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Les contours de la libéralisation

lundi 5 juillet 2004

Le secteur des télécommunications va être libéralisé le19 juillet prochain. En prélude à cette échéance une concertation a réuni ce 1er juillet les opérateurs, les syndicats de travailleurs et les associations consuméristes pour des propositions sur les contours de la libéralisation. Il a été aussi question de faire l’état des lieux du secteur et de dresser les perspectives du marché sénégalais.

Le dynamisme du secteur des télécommunications se reflète dans l’économie sénégalaise à plusieurs niveaux. De l’avis de M. Olivier Brun consultant associé à IneumConsulting, le secteur des télécommunications pèse plus de 6 % du Produit intérieur brut et contribue à hauteur de 4 % à la création d’emplois salariés tant dans le secteur formel que le secteur informel. Il s’y ajoute que de nombreux opérateurs sont apparus en 5 ans et ont participé au développement du secteur. Selon M. Brun, le marché sénégalais s’articule entre trois opérateurs et de nombreuses petites et moyennes entreprises (PME) dynamiques. En dehors de Sentel, de la Sonatel intervenant dans la téléphonie fixe et sur le mobile, le marché compte 60 à 100 grossistes distributeurs mobiles et cartes prépayées fixe comme West Télécom et Macsym Technologie. Mais selon les explications du consultant, il faut souligner que « nombre d’acteurs ont néanmoins une valeur ajoutée télécom faible ».

S’agissant du taux de pénétration du marché, M. Brun soutient que le fort développement de la téléphonie mobile a tiré la croissance du marché en volume ces dernières années. Le Sénégal a un taux de croissance estimé à plus de 44% sur le mobile et 1,5% sur le fixe. Ce rythme de croissance fait que le Sénégal se situe au niveau des pays d’Afrique du Nord en 2000 a révélé M. Brun. Ce dernier souligne que le marché du mobile s’est développé avec des offres prépayées adaptées aux enjeux de maîtrise du budget des ménages et du revenu des opérateurs.

Cette vitalité dans le secteur de la téléphonie mobile et sur le fixe est la même sur l’Internet. Le consultant de IneumConsulting précise qu’on retrouve le même positionnement régional pour le Sénégal pour la croissance des utilisateurs d’Internet.

Dans cet environnement des télécommunications, la téléphonie fixe représente encore plus de 60% du marché en valeur. Par ailleurs, M. Brun ajoute que si le nombre d’abonnés au téléphone fixe a été dépassé par le mobile en 2001, le trafic du fixe est trois fois plus élevé que celui du mobile et continue de croître. En outre, si on prend en compte la spécificité des télécentres qui représentent le tiers du trafic, le taux d’accès du fixe avoisine les 50 à 70 %. Cependant, il faut souligner que le développement de la téléphonie en milieu rural reste très en retard avec moins de 1% de croissance.

Sur le volet des prix M. Brun révèle que les prix du marché sénégalais sont orientés à la baisse, sur l’international pour le fixe, et quelle que soit la destination pour les mobiles.

De l’avis du Premier ministre Maky Sall, malgré cette embellie « il reste beaucoup à faire notamment en termes de pénétration, de développement de services et de compétitivité ». Pour le Premier ministre, si le Sénégal veut garder sa place de leader en Afrique de l’Ouest, il faut dés à présent « entreprendre, plus que par le passé, des actions d’impulsion, d’incitation et d’encadrement » du secteur des télécommunications. Le Premier ministre annonce que « le 20 juillet 2004 sera le 1er jour d’une ère nouvelle pour l’Etat, car il marque la possibilité pour de nouveaux opérateurs bénéficiant d’autorisations d’opérer dans le cadre réglementaire défini ». Dans l’optique de la mise en place de ce cadre réglementaire, les opérateurs actuels, syndicats et organisations consuméristes ont donné leur vision sur la libéralisation.

Pour Cheikh Tidiane Mbaye, le directeur général de la Sonatel, la libéralisation devra permettre une consolidation des acquis existants, un développement des infrastructures de télécommunication pour suivre le rythme de croissance sur le plan mondial. La libéralisation devra prendre en charge la question du Service universel qui englobe le développement de la téléphonie rurale. A ce sujet, le directeur général de la Sonatel annonce que la Sonatel peut continuer à assurer la gestion du Service universel avec un nombre limité d’opérateurs. Par ailleurs, M. Mbaye a insisté sur la nécessité d’un cadre réglementaire pour une bonne libéralisation. Cette préoccupation d’un cadre réglementaire est partagée par M. Matjas Sawodnik, le directeur général de Sentel. Ce dernier, penche pour une libéralisation progressive échelonnée par « palier » avec une croissance équilibrée entre les acteurs. Sur le mode de libéralisation, M. Sawodnik pense le schéma peut porter sur la « portabilité du numéro » ou sur le « roaming national ».

Sur un autre registre, Mouhamed Diop de « SISTA » une association d’opérateurs privés, pense que dans le cadre de la libéralisation « l’approche économie » devrait être adoptée au lieu de privilégier « l’approche technologique ». Par ailleurs, M. Diop ajoute que l’Etat doit « sortir du capital de la Sonatel » pour éviter des confusions institutionnelles. Car soutient-il « Etat actionnaire et régulateur pose problème ».

Le conseil national du patronat (CNP) par la voix de El Hadji Makhtar Diop, président de l’Organisation des professionnels des technologies de l’information et de la communication (Opict), prône une « participation des capitaux privés locaux ». Le CNP souhaite 51% du secteur pour le privé local. Le président de l’Opict rejette « le mécanisme de licence aux enchères » dans le schéma de libéralisation et propose le principe d’une « déclaration pour les futurs opérateurs ».

Les associations consuméristes comme SOS consommation de Me Massokhna Kane et l’Ascosen de Momar Ndao en appellent à un renforcement de l’autorité de régulation pour protéger les consommateurs. Cette autorité de régulation de l’avis de M. Brun qui est l’Art devra par l’intermédiaire de l’observatoire des marchés veiller à l’évolution des parts de marché des opérateurs, l’évolution tarifaire afin de résoudre les contraintes tarifaires sur les prix de détail et les prix en gros.

Sady Ndiaye

(Source : Le Journal de l’Economie, 5 juillet 2004)

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