OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2002 > Mars > La révolution sociale

La révolution sociale

lundi 18 mars 2002

Internet

Cybercafés, petits opérateurs privés, éditeurs de logiciels, et maintenant parcs technologiques africains : Internet favorise l’esprit d’entreprise. Et pas seulement chez les étudiants.

« Plus que des chiffres en hausse, ce que nous voulons entendre c’est qu’Internet aura aidé les pauvres à accroître leurs revenus ! » Cette remarque en forme de mise en garde de Richard Heeks, spécialiste du développement à l’Université de Manchester, pose clairement la question de la finalité d’Internet. Il est d’ores et déjà certain que de nouveaux emplois et de nouvelles entreprises ont vu le jour grâce au Réseau informatique mondial.

L’exemple du Sénégal est significatif. En 1992, l’opérateur historique Sonatel autorisait sous certaines conditions l’exploitation de « télécentres » privés, en remplacement des cabines téléphoniques publiques, onéreuses et régulièrement endommagées.

« Chaque télécentre possède deux lignes équipées d’un compteur permettant au client de vérifier le nombre d’unités d’appel », explique Gaston Zongo, du Centre de recherche pour le développement international (CRDI) à Dakar. Constatant qu’une ligne exploitée par un télécentre lui rapportait quatre fois plus qu’une ligne normale, Sonatel décide courant 1995 de libéraliser totalement l’ouverture de ces points d’accès au téléphone. Leur nombre explose alors que le prix des communications baisse de 35 % sous l’effet de la concurrence. Plus de 10 000 télécentres sont aujourd’hui exploités au Sénégal. La plupart ont élargi leur offre de service, ainsi que l’explique Olivier Sagna, secrétaire général de l’Observatoire des systèmes d’information, des réseaux et des inforoutes au Sénégal, dans un rapport sur les NTIC publié en janvier 2001 sous l’égide de l’ONU : « Outre le téléphone, les télécentres offrent la télécopie et des services de bureautique. Nombre d’entre eux s’équipent de modems pour permettre à leurs clients d’accéder à Internet, contribuant ainsi à décentraliser, à démultiplier et à démocratiser son accès. »

C’est dans ce contexte porteur que se sont également multipliés les cybercafés et les fournisseurs d’accès Internet (FAI), petits opérateurs locaux tirant parti des technologies VSAT ou BLR. Ces technologies sans fil nécessitent peu d’investissements en comparaison des infrastructures traditionnelles : entre 10 000 et 20 000 dollars (11 500 et 23 000 euros) d’achat d’équipements (ordinateurs et antennes). « En Afrique, beaucoup d’entrepreneurs rêvent de devenir fournisseurs d’accès Internet », renchérit Gary Goldenberg, directeur général d’Alvarion, fabricant français des solutions de BLR connues sous la marque Breezcom. La société dessert toute l’Afrique de l’Ouest à partir de Paris, grâce à un réseau d’intégrateurs locaux. « Je reçois entre 50 et 100 e-mails par semaine de jeunes étudiants qui souhaitent acheter nos solutions et devenir fournisseurs d’accès à Internet. » Un engouement qui s’explique par la forte rentabilité de ces activités.

Outre l’accès au Réseau, ces FAI locaux proposent des services de téléphonie sur Internet ainsi que des cartes prépayées. Au seul Sénégal, on estime le nombre d’emplois induits par ces NTIC à plus de 200 000. « Ces télécentres contribuent au développement du petit commerce, occasionnent des petits travaux aux artisans et créent de l’emploi », précise encore Gaston Zongo. Le boom économique lié aux NTIC est également sensible au Cameroun ou en Côte d’Ivoire ; et la Tunisie et le Maroc commencent à s’intéresser à ces technologies sans fil.

Touchant toutes les couches sociales - et pas seulement les étudiants - l’esprit d’entreprise atteint son apogée avec l’émergence de technopoles regroupant en un même lieu géographique des instituts de recherche, des start-up et des fonds de capital-risque. Après Gauteng en Afrique du Sud et El-Ghazala en Tunisie, c’est la ville marocaine de Casablanca qui s’est dotée l’an dernier de sa première technopole. Ce Technopark, situé sur un parc de 30 000 m2 surnommé « Goldorak », a démarré concrètement ses activités en octobre dernier. Pour Nasr Hajji, secrétaire d’État chargé de La Poste et des Technologies des télécommunications et de l’information (SEPPTI), « l’ouverture du Technopark représente une étape majeure dans la concrétisation de la stratégie e-Maroc ».

La clé de ce projet, initié par un symposium national tenu il y a un an à Rabat, a été la création d’une société mixte à capitaux publics et privés. Baptisée MTIC (Moroccan Information Technopark Company), cette société compte à son tour de table le SEPPTI ainsi que plusieurs banques marocaines dont la BCM, la BMCE Bank et Wafabank. Suivant l’exemple de Casablanca, la ville de Bouznika s’est mise sur les rangs : elle aura sa technopole avant 2005.

Pénalisées par l’absence d’infrastructures de téléphonie, les zones rurales, où vivent 45 % de la population du continent, restent très en marge de cette transformation économique. Plusieurs opérateurs font de leur mieux pour tenter de remédier à ce déséquilibre. Ils réservent un pourcentage de leurs investissements à ces zones défavorisées. Sonatel, qui consacre 15 % de ses investissements aux zones rurales, a pris en compte le problème pour l’ouverture de ses télécentres : « Leur répartition géographique est nettement moins inégalitaire que celle des lignes téléphoniques classiques », constate Olivier Sagna.

Quelques associations tentent également d’ouvrir au monde les régions défavorisées. « La quasi-totalité des villages africains est privée des moyens de communication les plus élémentaires », explique Bruno Jaffré de Coopération Solidarité Développement aux PTT (CSDPTT). Cette « ONG technologique », créée par des employés de France Télécom mais indépendante de l’opérateur français, tente par ses actions de pallier les insuffisances de la logique du marché. L’association agit sur le terrain depuis 1988. Son dernier projet, mené avec l’aide de l’opérateur local, a consisté à installer un poste de téléphonie sans fil alimenté par des panneaux solaires dans quatre villages de la région de Toma, au Burkina Faso. Le projet s’accompagnait d’une étude sociologique, confiée à André Nyamba, professeur d’ethno-sociologie et spécialiste en sociologie de la communication de l’université de Ouagadougou. « L’appropriation de la technologie par la population est une préoccupation constante de notre démarche », explique Bruno Jaffré. Le CSDPTT travaille actuellement à la diffusion d’Internet dans une banlieue d’Antananarivo. D’un budget d’environ 30 000 euros, le projet prévoit, à Sabotsy Namahena, la mise en place d’infrastructures Internet au service de la commune et d’une population comptant 8 000 enfants scolarisés. Elle aussi accompagnée d’un volet sociologique, cette action s’appuiera sur l’expérience de l’ONG ENDA Tiers Monde, qui a mené un programme similaire (Cyberpop) au Sénégal, à Dakar.

Autre facette de la profonde mutation sociale qui se dessine sur le continent : Internet s’apprête à modifier sensiblement les relations entre administrations et administrés. C’est par exemple le cas au Maroc, où les projets d’administration en ligne avancent à grands pas. Plusieurs organismes publics projettent de mettre sur Internet des informations et des formulaires à destination des particuliers comme des entreprises. C’est la solution choisie par l’administration des douanes ou de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (Ompic) qui se sont lancées dans l’aventure l’an dernier.

Pour Karim Zaz, le directeur de Wanadoo Maroc, « Internet s’avère un formidable levier de développement social » qui règle le problème des barrières géographiques : « Un jeune chômeur à Ouarzazate n’a plus besoin de se rendre à Marrakech, Internet lui donne directement accès aux offres d’emploi disponibles et lui permet de déposer son CV à partir de n’importe quel cybercafé. » La multiplication de ces expériences d’administration en ligne devrait créer un effet boule de neige favorable à la généralisation de l’usage du Réseau des réseaux en Afrique.

(Source : Jeune Afrique, 18 mars 2002)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2606/2981 Régulation des télécoms
  • 286/2981 Télécentres/Cybercentres
  • 2035/2981 Economie numérique
  • 1095/2981 Politique nationale
  • 2981/2981 Fintech
  • 309/2981 Noms de domaine
  • 1388/2981 Produits et services
  • 923/2981 Faits divers/Contentieux
  • 486/2981 Nouveau site web
  • 2817/2981 Infrastructures
  • 1035/2981 TIC pour l’éducation
  • 150/2981 Recherche
  • 190/2981 Projet
  • 2337/2981 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1158/2981 Sonatel/Orange
  • 938/2981 Licences de télécommunications
  • 205/2981 Sudatel/Expresso
  • 618/2981 Régulation des médias
  • 860/2981 Applications
  • 627/2981 Mouvements sociaux
  • 1023/2981 Données personnelles
  • 134/2981 Big Data/Données ouvertes
  • 351/2981 Mouvement consumériste
  • 253/2981 Médias
  • 369/2981 Appels internationaux entrants
  • 1098/2981 Formation
  • 69/2981 Logiciel libre
  • 1195/2981 Politiques africaines
  • 576/2981 Fiscalité
  • 111/2981 Art et culture
  • 385/2981 Genre
  • 1297/2981 Point de vue
  • 753/2981 Commerce électronique
  • 914/2981 Manifestation
  • 201/2981 Presse en ligne
  • 87/2981 Piratage
  • 199/2981 Téléservices
  • 678/2981 Biométrie/Identité numérique
  • 259/2981 Environnement/Santé
  • 236/2981 Législation/Réglementation
  • 231/2981 Gouvernance
  • 1158/2981 Portrait/Entretien
  • 96/2981 Radio
  • 431/2981 TIC pour la santé
  • 173/2981 Propriété intellectuelle
  • 41/2981 Langues/Localisation
  • 679/2981 Médias/Réseaux sociaux
  • 1270/2981 Téléphonie
  • 125/2981 Désengagement de l’Etat
  • 611/2981 Internet
  • 95/2981 Collectivités locales
  • 305/2981 Dédouanement électronique
  • 760/2981 Usages et comportements
  • 595/2981 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 399/2981 Audiovisuel
  • 2080/2981 Transformation digitale
  • 272/2981 Affaire Global Voice
  • 123/2981 Géomatique/Géolocalisation
  • 240/2981 Service universel
  • 411/2981 Sentel/Tigo
  • 130/2981 Vie politique
  • 1036/2981 Distinction/Nomination
  • 25/2981 Handicapés
  • 497/2981 Enseignement à distance
  • 415/2981 Contenus numériques
  • 348/2981 Gestion de l’ARTP
  • 119/2981 Radios communautaires
  • 1279/2981 Qualité de service
  • 304/2981 Privatisation/Libéralisation
  • 168/2981 SMSI
  • 394/2981 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1600/2981 Innovation/Entreprenariat
  • 768/2981 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 30/2981 Internet des objets
  • 107/2981 Free Sénégal
  • 483/2981 Intelligence artificielle
  • 193/2981 Editorial
  • 2/2981 Gaming/Jeux vidéos
  • 15/2981 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous