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L’informatique comme outil pédagogique : Une « réalité » aux défis majeurs

vendredi 29 mai 2009

En prélude à la conférence E-Learning Africa 2009 qui s’est ouverte officiellement hier, jeudi 28 mai à Dakar, une équipe de Microsoft a visité, deux jours à l’avant, des écoles de Dakar avec lesquelles ce fournisseur de solutions collabore pour développer l’insertion de l’informatique comme outil pédagogique. Si la présence de l’ordinateur s’avère réelle dans ces écoles pilotes, la demande est toutefois loin d’être satisfaite.

« L’informatique presque pour tous ». Serait-on tenté de dire après un diagnostic qui a mené une équipe de Microsoft au Centre médico-psychopédagogique pour enfants déficients mentaux (Centre Aminata Mbaye des Hlm Grand Yoff), au Lycée John F. Kennedy et au Lycée Mariama Bâ de Gorée. Le principal enseignement issu de cette inspection est que l’outil informatique s’est frayé une place de choix dans nos établissements de formation et est en passe de devenir une source d’information ou d’inspiration indispensable pour l’enseignant, voire une possibilité pour l’élève de compléter ou d’approfondir ses apprentissages.

Au Centre Aminata Mbaye, l’ordinateur est ainsi en train de donner une seconde vie à des enfants déficients mentaux jadis marginalisés, à l’image d’Alexandre Lamote dit Alex. Ce jeune garçon, autiste de son état, navigue aisément malgré son handicap sur le net à la quête de nouvelles connaissances. Selon Claude Sarr, le directeur du centre, « Alex peut rester seul toute une journée. Il ne se concentre que sur ce qui l’intéresse. Dès qu’il voit l’ordinateur, il ne s’occupe plus d’autre chose ». Le même cas de figure semble être partagé par Khadim, un jeune déficient mental, trouvé en train de saisir un texte sur l’ordinateur.

Cet intérêt grandissant que les élèves portent à l’outil informatique est constaté également au Lycée J. F. Kennedy, lequel a bénéficié d’un partenariat avec Microsoft et d’un appui de l’Etat. Cette école qui compte quelque 3700 élèves âgées de 11 à 22 ans, possède un parc informatique d’une centaine d’ordinateurs en plus des 50 AZUS (petits ordinateurs très pratiques), un ordinateur portable pour les professeurs et un serveur, tout un ensemble de matériel offert par Microsoft.

L’établissement dispose également d’une connexion Wi-Fi sécurisée avec des rooters installés dans tous les bâtiments du lycée. Selon le proviseur Mme Niang, « au lycée Kennedy, tout le monde sait que la manipulation et l’intégration de l’informatique comme outil pédagogique marche bien et beaucoup de gens nous envient pour cela ». Un constat qui est par ailleurs confirmé par Khady Néné Guèye, élève à la 2nd LF et membre du Club Pil ou Club Informatique de l’école. Selon cette jeune fille, « l’internet, à travers l’ordinateur, nous permet d’acquérir de nouvelles connaissances, de faire des recherches pour approfondir nos cours et de mieux préparer nos exposés et devoirs ».

Il faut rappeler que le lycée Kennedy, en plus de la politique de réduction de la fracture numérique initiée par le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, a bénéficié de deux programmes de Microsoft dont le programme Unlimited Potentiel Group et celui de Partners in Learning qui est surtout axé sur l’utilisation pédagogique des ordinateurs. Ces programmes ont été accompagnés d’une initiation des élèves et du corps professoral à l’outil informatique mais également de personnes chargées de la maintenance.

Le même engouement à l’endroit de l’outil informatique est relevé au Lycée Mariama Bâ de Gorée. Selon le proviseur, Mme Ramatoulaye Dieng, toutes les 210 élèves reçoivent une initiation à l’informatique d’une heure par semaine. Qui plus est, l’école qui dispose depuis 1998 d’une salle informatique a actuellement un parc informatique de plus d’une vingtaine de machines.

Le lycée Mariama Bâ bénéficie en même temps d’une convention entre le ministère de l’Education et la Sonatel lui permettant d’accéder à l’internet à des coûts supportables. Il faut noter au passage que les élèves des lycées Kennedy et Mariama Bâ bénéficient d’un aménagement spécial dans leur emploi du temps d’une heure au minimum par semaine afin de leur permettre d’assister à un cours d’initiation à l’informatique.

Une demande en proie aux manquements

Si l’informatique est une réalité pour ces écoles visitées, le gap reste toutefois assez important pour qu’on puisse espérer la rendre disponible et permettre à tous les élèves d’en bénéficier. Bien que l’initiative d’insérer l’outil informatique dans les écoles soit à ses débuts, la forte demande tarde à être satisfaite.

Le constat est fait au Centre Aminata Mbaye. Avec 60 enfants déficients mentaux actuellement inscrits, l’école dispose d’une salle informatique qui n’a que cinq ordinateurs offerts par la Fondation Sonatel. Des ordinateurs de marque Pencum 2 dont trois ne fonctionnent pas alors même que la connexion internet de l’école s’arrête au niveau des bureaux.

Devant cet état de fait, le directeur du centre, M. Claude Sarr, a fait savoir à la délégation de Microsoft que « notre ambition est que la salle informatique soit mieux équipée pour qu’elle soit ouverte au grand public. Aminata Mbaye vise a être un centre pilote où les gens viennent pour débattre sur la déficience ». Ce qui, selon lui, nécessite des moyens financiers et matériels dont la disponibilité d’un outil informatique fonctionnel avec une connexion internet en permanence.

Au Lycée Kennedy, la préoccupation réside dans l’accueil des nouveaux élèves n’ayant jamais eu la chance de manipuler l’outil informatique. En outre, pour M. Assane Lô, professeur des Sciences de la Vie et de la Terre (Svt), l’handicap majeur aujourd’hui est lié au nombre d’ordinateurs disponibles par rapport à l’effectif des élèves.

Certaines jeunes filles interrogées estiment également un peu élevé le coût d’accès à l’internet qui est de 200 francs Cfa l’heure. Sur cette même cadence, Mme Catherine Sarr, Censeur du lycée Mariama Bâ, a déploré l’absence de l’internet dans les classes. Pour sa part, M. Moustapha Sène, professeur d’histoire et de géographie dans cette même école, s’est fait l’écho du besoin pressant de vidéo projecteur devant permettre de faciliter l’enseignement et de mieux l’adapter dans un contexte de développement des Technologies de l’information et de la communication.

Si ces cas d’école ont fini par confirmer la place et l’importance de l’outil informatique dans le dispositif de l’enseignement au Sénégal, la généralisation de l’informatique scolaire risque néanmoins d’être périlleuse si l’on prend en compte le nombre élevé d’écoles sénégalaises qui n’ont pas encore aperçu la forme d’un écran d’ordinateur.

Bakary Dabo

(Source : Sud Quotidien, 29 mai 2009)

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