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Le Cnp exige une participation significative des capitaux privés locaux

samedi 3 juillet 2004

Le Conseil National du Patronat (Cnp) du Sénégal dit Non à toute libéralisation du secteur des télécommunications sans participation significative des capitaux privés locaux. Ils l’ont fait savoir hier, lors de la concertation nationale sur la libéralisation des télécommunications.

Plusieurs professionnels privés locaux évoluent déjà dans le secteur des télécommunications et sont prêts à investir davantage. Aussi, pour El Hadj Mactar Diop, membre du bureau exécutif du Conseil national du patronat (Cnp), par ailleurs président de l’Organisation des professionnels des Technologies de l’information et de la communication (Optic), ces professionnels ne demandent que Transparence et Soutien de l’Etat comme cela se fait dans les pays développés et émergents. "Il ne peut y avoir d’Etat fort à côté d’un Secteur Privé Local faible", estime monsieur Diop, et "Ce qui est Bon pour le Secteur Privé Local est bon pour le Sénégal", ajoute-t-il. Selon lui, le secteur privé local doit prendre la place qui lui revient dans le secteur des télécommunications, dans le contexte, aujourd’hui, d’un niveau de dialogue public-privé favorable.

Fort de cet état de fait, le CNP sollicite de la part de l’Etat une participation minimale de 51 % du secteur privé local pour, dit M. Diop, "que la valeur ajoutée générée reste au Sénégal." Et ce, quel que soit le schéma choisi : duo-pôle global fort avec ou sans opérateurs locaux, de segments ou de niches.

Toutefois, le Cnp se dit "pas favorable au mécanisme d’attribution de licence aux enchères", et est disposé, dans le cadre de la concertation publique-privée, à définir ensemble un mécanisme adéquat et adapté à notre environnement.

Les garde-fous

Dans cette logique, ils souhaitent que certaines activités soient uniquement placées sur le régime de la déclaration et non de la licence.

Les activités en question tournent autour de la fourniture de services à valeur ajoutée et de contenu : quelque soit le canal emprunté (voix, données, internet, WAP, sms, MMS, etc.). Pour M. Diop, la fourniture de services à valeur ajoutée doit être libre si le prestataire s’engage à respecter le cahier des charges techniques de l’opérateur, et déclare ne pas véhiculer un contenu prohibé ; La revente de bande passante ; La transmission de données.

Bref, tous les segments utilisant les ressources rares telles que les fréquences devront, selon El Hadj Mactar Diop, "faire l’objet d’une régulation efficace pour pour éviter l’anarchie et la chute de la qualité de service."

Par ailleurs, la terminaison et l’origination devront faire l’objet de contrôle du niveau des tarifs, pour qu’ils soient à un niveau acceptable pour être une activité rentable pour les opérateurs. En outre, le coût des licences devra être symbolique, aux yeux du Cnp.

Outre que l’Etat doit promouvoir l’investissement dans les régions du Sénégal, le Cnp, non sans suggérer que l’activité d’Homologation des équipements dévolue à l’ART puisse être réalisée par des sociétés privées de droit sénégalais agrées, pense que l’Etat doit aussi favoriser l’émergence d’opérateurs régionaux.

Cette vision du Cnp, si l’on en croie M. Diop, "privilégie l’accroissement de la richesse nationale générée par ce secteur, une contribution plus forte à la valeur ajoutée du secteur par des entreprises évoluant à tous les niveaux (en amont, au coeur et en aval) du secteur, une meilleure redistribution des gains de productivité, et la satisfaction des consommateurs."

Aussi, prônant une action commune et coordonnée entre tous les acteurs, dans le cadre d’une concurrence saine, le Cnp n’en met pas moins l’accent sur la nécessité de donner à l’Agence de Régulation des Télécommunications (Art) et des Départements Ministériels concernés, les moyens et les pouvoirs d’une bonne régulation et réglementation.

Malick NDAW

(Source : Sud Quotidien 3 juillet 2004)

Post-Scriptum

Sur des bases claires

Beaucoup d’acteurs du secteur privé en sont convaincus : Tout ce qui est bon pour la Sonatel n’est pas forcément bon pour le Sénégal, la majorité du capital de cette société étant détenue par une société étrangère. Il n’empêche, la fin du monopole dans le secteur des télécommunications ne doit pas signifier le triomphe de la loi de la jungle dans laquelle, chacun pourrait se permettre de faire n’importe quoi, n’importe où et à n’importe quel prix, sous prétexte de pouvoir conquérir une part de marché. Aussi, l’indépendance de l’autorité de régulation des télécommunications, dotée des moyens humains, techniques et financiers indispensables à l’exercice de sa mission, l’adoption d’un nouveau code des télécommunications fixant clairement les droits et les devoirs des différents intervenants du secteur, sont d’autant plus importants que les enjeux de la libéralisation du marché des télécommunications sont énormes. Puisse l’Etat en prendre conscience.

M. N

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