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Économie du numérique : les 3 piliers

samedi 2 juin 2012

L’Afrique subsaharienne tarde à profiter de tout le buzz autour du potentiel que représentent le mobile et les technologies de l’information et de la communication en général. Ce potentiel ne sera exploité que lorsque les techniciens, développeurs, entrepreneurs (nos ingénieux) exposeront de la meilleure manière leurs projets à travers des événements à forte audience. C’est à ce moment là que les investisseurs se rueront pour participer à l’émergence d’économies soutenues par l’industrie des technologies de l’information.

Des ingénieux pour innover à partir des besoins des populations

L’émergence d’une économie soutenue par le numérique dans les régions d’Afrique est conditionnée par la mise à disposition d’outils/applications utiles aux populations locales. Il est donc primordial de comprendre les besoins des populations. Pas seulement celles qui se trouvent dans les capitales, mais aussi les populations rurales. Il faut donc des personnes qui sachent observer et écouter ces populations. Les applications et autres systèmes n’auront pas tous du succès, mais plus il y en aura, plus il y aura de chance de voir naître des perles. C’est aussi à ces ingénieux d’organiser des rencontres et événements pour faire connaître ce qu’ils font.

Une communauté et des événements pour montrer ce qui se passe

Les ingénieux ont obligation de travailler ensemble afin de mettre en place une communauté (ou hub) forte. Au Kenya, la naissance de Ushahidi à Nairobi a permis de fédérer les développeurs et autres porteurs de projets autour d’un hub technologique nommé iHub. Cette communauté elle-même est si active que toutes les bonnes idées et les bons projets bénéficient d’un écho très large.

En termes de communauté, nous avons Akendewa à Abidjan. Après 3 ans et fort de ses 3300 sympathisants, Akendewa va bientôt inaugurer son tech hub (un coworking space couplé à un incubateur). C’est aussi le cas de Jokkolabs à Dakar qui a d’abord mis en place son tech hub autour duquel est en train de naître une communauté.

Les événement ont l’avantage de créer le buzz autour des innovations. Et en Afrique, il y en a de plus en plus. En Côte d’ivoire, par exemple, il y a les JNTIC et surtout barcamp abidjan qui offrent une place de choix aux développeurs d’applications et aux innovateurs. En plus des rencontres centrées sur la présentation de produits et l’éducation des populations, les concours sont d’excellents moyens d’emmener les innovateurs à se surpasser.

Les événement ont l’avantage de créer le buzz autour des innovations. Et en Afrique, il y en a de plus en plus.

Pivot East (du 5 au 6 juin) récompense les 25 meilleures applications de l’année. Le mobileHackAf qui se déroulera le 8 septembre prochain mettra à l’épreuve plusieurs dizaines de développeurs d’Afrique francophone. C’est aussi le cas du concours Africa News Innovation Challenge qu’organise l’AMI (African Media Initiative) avec le soutien de Google. Tous ces événements permettent d’attirer l’attention des utilisateurs, des médias et surtout des investisseurs sans qui l’on ne peut faire fonctionner ces innovations à grande échelle.

L’arrivée des investisseurs

Ces derniers n’arriveront que lorsqu’ils se rendront compte du dynamisme de l’écosystème. Lorsque les investisseurs entrent en jeu, il favorisent la naissance de grosses startups et de futurs géants. Les idées et projets jusque-là contenus dans les placards et ordinateurs de certains porteurs de projets, prennent vie et sont commercialisés à grande échelle. Ce qui implique la création d’emplois. L’impact des investisseurs se ressentira aussi au niveau des autorités contraintes de mettre en place un cadre légal approprié.

Le cadre légal sera trivial

Ces trois piliers (ingénieux, événements, investisseurs) identifiés doivent venir idéalement dans l’ordre mentionné pour créer un environnement sain et propice à l’innovation technologique. La volonté politique, quant à elle, ne vient que lorsque nos dirigeant ont la preuve palpable d’un impact positif de l’écosystème technologique sur l’économie. C’est ainsi que l’on peut aisément se retrouver dans un cycle positif.

À ce jour le quasi monopole des opérateurs mobile est un frein

L’économie numérique en place est pilotée par les entreprises de téléphonie mobile. Ces entreprises détiennent tout, et tout ce qui doit arriver passe par elles. À voir leurs fonctionnements dans certains pays, l’on pourrait même croire que les autorités de régulation de ces pays, sont inexistantes. Pourtant ces entreprises sont très appréciées par les populations grâce à leur capacité d’embauche et leurs moyens marketing et communication qui font d’elle les sponsors éternels du moindre événement.

À côté des telcos, vous avez les agences parmi lesquelles très peu peuvent se vanter d’avoir une activité exclusivement liée aux Technologies de l’Information. Ce n’est pas rare de voir une agence web qui propose des service de flocage pour T-shirt. Ces agences tentent tant bien que mal de mettre à disposition leurs compétences tout en sachant que pour l’instant leurs potentiels clients n’ont d’yeux que pour les Telcos. Ces telcos proposant elles-mêmes les mêmes services que ces agences web et autres prestataires pour mobile.

Difficile de commercialiser un produit en Afrique lorsqu’on n’est pas telco

La situation est encore plus difficile pour les innovateurs, développeurs et autres ingénieux qui créent des solutions répondant aux besoins des populations. Lorsque qu’un développeur crée une application mobile dans un pays comme la Côte d’Ivoire, il lui faut par exemple un "short-code" (vous savez ces : 82222, xxxxx, à taper pour avoir un service sms) si son application est de type sms. Et ce short code coûte plus d’1 million de F CFA par an.

L’alternative est de se rapprocher d’une agence agréée à "partager" des codes. Là encore, il faudra payer environ 500 000 F CFA. Ce qui lui donnera le droit d’utiliser un code commun à plusieurs développeurs avec un identifiant de service qui lui sera propre. Vous comprenez que ces applications restent sur les ordinateurs de ces développeurs qui n’ont pas les moyens de s’offrire des codes. Et s’il souhaitent vraiment voir leurs applications utilisées, ils peuvent toujours se rapprocher des opérateurs mobiles qui acceptent de les lancer sous leur marque selon un modèle de partage de contenu non négociable.

La combinaison "ingénieux / événements / investisseurs" a fait ses preuves au Kenya ou en Afrique du Sud. Et les exemples naissants au Sénégal et en Côte d’Ivoire permettent de parier sur une future Sillicon Valley africaine qui aura la particularité d’être décentralisée.

Jean-Patrick Ehouman

(Source : Jeune Afrique Economie, 2 juin 2012)

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