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Le Sénégal à l’heure du Net par Karine Portrait

jeudi 26 octobre 2000

image 640 x 480 Un campus numérique vient d’être inauguré à Dakar. Objectif : former enseignants et étudiants aux nouvelles technologies. Interview d’Olivier Sagna qui vient de publier une étude sur l’évolution des télécommunications au Sénégal.

Ces temps-ci, le Sénégal met Internet à toutes les sauces. Déjà, en septembre, le gouvernement annonçait la connexion de 2000 villages d’ici 2002. Lundi 22 octobre, Youssou N’dour a lancé le projet "Joko" ("lien" en wolof) qui prévoit d’installer plusieurs centres Internet au Sénégal. Avec des objectifs classiques : réduire la fracture numérique et former les jeunes aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Le lendemain, l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) et les universités de Dakar et de Saint-Louis inauguraient le campus numérique de la capitale sénégalaise.

Former les enseignants

Installé en bordure de la faculté de Dakar, ce bâtiment de 800 m2 pourra accueillir près de 800 personnes par jour. Au rez-de-chaussée, s’alignent quatre salles d’auto-formation avec une centaine d’ordinateurs et un auditorium pour la visioconférence. Au premier étage, un incubateur de jeunes entreprises high-tech et un centre de ressources qui va permettre aux enseignants de produire des contenus multimédias spécifiques. "Notre première mission, explique Richard Aubry, le directeur du centre, c’est de faire basculer les enseignants sénégalais dans le monde des NTIC et donc de les former. Ça va prendre du temps : ici, sur 800 professeurs, 200 seulement pratiquent Internet." 3 millions de francs français ont été investis. Mais, à terme, le campus doit fonctionner par autofinancement. L’accès est payant et les tarifs ont été établis en fonction des revenus. Prix réduit pour les étudiants avec 3 francs français de l’heure et plein tarif, 50 francs français, pour le secteur privé. Un projet qu’Olivier Sagna a suivi de près. Ce Sénégalais de 41 ans est secrétaire général d’Osiris (Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal) et a publié en août une étude sur l’évolution des télécommunications. Cet enseignant des Sciences de l’information à l’université de Dakar explique comment ce campus numérique va modifier le fonctionnement de l’université sénégalaise.

Interview.

Qu’est ce que ce campus numérique va apporter aux enseignants et chercheurs de l’université de Dakar ?

En premier lieu et sans hésiter : un meilleur accès à la documentation scientifique disponible sur Internet. Les enseignants vont pouvoir s’informer en temps réel des progrès de la recherche internationale et y puiser les éléments nécessaires au développement de leurs propres travaux. Le but, c’est aussi d’apporter une meilleure visibilité à la recherche africaine. À l’heure actuelle, faute de revues locales, les travaux scientifiques de notre continent sont peu, voire pas du tout, diffusés. Avec ces outils, il va être possible de lancer des revues électroniques à faible coût et avec un impact potentiel important.

Avant cette installation, il n’y avait pas d’accès Internet à l’université ?

Si, mais de manière restreinte. Il y avait juste quelques salles avec quelques ordinateurs connectés, mais les étudiants s’en servaient essentiellement pour leur mail. Internet n’était pas un outil de travail, ni pour les enseignants, ni pour les étudiants. Ce campus offre des outils qui permettent d’intégrer les NTIC dans la pédagogie universitaire. Ça peut aller du télé-enseignement à la recherche de documentations sur Internet. Ce qui va donc modifier les manières d’enseigner... À partir du moment où un enseignant utilise ce type de ressources, il enseigne autrement. Ce qui était dicté aux élèves, par exemple, pourra être diffusé sur l’Intranet, voire sur Internet. Les professeurs auront donc plus de temps pour expliquer et approfondir leurs cours. Cela suppose que les étudiants travaillent autrement, qu’ils soient plus autonomes et qu’ils fassent preuve d’initiative. Ils ne devront plus seulement ingurgiter un savoir prémâché mais être acteur de leur apprentissage.

Les professeurs au Sénégal sont-ils suffisamment formés aux nouvelles technologies pour assurer ce changement ?

Aujourd’hui, la réponse est clairement non. Mais c’est aussi un des objectifs de ce projet : lancer un programme de formation des enseignants et des chercheurs. Les premières sessions ont été lancées et, à terme, il faut que tous les enseignants soient formés aux nouvelles technologies. C’est la condition essentielle pour que ce campus fonctionne efficacement.

Propos recueillis par Karine Portrait (Transfert 26 octobre 2000)

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