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La Sonatel ne raccroche pas au nez des nouveaux opérateurs

samedi 17 janvier 2004

"Nous n’avons pas peur bien que nous sachions que le secteur des télécommunications ne peut pas échapper à la libéralisation. Mais il faudrait que l’on nous associe à ce processus". Le personnel de la Sonatel donne ainsi le ton, à travers cette déclaration d’Ibrahima Konté, président de l’Intersyndicale de la Sonatel. Au cours d’un point de presse tenu hier, les travailleurs de la Sonatel regroupés au sein de trois organisations syndicales de l’entreprise (Syts avec Ibrahima Konté, Sntpt avec Gabou Guèye, Synes avec Mamadou Kâne) et de l’Amicale des cadres de la Sonatel avec El Hadj Sarr, ont tenu à apporter leur pierre à l’édifice du processus de libéralisation du secteur des télécommunications. Dans un document rendu public et intitulé Contribution du personnel de la Sonatel à la libéralisation du secteur des télécommunications, les travailleurs de la Sonatel, comme ils l’avaient fait lors de la privatisation, entendent, selon le président de l’Intersyndicale, "jouer (leur) rôle d’éclairage et d’alerte". Loin d’eux l’idée de défendre bec et ongles leur entreprise, mais, soulignent-ils, dans ce processus de libéralisation, "l’opérateur historique doit jouer un rôle clé". "Il faut qu’on nous associe à la réflexion de cette question", a laissé entendre le secrétaire général du Syts. Et pour Mamadou Kâne du Synes d’ajouter que "cette libéralisation doit être concertée, utile et transparente".

Conformément au cahier des charges, l’Etat du Sénégal a décidé de procéder à l’ouverture totale du marché des télécommunications. Cette décision qui relève des prérogatives légalement conférées à l’Etat, n’a pas empêché la Sonatel de se préparer en conséquence. En effet, malgré les possibilités offertes par le cahier des charges en son article 3.2.2, cette société n’a jamais demandé une prolongation du monopole, considérant que la libéralisation menée dans de bonnes conditions peut être une chance historique pour le développement du secteur. L’Intersyndicale et l’Amicale des cadres de la Sonatel définissent les enjeux économiques et sociaux de cette libéralisation en mettant l’accent sur le rôle assigné au Sénégal, chargé de piloter le volet Ntic du Nepad. Sous ce rapport, ils suggèrent la mise en place d’un cadre fiscal, juridique et réglementaire approprié et transparent qui instaure un environnement de confiance, favorable à la promotion des investissements de la part d’opérateurs crédibles. Comme ils l’ont déjà souligné, les travailleurs jouent une fonction d’alerte, car, note Konté, "nous avons une certaine expertise qu’il faut écouter". Dans ce secteur où la fluidité et la spéculation sont chaque jour au rendez-vous, il faut, selon l’Intersyndicale de la Sonatel, que le gouvernement fasse des choix crédibles. Les travailleurs de la Sonatel alertent l’opinion sur un certain nombre de risques. "Il ne faut pas que cette libéralisation soit une boîte à pandores. Si elle est mal maîtrisée, elle peut devenir une calamité pour le pays, déstabiliser le secteur des télécommunications et compromettre ainsi tous les acquis".

Le premier risque cité est la sauvegarde de l’outil. Avec le rôle moteur que joue la Sonatel dans l’économie du pays, "toute décision ou pratique visant à fragiliser ou à déstabiliser l’opérateur historique doit être évitée".

Autre préoccupation des travailleurs de la Sonatel, "l’Etat doit veiller à ce que le cadre garantisse le service universel". Sur ce point, l’Intersyndicale et l’Amicale des cadres de la Sonatel attirent l’attention du gouvernement. Pour eux, l’Etat doit éviter une concentration sur les niches et secteurs géographiques rentables. Autrement, il doit veiller à ce que les opérateurs de niches, s’il en existe, participent à l’investissement pour le développement des réseaux et des services, mais aussi évitent la dégradation de la qualité du service.

Leur alerte porte aussi sur une possible baisse des recettes de l’Etat, avec d’éventuelles fraudes fiscales pouvant entraîner une concurrence déloyale et un manque à gagner pour l’Etat. Pour éviter cela, l’Etat doit veiller, selon les travailleurs et les cadres de la Sonatel, à la solvabilité des opérateurs, car un manque de solidité financière peut entraîner l’insécurité au niveau de l’emploi et des services proposés aux usagers. Pour eux, il ne faut pas oublier que le marché du Sénégal dans le domaine des télécommunications est un marché étroit. "Il fait à peine la taille d’un quartier de Paris", selon Gabou Guèye du Sntpt. Par conséquent, "il ne faut pas qu’il soit atomisé et anarchique". Sinon, ce sont les opérateurs privés nationaux qui vont être vulnérables, ce qui les empêcherait "d’être crédibles sur les marchés hors du Sénégal".

Malgré ces inquiétudes, les travailleurs de la Sonatel n’ont pas manqué de citer les avantages majeurs d’une libéralisation du secteur des télécommunications au Sénégal. Parmi ceux-ci, on note le développement des infrastructures du réseau, la création d’emplois stables, l’accroissement des recettes de l’Etat, l’amélioration substantielle de la politique d’éducation, la diversification des services et offres tarifaires au profit des consommateurs et le service universelle.

Issa NIANG

(Source : Wal Fadjri 17 janvier 2004)

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