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Fin du monopole des télécommunications : Sentel dans le fil de la Sonatel

lundi 5 juillet 2004

Les opérateurs du téléphone au Sénégal se rejoignent pour appeler une libéralisation du secteur qui soit synonyme de développement plutôt qu’une régression. A la première journée des concertations sur la libéralisation du secteur des télécommunications qui a eu lieu la semaine dernière, le directeur général de la Sonatel, M. Cheikh Tidiane Mbaye a vu son plaidoyer renforcé par celui de Matjas Sawodnik. Le nouveau directeur de la société de téléphonie mobile Sentel a notamment souhaité que l’ouverture du secteur ne donne pas lieu à la pagaille qui s’est instaurée dans un pays comme le Bénin où quatre opérateurs se partagent le marché mais où l’accès ne s’est pas amélioré pour le grand public et le téléphone est beaucoup plus cher qu’au Sénégal. Sawodnik pense donc que « l’enjeu de la libéralisation devrait être de donner une alternative aux opérateurs de télécentres, de contribuer à la réduction de la fracture numérique, de stimuler l’investissement et l’innovation ».

M. Mbaye, de son côté, considère également que la libéralisation devrait contribuer à augmenter les investissements dans le secteur, ce qui favoriserait la croissance et le développement du secteur. A côté de cela, le directeur de la Sonatel trouve également que la libéralisation « favorise la compétition entre les différents acteurs du secteur, crée une croissance de l’emploi, et favorise l’innovation ». Un autre point, qui n’est pas des plus négligeables, est l’accroissement des recettes de l’Etat.

Les journées de concertation sur la libéralisation du téléphone fixe se tiennent à quelques jours de l’échéance contractuelle du monopole de la Sonatel sur ce secteur. Après la privatisation de cette société par l’introduction du privé dans son capital, l’État avait accordé à cette société le monopole de l’exploitation du téléphone fixe pour une durée de sept années qui prend fin le 19 de ce mois. Le Quotidien, a le premier, attiré l’attention de l’opinion et des autorités sur l’approche de cette échéance et sur l’état d’impréparation qui entourait cette question (Voir Le Quotidien n°308, 313 des 12 et 17 janvier et 356 du 3 mars 2004).

Le Premier ministre, Macky Sall, a rappelé de façon opportune, à la cérémonie d’ouverture, que « le secteur des télécommunications représente 6% du Pib et est en forte croissance, notamment du fait du marché de la téléphonie mobile dont le potentiel de croissance est estimé aujourd’hui par les experts à plus du double du marché actuel ». Les télécommunications participent à 4% dans la création des emplois au Sénégal, en particulier dans la gestion des télécentres. Dans l’accès au fixe et à l’Internet, le Sénégal vient en tête des pays de la sous-région ouest-africaine et il ambitionne de concurrencer les pays du Maghreb. Macky Sall attire toutefois l’attention sur les efforts qui doivent être accomplis, et dans différents domaines. Mme Safiétou Ndiaye Diop, le ministre de la Culture, représentant son collègue, Joseph Ndong des Postes et Télécommunications, en a cité quelques-uns : « L’amélioration du taux de dessertes rurale et urbaine, la démocratisation de l’Internet, l’accroissement des investissements privés par une participation plus accrue des privés national et international dans le secteur, la promotion des Tics, le financement du service universel. » Une libéralisation dite responsable est donc le leitmotiv de tous les acteurs. Ils souhaitent qu’elle favorise une « concurrence saine de tous les acteurs », ce qui interpelle directement l’Agence de régulation des télécommunications (Art). Cheikh Tidiane Mbaye et Matjas Sawodnik considèrent que l’autorité devrait veiller à ce que des aventuriers, soucieux de gagner rapidement et facilement de l’argent, ne viennent investir dans des « niches financièrement rentables » et négligent la téléphonie rurale, par exemple.

Dans ce dernier domaine, la Sonatel, l’opérateur monopolistique à ce jour, révèle que son cahier des charges lui imposait de raccorder 760 villages en 2003. « Bien que nous n’avons pas raccordé toutes les localités de la liste, nous avons tout de même pu raccorder 940 villages. Ce nombre va passer à 950 localités en 2005 ».

Dans le domaine des télécommunications, le Sénégal a quatre ans de retard sur les pays du Maghreb, déclare Cheikh Tidiane Mbaye. Le patron de la Sonatel est convaincu qu’une libéralisation sagement menée peut aider à combler rapidement ce gouffre.

Mohamed GUEYE

(Source : Le Quotidien 5 juillet 2004)

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