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La téléphonie cellulaire un secteur dynamique au Sénégal

vendredi 27 octobre 2000

Alors qu’on attend toujours l’arrivée sur le marché sénégalais d’un troisième opérateur, les autorités sénégalaises viennent de retirer la seconde licence de téléphonie mobile cédée en novembre 1998 à la SENTEL, une société créée par le Millicom Cellular International.

Le gouvernement sénégalais accuse le groupe de ne pas avoir respecté ses engagements

"Le contrat entre l’État sénégalais et la SENTEL est un peu trop léonin. Nous dénonçons ce contrat et la licence sera prochainement vendue aux enchères, au plus offrant. Le cas de Alizé est à l’étude".

Ces propos de M. Mamadou Diop Decroix, ministre de la Communication, marquent l’annonce officielle du retrait de la licence de SENTEL.

La décision prise en conseil des ministres, le 12 octobre, est motivée par un chapelet de critiques à l’endroit de SENTEL allant de retards de paiement de redevances, à la mauvaise qualité du réseau, en passant par le retard dans la couverture du territoire et la non tenue de la promesse concernant le versement de 2 pour cent des investissements annuels pour le développement des télécommunications au Sénégal.

Les redevances sont au nombre de trois. La société est tenue de verser à État 50 millions de francs Cfa par an pour la cession de la licence, 10 millions de francs par an pour la mise à disposition de canaux (1dollar=700FCFA). Elle doit également attribuer 2 pour cent des investissements par an au développement du secteur.

La SENTEL a rejeté ces accusations. Non seulement, elle ne reconnaît aucun retard de paiement, mais elle estime être en avance sur le plan de couverture du territoire prévu dans le cahier des charges et assure que 2,7 PC de son investissement ont été consacrés à la formation et à la recherche en 1999.

La SENTEL indique, par ailleurs, avoir installé un réseau "in-door" de bonne qualité.

"Les autorités ne peuvent porter des jugements sur notre réseau, alors que, jusqu’à ce jour, nous n’avons fait l’objet d’aucune vérification officielle de la part de la Direction des études et de la réglementation des Postes et Télécommunications" se défend la Direction générale de la SENTEL.

Au-delà de cette polémique, il faut faire remarquer que les autorités sénégalaises n’apprécient pas du tout que la licence ait été cédée à la SENTEL à 50 millions de francs, alors que tout récemment, la Mauritanie a vendu sa première licence à près de 20 milliards de francs et que le Royaume du Maroc a tiré 780 milliards de la vente de sa seconde licence.

Le cas de Alizé, le premier réseau de cellulaire, appartenant à la Société nationale de télécommunications (SONATEL), désormais privatisée, est actuellement à l’étude.

Il y a peut-être de quoi s’inquiéter, quand on sait que la première licence a été accordée à la SONATEL au franc symbolique.

Cependant, ce n’est point l’avis de certains responsables de la société. Alizé, rappellent-ils, est une filiale à 100 PC de la SONATEL et cette filialisation est intervenue bien après la privatisation de 1997, qui a vu France Télécom prendre un bloc stratégique de 33,33 PC des actions pour 70 milliards de francs.

Cette somme incluait, selon eux, le service mobile.

D’un autre côté, il n’est pas exclu que la SENTEL, qui est "autorisée à participer à la vente aux enchères "reprenne" sa licence. Elle va peut-être attraper cette perche tendue par le gouvernement.

Dans un communiqué, la société fait remarquer que "la pratique des ventes aux enchères est récente (courant 1999) et a débuté par le Maroc, suivi du Kenya et de la Mauritanie pour lesquelles notre groupe Millicom a participé régulièrement, et que toute la manœuvre ne servira donc qu’à revoir à la hausse la valeur de la deuxième licence".

Au siège social de la société, tout reste normal. Les abonnements continuent comme à l’accoutumée.

Les 45.000 abonnés, inquiets dans un premier temps, ont sans doute été rassurés par les garanties des autorités sur la continuité du service pendant la période transitoire et surtout, par le fait que leur appareil fonctionne normalement, la réadaptation de la messagerie promise de longue date par la société étant maintenant effective.

Mais, "nous restons vigilants car, malgré tout, nous ne savons pas encore comment se passera la succession si la Sentel se retire définitivement. Qu’en sera-t-il des abonnés, des services déjà offerts et des prix pratiqués actuellement", s’interroge M. Alassane Pablo Fall, secrétaire général de l’Association des usagers du téléphone, de l’eau et de l’électricité du Sénégal (ADETEELS).

De manière implicite, certains consommateurs espèrent qu’à l’occasion de la renégociation du contrat, le coût de la communication sur le deuxième réseau sera plus abordable.

Dans ses critiques, le gouvernement n’avait pas omis les prix. Pour l’illustrer, le ministre de la Communication s’est livré à quelques comparaisons.

"Le tarif plein de communication locale GSM au Maroc coûte 110 F HT contre 200 F HT au Sénégal. Sur l’international, c’est respectivement 150 F/MN contre 300 à 400 F, a fait remarquer M. Mamadou Diop Decroix.

On s’attend donc à quelques ré-adaptations dans ce secteur très dynamique au Sénégal.

Outre Alizé et SENTEL, un troisième opérateur est attendu dans le courant de l’année prochaine.

Le processus de sélection, engagé avant le changement à la tête du pays, a été interrompu par le nouveau pouvoir, qui "attend de clarifier les conditions d’attribution des deux premières licences".

Depuis l’irruption de SENTEL, en avril 1999, les offres se sont nettement améliorées. Alizé a un réseau national, alors que SENTEL prévoit cette couverture nationale pour l’année prochaine.

Actuellement les deux réseaux, Alizé et SENTEL, proposent une dizaine de services notamment l’identification de l’appelant, l’indication d’appel en instance, le double appel, la liste rouge, le "roaming" ou l’option monde (possibilité d’appeler et d’être joint à l’extérieur du Sénégal), la messagerie vocale.

Pour le moment, la messagerie écrite est une réalité sur le premier réseau et une promesse chez SENTEL. (à suivre)

Dakar - Les campagnes de promotion de deux sociétés concurrentes se multiplient avec à l’appui des encarts publicitaires à pleine page, au grand plaisir des journaux dakarois. Les usagers ont pu bénéficier surtout d’une baisse des prix d’accès au réseau.

Avec SENTEL, les abonnements sont passés de 25.000 F au lancement à 12.000 F en décembre 1999, puis 10.000 F depuis avril dernier. Mais la SENTEL propose uniquement le système de pré- paiement (abonnement Hello) avec des cartes d’appel de 5.000 F à 100.000 F. L’abonnement ordinaire nécessite en effet une lourde installation (de facturation et de suivi de la clientèle) dont seule Alizé dispose pour le moment.

L’abonné du cellulaire étant par définition mobile, la filiale de la Sonatel s’entoure de certaines garanties pour ce genre d’abonnement (dénommé Téranga). Les candidats sont tenus de fournir deux factures d’électricité, d’eau ou de téléphone portant le même nom et la même adresse, preuve de leur domiciliation. Il est aussi demandé une caution de 44.000 F.

En cas d’impayés jugés excessifs, non seulement l’abonnement cellulaire est coupé, mais aussi le téléphone fixe. En plus de cela, Alizé dispose de systèmes de pré-paiement, Diamono et Diamono Jeunes, dont l’accès coûte 25.000 F ou 15.000 F.

L’avantage est actuellement au premier réseau, qui fournit la messagerie écrite contrairement à la SENTEL. Mais, "ce service sera disponible très prochainement sur notre réseau", assure la direction du marketing de SENTEL.

La téléphonie mobile est actuellement très répandue au Sénégal, essentiellement à Dakar, la capitale. Elle n’est plus comme il y a deux ou trois un accessoire de luxe et de frime.

Toutes les occasions inspirent aux deux entreprises des campagnes de promotion devenues quasi-permanentes : rentrée scolaire, fêtes de fin d’année, vacances, Saint Valentin, fête des mères et autres fêtes religieuses (de la Pâques au ramadan en passant par la Pentecôte et la Tabaski).

Alizé est passé rapidement de 22.110 abonnés en décembre 1998 à plus de 100.000 actuellement.

En 18 mois, la SENTEL a, de son côté, dépassé les 45.000 abonnés. A tel point que les deux réseaux comptent plus de 150.000 abonnés contre environ 200.000 lignes fixes au Sénégal, en attendant l’arrivée du troisième opérateur mobile.

C’est que le cellulaire est très pratique et plus accessible. "Je n’ai pas de téléphone chez moi, mais avec moins de 20.000 F j’ai pu m’abonner. Si bien que désormais, je suis joignable partout et je ne pense même pas à avoir une ligne fixe", confie Amadou Gningue commerçant à Sandaga.

Le système de pré-paiement a beaucoup facilité cet accès dès le départ. L’abonnement initial est valable pour 8 mois sans obligation d’achat de cartes d’appel, mais avec la possibilité d’en recevoir.

Beaucoup de personnes aux revenus modestes peuvent ensuite faire l’effort d’acheter une carte d’appel de 5.000 F (la valeur minimale) de temps à autre. Sans compter que l’abonnement est une formalité simple qu’on peut confier à une tierce personne ou aller effectuer soi-même en une dizaine de minutes sur présentation d’une pièce d’identité. Contrairement au téléphone fixe, dont l’installation est facturée à près de 50.000 F.

Bouger en toute liberté, dit le slogan. C’est ce que fait un grand nombre d’abonnés dont les cellulaires ne sont en fait que des "répondeurs portables". Ils n’ont pas rejoint le réseau GSM pour appeler les autres, surtout que la minute de communication est trois fois plus chère.

"Non, ah non, moi, pour appeler je vais dans les cabines téléphoniques. Le portable, c’est pour ceux qui ont besoin de me joindre", explique Alphonse Coly.

"Je suis agent commercial et je passe toute la journée à aller de gauche à droite. Au moins, celui qui appelle est sûr de me trouver. D’ailleurs, moi-même, je préfère généralement prendre les numéros de portables de mes correspondants. C’est plus sûr. J’achète une carte à peu près tous les trois mois".

Certaines sociétés de la place ont souscrit des abonnements collectifs pour leur personnel.

C’est le cas du Gorée Institute, qui en a fait bénéficier 16 de ses 33 employés, avec en prime un forfait de communication de 75.000 F par mois.

"IL s’agit de gens qui gèrent des projets ou de chauffeurs que nous avons besoin de joindre en toute circonstance. Pour d’autres, nous avons comblé, en même temps, l’absence de ligne fixe chez eux pour qu’il ne soit pas isolé, sans contact possible avec l’Institut", déclare Ousseynou Guèye, directeur adjoint chargé des projets.

Il est important de noter que cette mobilité a nettement dopé les prestations des radios privées de Dakar.

Ainsi, des reporters équipés de téléphone cellulaire ont les moyens "de faire du direct en toute circonstance".

Cet aspect a pris un relief particulier à l’occasion de l’élection présidentielle de février et mars 2000, en permettant à ces médias de faire en temps réel une couverture quasi permanente du scrutin.

Le téléphone cellulaire est donc un outil de travail indispensable que certains groupes de presse ont veillé très tôt à mettre à la disposition de leur rédaction.

(Source : Panafrican News Agency 27 ocotbre 2000)

Dakar, Sénégal

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