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Fraude sur les appels entrants : Tigo réclame plus de 3 milliards aux présumés faussaires

vendredi 17 mai 2013

L’affaire d’une fraude sur les appels entrants démantelée par la gendarmerie de Thiong en août 2011 a été jugée hier, devant le tribunal correctionnel de Dakar. Les deux prévenus de nationalité Cap-verdienne encourent 5 ans de prison ferme et une amende de 5 millions de francs CFA.

Association de malfaiteurs, accès frauduleux à un système informatique, élaboration d’un réseau de télécommunication ouvert à un public et escroquerie portant sur les deniers. Ce sont les infractions reprochées aux deux ressortissants cap-verdiens Alias Texeira et Edna Barbosa. Il résulte des débats d’audience, que les prévenus bénéficiant de la complicité d’un certain Miguel basé au Portugal, avaient installé à Dakar, un système permettant de détourner les appels internationaux. Il s’agissait de faire passer des appels internationaux pour des appels locaux.

Selon les explications d’un technicien à la Sonatel, avec ce trafic la minute d’appel qui coûte par exemple 100 francs est revendue à 75 francs CFA par les fraudeurs. Dans ce cas, ce sont les opérateurs de téléphonie et même l’État qui y perdent. Toujours est-il que les prévenus devaient chacun recevoir la somme de 1000 euros, soit 655.000 francs CFA. Le système mis en place a marché pendant 21 jours, soit 3.000 minutes d’appel par jour. Le pot aux roses a été découvert quand Tigo a constaté une baisse des appels internationaux.

A cet effet, l’opérateur de téléphonie avait demandé aux revendeurs de cartes de signaler tout acheteur s’approvisionnant en grande quantité et régulièrement en puces. Ainsi le nommé Malang Sagna dit Valdo, en fuite, a été dénoncé par un vendeur. Ce qui a permis d’arrêter l’informaticien Alias Texeira et Edna Barbosa dans un appartement sis à la rue Carnot. Sur place, un dispositif ultra sophistiqué composé, entre autres, de Sim box, moniteur, a été découvert par les policiers.

Devant la barre, Alias Texeira a laissé entendre qu’en venant à Dakar, le nommé Miguel l’a chargée de surveiller le serveur parce qu’il avait souvent des problèmes de connexion. A cet, il était chargé d’insérer des puces dans le système installé par Miguel, avant son arrivée. Reconnaissant avoir parfois acheté une centaine de puces, il a soutenu qu’il ne pensait pas commettre un délit. Car, se justifie-t-il, ‘’les puces étaient achetées en toute légalité. Le prévenu, propriétaire d’une société en informatique, a laissé entendre qu’il voulait juste aider Miguel, en tant que partenaire.

3.000 minutes d’appels journaliers au détriment de Tigo et Orange

‘’J’étais venue à Dakar pour chercher un visa pour les Pays-Bas où vit le père de mon enfant. C’est dans ce cadre que Miguel m’a proposé son appartement’’, s’est défendue Edna Barbosa. Pour l’Agent judiciaire de l’État, les prévenus cherchent à se tirer d’affaire, mais ils ont voulu profiter de la controverse sur les appels entrants pour saigner l’État du Sénégal et les opérateurs. Pour la réparation, Babacar Bâ réclame la somme forfaitaire de 500 millions de francs CFA.

Abondant dans le même sens, le conseil de Sonatel a réclamé le franc symbolique. Avec des arguments techniques, Me Oumou Sow a expliqué comment Alias a pu mettre en place ce système. ‘’Il n’était pas à Dakar pour un travail élémentaire consistant à insérer des puces, mais il est le cerveau, car c’est un ingénieur en informatique’’, a déclaré l’avocat, avant de réclamer des dommages et intérêts d’un montant de 3 milliards 726 millions de francs CFA. Le représentant du parquet a requis une peine de 5 ans de prison et une amende de 5 millions contre les prévenus. Contre Malang Sagna, Baye Thiam a requis la même peine, tout en demandant au tribunal de confirmer le mandat d’arrêt lancé contre le prévenu.

Aux yeux de Me Abdou Dialy Kane, la peine aussi bien que les demandes des parties civiles sont excessives. A l’image de l’AJE qui a relevé que ce dossier révèle des imperfections dans les télécommunications, Me Ibrahima Ndiaye a estimé que Tigo et Orange ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes. ‘’Il leur appartient de mettre en place un réseau qui n’est pas poreux au lieu de penser au profit’’, a déploré l’avocat. Pour son confrère Me Kabaz, les prévenus doivent être relaxés, sinon bénéficier d’une application bienveillante de la loi. Délibéré le 20 juin prochain.

Fatou Sy

(Source : Enquête, 17 mai 2013)

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