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La révolution de la monnaie électronique

lundi 2 août 2004

La plupart des articles sur les nouvelles formes de monnaie électronique les font passer pour un gadget supplémentaire. Quelle différence entre sortir une carte à puce de son portefeuille ou un porte-monnaie de sa poche ? Est-ce si important ? Ces nouveaux moyens de paiement font penser aux vitres électriques des voitures ou aux commandes à distance des TV. On vivrait sans doute tout aussi bien sans.

Mais les médias ne prennent pas suffisamment en compte l’avenir et ne comprennent pas l’étendue des changements qui interviendront quand les consommateurs et les entreprises exploiteront toutes les potentialités offertes par le développement des nouveaux moyens de paiement électronique. Ce ne sont pas des gadgets, mais des outils qui vont contribuer à transformer l’économie mondiale.

La monnaie électronique a deux atouts majeurs qui vont sans doute accélérer sa diffusion. Le premier est d’ordre intellectuel, la monnaie électronique va stimuler la créativité. Le deuxième est sa contribution au développement de la mondialisation par l’accroissement de l’emploi et des usages d’internet et la facilité qu’elle offre pour des interactions entre des personnes disséminées aux quatre coins de la planète. Ces deux atouts réunis vont permettre à des millions de cerveaux de collaborer beaucoup plus efficacement qu’ils ne l’ont jamais fait.

Pour comprendre tout le potentiel de la monnaie électronique, reportons nous à Lydia (la Turquie actuelle) où la monnaie a été inventée au 7° siècle avant JC, et en Chine où elle a été inventée tout à fait indépendamment. C’était un progrès important, qui de ce fait s’est diffusé très rapidement. La raison en est évidente. Avant l’invention de la monnaie, le commerce dépendait des métaux précieux. Mais avant chaque transaction, il fallait découper le métal à la taille voulue et le peser. Cela nécessitait de se déplacer avec des balances, des poids et parfois avec des outils pour découper le métal. Les archéologues trouvent encore des balances sophistiquées à double plateau (probablement très coûteuses à l’époque) et des poids dans des bateaux marchands qui ont coulé à l’Age de bronze. Mais la plupart des gens n’en avaient pas. Une autre difficulté tenait à l’utilisation indifférenciée des métaux précieux pour réaliser des transactions, car il fallait alors inspirer suffisamment confiance ou avoir une expertise en la matière pour garantir que le métal était pur. Le même problème se posait avec les autres objets utilisés en guise de monnaie, qu’il s’agisse de pierres précieuses ou de coquillages, leur valeur était difficile à établir.

Il n’était donc pas commode de réaliser de petites transactions avant l’invention des pièces de monnaie identiques et normalisées et le commerce était sans doute essentiellement limité à des transactions importantes entre partenaires fortunés. L’introduction de la monnaie a permis le développement de nouveaux genres de transactions. Par exemple, il devint facile de vendre de la nourriture au détail. Mais ce n’est pas là le plus important, car l’invention de la monnaie a grandement aidé à la diffusion de la connaissance - la vente des livres, du savoir et de l’enseignement devenant aisée. C’est l’invention de la monnaie qui explique en partie pourquoi le monde antique autour de l’ancienne Lydia et la Chine de la dynastie des Han étaient plus développés que le reste du monde.

Ceci nous montre que le coût des transactions conditionne en grande partie la structure économique. Les nouvelles formes de monnaie réduisant ce coût, la richesse et la complexité de l’économie augmentent. La diminution de ce coût permet de réaliser des transactions incroyablement plus modestes. Grâce aux dernières moutures de monnaie électronique, il est possible de vendre dans le monde entier des millions de petites choses à des millions de gens.

Les réseaux de cartes bancaires facturent en général leur service aux commerçants 0,25 dollar par transaction plus 2 ou 3% du montant de cette dernière. Avec un coût de service structuré de cette manière, il est difficile de faire des ventes pour moins de 10 dollars et impossible de vendre des articles inférieurs à un dollar, le coût de la transaction annulant le bénéfice.

Grâce à leurs logiciels de paiement, des sociétés de micropaiement comme Paypal (créé en 1998), Yaga (créé en 2000), Peppercoin (créé in 2001) et BitPass (créé en 2002) offrent des coûts de transaction beaucoup plus bas que les réseaux de cartes bancaires, ce qui permet d’augmenter considérablement le nombre de transactions. Une entreprise peut maintenant facturer un service moins d’un dollar (par exemple l’accès à une page web) et réaliser un bénéfice significatif grâce au volume des transactions.

Les sceptiques disent que le public est réticent à payer pour acheter une production intellectuelle sur support électronique, car il est habitué à l’acquérir pour rien. C’est ce que l’on disait il y a des années au sujet de la télévision par câble, mais les bons programmes de TV ne sont pas diffusés gratuitement et il en est de même pour les autres créations intellectuelles. Les sceptiques ne prennent pas en compte les profonds changements induits peu à peu dans nos comportements par les nouvelles technologies tandis que nous découvrons leurs potentialités.

Nous avons en exemple le succès de iTunes, le disquaire virtuel d’Apple qui vend de la musique pour 0,99 dollar par chanson. Créé en 2003, iTunes Music Store a dépassé récemment les 100 millions de vente, ce qui est sans nul doute un volume important. Or iTunes vend une forme de production intellectuelle, les autres formes vont suivre.

Il sera passionnant de voir les nouvelles formes de contenu intellectuel qui seront inventées dans les années et les décades à venir. La monnaie électronique déclenchera une révolution économique - que ce soit en ligne ou pas - qui sera peut-être aussi radicale que celle engendrée par nos lointains ancêtres qui ont inventé les pièces de monnaie.

Robert J. Shiller

(Source : Le Journal de l’Economie, 2 aout 2004)

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