pour but de prendre en charge les besoins des populations. Nous commençons à apercevoir à l’horizon le moment où la totalité du pays sera correctement couvert. L’autre effort à porter pour nous, c’est la continuité routière. On peut prendre sa voiture, de Dakar en prenant les axes principaux, en ayant en temps normal, une couverture à peu près correcte. Notre ambition en 2005, est de poursuivre cette continuité sur Matam, Tambacounda, et plus tard, sur Ziguinchor.

On a vu ce qui s’est passé dernièrement, avec le magal de Touba où l’on s’est retrouvé avec des perturbations du réseau jusqu’à Dakar. Mis en parallèle avec vos investissements, cela pose problème.

Aujourd’hui, nous avons une véritable course-poursuite entre les extensions du réseau et les besoins des clients. Il y a des moments où nous sommes à l’aise, où le réseau a une capacité écoulée de trafic. Il y a des moments comme celui dont vous parlez, où les besoins en communications dépassent un tout petit peu les capacités, et peuvent provoquer des difficultés.

Pour revenir aux difficultés connues lors du magal de Touba, nous essayons de cultiver une politique de solidarité vis-à-vis de nos clients. Quand il y a une difficulté, tout le monde en parle et on oublie les bonnes actions qui sont menées. Ce que nous essayons de développer, c’est être avec les clients là où les besoins de communication sont plus pressants, quelles qu’en soient les conditions. C’est ainsi que des dispositions particulières sont prises chaque année pour couvrir l’ensemble des manifestations religieuses. Le magal de Touba, le gamou de Tivaouane, le pèlerinage de Poponguine. Les deux rakas à Saint-Louis. Médina Gounass, Kaolack, Ndiassane, Sokone, partout où il y a des rassemblements particuliers.

Du point de vue des flux de communication, il faut distinguer deux types de fêtes. Prenez la Korité, Pâques, Noël, Tabaski, sont toutes des occasions où il y a une hausse générale du trafic. Mais la particularité, c’est que cette hausse est générale et homogène sur l’ensemble du pays. C’est ce que nous appelons dans notre jargon, « le pic du trafic ». En revanche, le problème est plus ardu lorsqu’il s’agit d’offrir le service à un très grand nombre de personnes dans un espace géographique limité et dans un intervalle de temps limité. J’aimerais que les gens le comprennent. Offrir le téléphone le jour de la Tabaski, de la Korité ou à Noël, à tout un ensemble de personnes dans leur environnement habituel, ou que toutes ces personnes se retrouvent en un seul coin du pays, à un moment donné, et veulent téléphoner, ce n’est pas le même paramètre. Je vais prendre l’exemple du magal de Touba. En 2003, nous avions installé, 12 Bts (Relais qui augmentent la couverture du réseau, Ndlr) pour couvrir l’événement. Cela s’est bien passé. On a dépensé 960 millions pour la couverture du magal. En 2004, on a placé 20 bts supplémentaires et l’installation a coûté 1,6 milliards. Le bilan a montré qu’il y a eu quelques perturbations entre 12 h et 13 h ce jour-là. En 2005, c’est 32 Bts d’installés. Nous avons dépensé 2,4 milliards pour leur installation. A partir du 21 mars, tout fonctionnait très bien.

Mais, le trafic a monté selon les arrivées de pèlerins, et la nuit du 28 on a enregistré des alertes de surcharge du réseau. Une partie des abonnés de Touba avait été raccordé sur le réseau de Dakar. On a utilisé le Msc de Dakar au secours de Touba. Et cette centrale de Dakar, qui peut supporter jusqu’à 380 000 appels à l’heure, qui est le pic des trafics les jours de fête, est passée jusqu’à 734 000 tentatives d’appels à l’heure, soit 93% d’augmentation par rapport aux limites normales. Cela a provoqué une perturbation du réseau pour ceux qui étaient dans l’environnement immédiat de la mosquée et à Dakar. Parce que nous avons raccordé le centre de communication de Dakar pour Touba. Les réseaux ont été saturés dans l’environnement de la mosquée de Touba, et à Dakar.

En revanche, le trafic était fluide dans les quartiers périphériques de Touba. Nous avons eu beaucoup de compréhension de la part de nos clients qui comprennent qu’il n’est pas facile de prendre 2 millions, 3 millions de personnes, la moitié de nos clients mobiles, concentrés dans un périmètre, et de leur promettre que, lorsqu’ils décrochent leur téléphone, ça va marcher automatiquement. Dans le cadre actuel du développement des technologies, je ne peux pas promettre que 3 millions de Sénégalais, qui se trouvent en un périmètre donné, qui veulent utiliser leur téléphone de manière intensive, de leur assurer une couverture parfaite. En tout cas, on fait de notre mieux.

Il ne vous a pas échappé qu’au Vatican, lors des obsèques du Pape, les réseaux étaient saturés. C’est un exemple qui montre que ce n’est pas toujours facile de gérer ces genres de situations.

L’expérience de Touba servira-t-elle pour le gamou de Tivaouane ?

Nous avons préparé le gamou de Tivaouane dans les mêmes dispositions que le magal de Touba. Nous avons multiplié la capacité de Tivaouane. Cette capacité en temps normal, est multipliée par cinq pour le gamou. Pour le gamou, tout le monde ne va pas à Tivaouane. Nous avons pris les dispositions pour Médina Baye où nous avons augmenté les capacités de 50%. A Ndiassane et ailleurs aussi. Ici l’effort est un peu plus dispersé, et c’est une différence particulière avec Touba.

Les prochains pèlerinages de Touba courent-ils le risque de connaître les mêmes perturbations ?

Pas forcément. J’ai indiqué que nous étudions le modèle qui convient le mieux année après année. Les installons faites à Touba au magal ne sont que provisoires. Peut-être qu’un jour, il y aura des installations permanentes. Il faut comprendre l’arbitrage qu’il faut faire sur une question économique, pour une manifestation qui dure trois jours. Il est difficile d’envisager d’immobiliser les choses. Mais selon l’importance des pèlerins, on peut être amené à renforcer les installations. On ne peut pas faire des installations de tres grandes envergures qui ne sont utilisées que pour deux ou trois jours, au maximum. Les gamous et magal se sont très bien passés jusqu’ici, avec peu de dysfonctionnements. Les 32 milliards d’investissement de 2005 vont permettre justement de prendre en compte ces problèmes. Mais je ne peux promettre que, dans les mêmes conditions, il n’y aura pas quelques perturbations.

N’avez-vous pas le sentiment de chercher parfois vous-mêmes les problèmes, comme avec les promotions que vous avez opérées, il y a quelque temps ?

Je ne souhaite pas revenir sur un incident sur lequel on a largement parlé au mois de janvier dernier. Mais cet incident nous a fait prendre conscience de ce besoin très important de communication de nos clients. Ce besoin de communication est peut-être beaucoup plus important que nous ne le pensions. Et ce constat est traduit dans les investissements. Mais nous ne cherchons pas les problèmes.

Vous savez, le téléphone renseigne sur beaucoup d’aspects sociologiques. Objectivement, le téléphone est devenu plus important. Aujourd’hui, on parle beaucoup de la mobilité urbaine. Mais chacun de nous peut voir le lien qu’il y a entre la difficulté de bouger et la propension d’utiliser son téléphone.

Nous sommes dans un contexte où les besoins de communication s’accélèrent. Notre défi à nous, c’est d’accélérer le mouvement, pour ne pas être en déphasage. C’est ce que nous faisons.

Puisque la société tire beaucoup d’avantages de son partenariat avec ses clients, n’est-il pas naturel que ces derniers en tirent aussi un profit ?

Je voudrais tout simplement signaler une chose. Sonatel Mobiles fait de résultats importants, et nous nous en félicitons. Je pense que c’est la finalité d’une entreprise qui est bien gérée, de faire des résultats importants. Je ne peux pas communiquer les chiffres réalisés, parce que nous sommes dans un processus d’entrée en bourse, et cela est réglementé. Mais notez que nos investissements, en ce qui concerne Sonatel Mobiles, sont supérieurs à nos résultats. Cela montre l’effort de prise en charge du développement de ce réseau. Nous sommes une entreprise qui essaie de recruter des jeunes, qui essaie de faire promouvoir les télécoms dans le pays, d’emmener le téléphone le plus loin possible dans le territoire. Tout le monde est d’accord aujourd’hui que le service minimum que quelqu’un puisse avoir, c’est de disposer du téléphone mobile. C’est la raison pour laquelle, nous avons un programme ambitieux, comme je l’ai dit, de développement de la téléphonie rurale. Donc le développement, d’ici 2010, c’est de couvrir la totalité du pays. Pour 2008, nous voulons couvrir tous les villages importants. Une entreprise qui ne fait pas de résultats ne pourrait pas supporter un tel programme.

Vous avez une couverture de 6630 villages à ce jour, sur les 14 000. A quand la couverture totale ?

Il nous est plus facile de programmer sur le court et le moyen termes. Mais il y a deux indicateurs qui nous ont guidés à ce jour. Le premier est le taux de couverture de la population. A ce niveau, vous n’êtes pas sans savoir que la population sénégalaise est concentrée dans des axes. Notamment, autour de la vallée du Fleuve Sénégal, sur la Côte, et le long des routes. Aujourd’hui, plus de 85% de la population est au signal Alizé. Maintenant, les deux nouveaux axes de développement, c’est le rural, dans sa dimension de service universel. C’est-à-dire, couvrir la totalité des villages, même là où il n’y a pas de concentration. La totalité est quelque chose envisagée pour les années 2010, je crois. L’autre axe, c’est la baisse des coûts de connexion pour que, dans les zones couvertes, les personnes qui ne l’ont pas encore été, du fait de la faiblesse de leurs revenus, puissent être touchées.

Un spécialiste des télécoms a déclaré il n’y a pas longtemps que le peuple sénégalais n’a pas le service télécom qu’il mérite, au regard du prix qu’il paie.

Sur les prix, je peux prendre à témoin l’ensemble de nos clients. C’est que, depuis plus de 15 ans, le groupe Sonatel, et Alizé par la suite, s’est résolument inscrit dans une politique régulière de baisse de tarifs à chaque fois que les gains de productivité le permettent. Et je crois que, hormis l’année de la dévaluation, il n’y a jamais eu d’augmentation de prix du téléphone. Au contraire, chaque année, il y a une baisse de l’indice de prix du téléphone. Franchement, je ne connais pas beaucoup de secteurs de notre économie qui se soient inscrits dans une telle logique de baisse. Si je compare les prix des denrées d’alimentation, ou d’autres productions, que je n’ai pas besoin de citer, je vois plutôt des hausses. Tous les gens qui voyagent beaucoup, et notamment les étrangers qui viennent dans notre pays, nous rendent cette justice, en signalant l’extraordinaire niveau des prix au Sénégal. Ce qui ne nous empêche pas de reconnaître que certaines couches de la population ont encore du mal à accéder au téléphone. Ce qui nous pousse à maintenir notre niveau d’investissement et de recrutement.

Le débat, à l’heure actuelle au Sénégal, porte sur la vente d’une troisième licence de téléphone. Pensez-vous qu’il y a de la place pour un autre opérateur ?

Personnellement, je ne rentrerais pas dans ce débat. Je considère que notre mission est de satisfaire de notre mieux les clients, et je me tiens à cela. Le service du téléphone est d’une très grande sensibilité. Les gens ne supportent pas d’incident même minime sur le réseau, quand ils supportent vaillamment d’autres perturbations. Nous nous faisons un sacerdoce de construire un réseau de téléphone de la plus grande qualité possible pour satisfaire nos clients et continuer à cheminer avec eux. Si un troisième opérateur vient participer au jeu, pourquoi pas ?

Mohamed GUEYE

(Source : Le Quotidien, 14 avril 2005)

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