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« La 2STv va fermer … »

lundi 7 juillet 2014

On le retrouve dans son repaire d’un hectare à Bel Air, route des Hydrocarbures qui abrite de nombreux studios, sur le perron des cars de productions, sont en stationnement des véhicules tout terrains… El Hadj Ndiaye, sweat shirt gris, bas blouson bleu, est assis devant un ordinateur portable, l’air studieux, mais l’homme bout à l’intérieur. Il n’est pas content du Contan (Comité national de pilotage de la transition de l’audiovisuel analogique au numérique) et menace de fermer sa télé si les autorités ne font pas preuve de clarté dans la gestion du passage de l’analogie vers le numérique. Le patron de la 2STv et de Racines Tv, connu pour son franc-parler, met les pieds dans les plats. Sans concession, El Hadj Ndiaye dit ses vérités. Toutes crues.

Flou dans la gestion du CONTAN : « Il y a des filous autour de la Présidence »

« J’ai toujours crié et décrié qu’il y a des filous qui sont autour de la Présidence de la République, qui sont dans l’Etat et qui essaient de mettre leurs pattes dans n’importe quelle sauce et qui ne savent pas où l’Etat doit aller. L’histoire de la numérisation, je l’ai dit et je le répète, l’Etat doit associer les propriétaires des contenus et les propriétaires des signaux pour discuter avec eux. On est d’accord pour que l’Etat trouve des Providers pour faire ce qu’il a à faire, c’est le rôle de l’Etat. C’est tout à fait normal. Mais le chef de l’Etat leur avait dit qu’il ne pouvait rien faire sans associer les propriétaires des chaînes de télé. Malheureusement, à notre grande surprise, le Comité national de pilotage de la transition de l’audiovisuel analogique au numérique (Contan) ne fait même pas d’appel d’offres, c’est un appel à candidatures. On vous dit : « Est-ce que tu peux faire ça ? Combien ça coûte ? Et à quel prix tu nous le fais ? Alors d’accord tu nous le fais. » Dans un pays de droit où il y a des règles de jeu, je ne peux pas comprendre que les gens ne s’occupent même pas de conditions. Je dis non, je ne marcherai pas.

Il faut que les gens sachent comment on va y aller, comment on va prendre nos chaînes pour les diffuser ? Sur quel tube on va les diffuser, sur quel satellite ? Qu’est-ce qui contrôle les points d’accès ? Qu’est-ce qui contrôle la diffusion ? Jusqu’où s’arrête la diffusion, où commence-t-elle ? On a des contrats avec des bouquets à l’étranger, comment va-t-on résilier ces contrats ? Comment va-t-on faire ces contrats-là ? Ce sont des questions que j’ai toujours posées, mais qui n’ont jamais eu de réponses. J’ai posé la question au Président de la République, je lui ai écrit, mais c’est toujours sans réponse. »

Fermeture de la 2STV : « Pourquoi je ferme la 2STV »

« Je ne suis pas embarqué dans rien s’agissant du passage de l’analogie vers le numérique. On ne m’embarquera jamais dans ce que je ne sais pas. Ouvrir une télé et la fermer, cela m’est égal. J’ai fait mes preuves. D’un moment à l’autre, je peux couper le signal de la 2STv et arrêter de faire de la télévision.

J’ai passé toute ma vie à investir de l’argent. Si l’Etat ne peut pas me respecter par rapport à cela, c’est que je ne suis pas digne de respect. Parce qu’ils sont 150 employés à travailler dans mes entités. Je paie 35 millions de FCfa par mois de masse salariale, je paie 6 millions de FCfa en électricité. Si l’Etat ne prend pas ses responsabilités pour appeler les gens pour leur dire : « Vous savez faire ça, vous savez faire tel autre… » C’est malheureusement comme ça que l’Etat a eu à faire lors du Fesman3 (Festival mondial des arts nègres qui s’est tenu à Dakar) et des gens se sont retrouvés en prison. Ces gens-là (ils parlent des responsables du Contan), quand ils vont le faire, ils vont tous aller en prison. Parce que ça ne passera pas. On ne peut pas se réveiller un beau matin pour acheter des émetteurs. On connaît bien notre métier. »

Rapports avec le CONTAN : « Excaf n’a même pas de contrat »

« J’ai rencontré par hasard Amadou Top, le Directeur exécutif du Contan, chez Serigne Mboup. Je lui ai dit ce que je pensais. Et je suis sorti dans un plateau de télé dans lequel, je l’ai appelé. Ce qu’ils sont en train de faire faire au Président de la République ne va aboutir nulle part. Ça aurait dû coûter moins cher à l’Etat, presque même la moitié que ce que cela va coûter. On a des factures Pro forma de l’émetteur, du satellite, je peux vous dire exactement ce que coûtent les émetteurs. Et puis, on a contracté des prêts auprès des banques pour bénéficier de financement à coup de milliards. Et tant que les émetteurs fonctionnent, les banques sont les propriétaires. Mais si on les enlève et qu’elles ne mettent pas la main sur des émetteurs indexés, cela ne leur servira à rien. Ce n’est pas l’amplificateur qui les intéresse. Jusqu’à ce jour, on nous dit que c’est Excaf Télécom qui a gagné le marché, on n’a reçu aucun document. Et apparemment, même Excaf n’a même pas de contrat. Aujourd’hui, tout le monde est inquiet et je me demande si le Président se rend compte de la gravité de la situation. Parce qu’il y a risque qu’on ne respecte pas les délais du 15 juin 2015. »

Interpellation faite à Macky Sall : « Ce que j’ai dit à Macky Sall… »

« J’ai voyagé avec Macky Sall (Président de la République) jusqu’en Tunisie et je lui ai dit ce que je pensais. Peut-être il prend son temps pour mûrir la réflexion. En tout cas, je sais qu’en juin 2015 s’ils (les gens du Contan) récupèrent leurs signaux et leurs fréquences, qu’ils fassent ce qu’ils veulent, mais je n’embarquerai jamais dans des situations que je ne connais pas. Si les gens ne me respectent pas dans mon domaine de compétence, j’ai le loisir d’arrêter de faire ce boulot. Devant l’impossible nul n’est tenu. Si dans un pays, je n’arrive pas à y avoir toute la considération, tout le respect, je préfère arrêter et aller ailleurs. Macky Sall, c’est un parent, c’est un frère, mais quand il s’agit de lui dire ce que je pense, je le lui dis. Aujourd’hui, tant que les choses ne sont pas claires, je ne discute avec personne par rapport à ça. L’Etat doit nous réunir et nous dire le montant qui a été alloué et voici celui qui a soi-disant gagné ce marché, pour nous dire comment il va faire de nos télés, et où on va, quel est le montant décaissé…, il faut qu’il y ait de la transparence dans tout ça. Même s’il s’agissait de mon fils Abdoul, je voudrais que les choses soient claires. Et puis Amadou Top, Directeur exécutif du Contan, ne peut pas nous imposer des choses, il ne peut pas gérer l’avenir de mes télévisions. On ne perd que de l’argent dans la gestion de nos télés, si on ne peut y sauvegarder notre dignité, ça ne sert à rien de se battre. »

Union des propriétaires de chaines de télé : « Il faut qu’on soit sincère »

« Il est bien beau d’appeler à une union entre les propriétaires des différentes chaînes de télé, et pour que ça soit clair, il faut que Youssou Ndour soit sincère, que El Hadj Ndiaye soit sincère, il faut que les autres jouent le jeu de façon sincère, que les choses soient d’un commun accord. Il ne s’agit pas de combattre un Etat, ni de combattre un gouvernement, mais d’aller dans une lutte pour préserver nos intérêts. Jusqu’à la fin de nos jours, tant que cette rivalité, cette concurrence déloyale qu’on se mène existe, on n’arrivera jamais à nous entendre. Parce que tout est faux. Entre ce que les gens vous montrent et ce qu’ils disent réellement, il y a un fossé et je ne suis pas dans ça. C’est pourquoi, je mène mon combat tout seul, depuis la musique jusqu’à ce jour. Si les sponsors arrivent à nous mettre la pression, c’est parce que nous sommes divisés. 2STv est la première chaîne de télé privée. Quand j’ai eu la licence, j’ai fait le tour de tout le monde. J’ai commencé par Youssou Ndour, ensuite Sidy Lamine Niass… Mais avant ça, c’était Ben Bass (Paix à son âme !) avec qui j’ai de très bons rapports. Mais tu commences à diffuser un film et tu vois aussitôt quelqu’un d’autre allait prendre ce film et commencer à le diffuser. La concurrence doit être saine, moderne. Aujourd’hui, les gens s’insultent sur les antennes et ce n’est pas faire preuve de grandeur. »

Concurrence de la RTS : « L’Etat nous encourage et nous coupe les mains de l’autre »

« Les hommes qui se succèdent à la tête de la Rts ne font que raconter des histoires. Tous les directeurs de la chaîne publique cherchent à écraser les autres chaînes de télévision et je le dis à haute voix. Alors que nous sommes capables d’aider la Rts à aller de l’avant. En France, les gens se sont levés un beau jour et les chaînes publiques ont arrêté de faire de la publicité commerciale à certaines heures. C’est pour laisser aux entreprises privées le soin de pouvoir engranger des réclames publicitaires. L’Etat dit qu’il nous encourage pour ce que nous faisons, mais de l’autre côté, il nous coupe les mains. Je me suis toujours battu contre ça. Je me suis battu pour que l’équité et la publicité reviennent aux télés. Je me suis battu contre les Eutelsat, contre les firmes qui viennent exploiter nos chaînes de télévision. J’ai toujours essayé de trouver des alliés, mais le malheur, c’est qu’il n’y a pas d’entente entre les propriétaires des différentes chaînes. Chacun croit tirer son épingle du jeu et c’est le problème fondamental. »

Mor Talla Gaye

(Source : L’Observateur, 7 juillet 2014)

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