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L’usurpation d’identité numérique : un fléau recrudescent au Sénégal !

vendredi 12 octobre 2018

L’éthique et le respect sont des expressions qui n’ont aucune importance pour les usurpateurs d’identité. Les délinquants du web trouvent aisé de vivre sous plusieurs identités pour se dissimuler, se réinventer dans la masse et ce, sous une nouvelle forme. Plus qu’un phénomène d’actualité, l’usurpation d’identité numérique est, en effet, ce type d’escroquerie sur internet visant à se faire passer pour un autre (entreprises, administrations) afin d’accéder à des données ou comptes bancaires et détourner des fonds, ou porter atteinte à la réputation d’une entreprise ou d’une personne physique.

J’en suis arrivée à conclure que le développement de la communication en ligne avait contribué à accroître le taux de la délinquance. En effet, sommes-nous réellement conscient des conséquences que peuvent engendrer l’usurpation d’identité numérique ? Pour rappel, l’usurpation d’identité numérique peut être commise sous deux formes : soit par la technique phishing ou (hameçonnage) ou par la création d’un faux site web ou d’un faut profil sur un service de réseau social.

Les dangers sont multiples en raison de la possibilité qu’offre internet d’utiliser l’anonymat. En France, l’exemple le plus emblématique d’usurpation d’identité numérique dans la jurisprudence demeure l’affaire « Omar Sy » jugée par le tribunal de grande instance de Paris 17e chambre civile le 24 Novembre 2016.

En l’espèce, un tiers avait créé une page facebook avec le nom, prénom, date de naissance et 6 photographies de l’acteur Omar Sy. De nombreux personnes pensaient alors être en contact avec le vrai Omar Sy, l’ont ajoutés comme ami et ont posté plusieurs commentaires à titre personnels.

En outre, l’adulte de 40 ans peut créer plusieurs comptes sur les réseaux sociaux et se faire passer pour quelqu’un âgé de 13 ans dans le but piéger les jeunes à des fins pédophiliques ou pédopornographiques.

Au Sénégal, nombreux sont ceux qui affirment avoir au moins une fois reçu un mail leur informant qu’ils avaient gagné une loterie à laquelle ils n’ont jamais participé. Et pour récupérer leurs gains on leur demande d’envoyer leurs données personnelles ainsi que de l’argent. Face à ce type d’agissement, il convient de souligner que des mesures s’imposent. Au Sénégal, les victimes d’usurpation d’identité numérique ne sont pas démunies de dispositifs juridiques.

Les réponses actuelles à cette problématique sont prévues par certaines dispositions du code pénal, de la loi sur les données à caractère personnel ou de la loi sur les transactions électroniques. Les infractions sont notamment réprimées par le titre V du code pénal modifié par la loi N°2016 du 8 Novembre 2016.

A titre d’exemple, le tribunal régional hors classe de Dakar, dans l’affaire N° 2114 du 3 Mai 2013 de la vidéo pornographique a eu à juger et retenir la culpabilité des auteurs d’un cas de divulgation illicite de données personnelles. Les personnes condamnées à 2 ans ferme et d’une amende de 10 000 000 FCFA. Toutefois, malgré l’existence d’un dispositif juridique coercitif au Sénégal, il y’a lieu de renforcer le cadre global de répression actuelle.

L’usurpation d’identité numérique est l’une des grandes problématiques à résoudre dans les années à venir, car elle est au cœur d’enjeux multiples à la fois en termes de protection des libertés individuelles et de la lutte contre la cyberdélinquance

Ainsi, aux ministères de l’intérieur, de la sécurité publique et des forces armées, je recommanderais la mise en place d’un programme spécial de formation pour les enquêteurs sur toutes les techniques d’investigation numérique. Aussi les agents formés doivent être maintenus dans ce domaine. En outre, une spécialisation des magistrats devient une priorité afin de faciliter le travail du juge face aux contentieux conséquent liés aux TIC.

Enfin, une mise en place de programmes spéciaux dans le domaine de la prévention dans les établissements scolaires en vue de protéger les enseignants, les élèves et les parents. Le Sénégal doit se doter d’une loi sur l’éducation numérique.

En définitive, en cette période post-électorale troublée l’usurpation d’identité numérique fait des ravages car étant un moyen de propagande pour les usurpateurs.

Mariame Tity Touré

(Source : Publi Tech Echo, 12 octobre 2018)

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