twitter facebook rss
Imprimer Texte plus petit Texte plus grand

L’USAID s’emploie à faciliter l’accès à l’internet en Afrique

lundi 24 novembre 2003

L’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) s’emploie depuis sept ans à aider les dirigeants africains à doter leur pays des technologies de l’information et de la communication (TIC) et à apprendre à leur population à les utiliser. Les programmes de l’USAID, qui reposent sur des partenariats avec les institutions locales et des donateurs du secteur privé, ont déjà fourni l’accès à l’internet à quelque deux millions d’Africains et ce nombre croit chaque jour.

Ce chiffre représente une proportion importante des 8,9 millions d’Africains qui utilisent maintenant l’internet [1]. Grâce à ces efforts novateurs, le succès des TIC apparaît, mettant en évidence les résultats positifs que l’on peut obtenir quand les décideurs et hommes d’affaires africains peuvent accéder aux meilleures technologies et au savoir-faire que puissent leur offrir les Etats-Unis.

Ces réalisations ont été obtenues dans le cadre d’un programme baptisé l’Initiative Leland et qui doit son nom à Mickey Leland, député américain de l’Etat du Texas mort dans un accident d’avion en 1989 alors qu’il participait à une mission de secours aux victimes de la famine en Ethiopie. Tout au long de sa carrière, le député Leland s’était dépensé pour apporter aux populations africaines les avantages du développement. L’Initiative Leland a été lancée en juin 1996 pour étendre la révolution de l’information à l’Afrique en hommage au dévouement et à l’engagement du député Leland envers les populations du monde entier.

Au milieu des années 1990, seuls quelques pays africains avaient accès à l’internet et cet accès se limitait souvent à un service de courrier électronique lent et coûteux dans leur capitale. Aujourd’hui, les 44 pays de l’Afrique sub-saharienne ont un accès qui, dans la plupart des cas, s’étend à des villes et régions très éloignées de la capitale.

Des centaines de fournisseurs de services internet ont fait leur apparition et des milliers de cybercafés donnent à leurs clients un accès payant à des ordinateurs reliés à l’internet. L’Initiative Leland a établi le principal point d’accès à l’internet et une connectivité nationale dans dix de ces pays [2]. Dans seize autres pays [3], l’Initiative Leland et les missions locales de l’USAID ont connecté les principales institutions telles que les universités, le parlement et des groupes du secteur privé. Dans tous les pays, les avantages de l’Initiative Leland se traduisent pour les citoyens par un marché plus dynamique, d’un meilleur accès et d’une diminution des coûts.

La portée de cette initiative ne doit cependant pas être mesurée uniquement en termes de technologie et d’accès. De courageux dirigeants africains ont vu dans l’Initiative Leland la possibilité de mettre fin au monopole du gouvernement sur les services téléphoniques, solution traditionnelle mais discréditée.

Des organismes privés africains et américains ont réagi vigoureusement et rapidement aux possibilités offertes par ces changements. Une fois les bases posées par l’Initiative Leland, des compagnies privées ont investi des capitaux, créé des sociétés, construit l’infrastructure et se sont résolument lancées dans de nouvelles entreprises commerciales.

Les principes de l’Initiative Leland

L’Initiative Leland a été conçue pour influencer plusieurs domaines importants : la politique, le matériel et les gens.

Dans le domaine politique, l’USAID a établi un important principe avec le lancement, en 1996, de l’Initiative Leland : nous ne travaillerions qu’avec les pays qui seraient prêts à adopter une politique de communication moderne favorable à l’internet et basée sur la baisse des prix, l’introduction de la concurrence et la libre circulation de l’information. Les experts de l’Initiative Leland ont offert d’aider les directeurs africains des télécommunications à aller au-devant du secteur privé pour appliquer cette politique.

Le deuxième élément de l’initiative est le matériel, c’est-à-dire les technologies de la communication qui relient les gens aux fournisseurs de services internet, les fournisseurs de services internet aux points d’accès et ces derniers au réseau internet mondial. Les experts de l’Initiative Leland ont installé l’équipement de télécommunications le plus moderne dans les capitales et formé le personnel de la compagnie de téléphone locale à son utilisation. Ils ont également fourni la technologie permettant de relier les services internet privés à cet équipement et conçu des modèles pour connecter les régions insuffisamment desservies et les villes secondaires.

Aider les gens à acquérir les compétences et la base de connaissances synonymes d’une industrie de l’information était le troisième objectif de l’Initiative Leland. Nous voulions aider les particuliers et les institutions à utiliser les puissants outils de l’information et de la communication fournis par l’internet pour favoriser le développement social et économique et améliorer l’existence des Africains.

En 1996, dix pays se sont associés à l’Initiative Leland à ces conditions. En collaboration avec la société de télécommunications AT&T, qui a son siège aux Etats-Unis, l’USAID a appris aux organismes de réglementation du premier groupe de pays à établir des prix de gros abordables pour les circuits internet tout en assurant un taux de rendement sain sur les investissements effectués par leur gouvernement pour l’établissement de ces circuits. La participation d’AT&T a aidé les responsables des compagnies nationales de téléphone, habitués jusque là à une politique des télécommunications monopolistique, à considérer le secteur privé comme un partenaire et non pas comme un rival qu’il faut subjuguer. Dans chaque pays, l’Initiative Leland a organisé des réunions entre les parties prenantes : représentants du gouvernement, cadres des compagnies de téléphone, hommes d’affaires, responsables des milieux scolaires et universitaires, ONG, etc. Grâce à ces réunions, l’Initiative Leland a aidé les parties à élaborer des modalités d’octroi de licences transparentes et simplifiées. Dans chaque pays bénéficiant de l’Initiative Leland, de nombreuses entreprises ont saisi ces possibilités de travailler dans le domaine de l’internet et se sont montrées prêtes à investir chacune 40.000 dollars en moyenne pour y participer.

Une fois ces mesures politiques en place, l’USAID s’est tournée vers le secteur américain de la technologie, chargeant des sociétés de l’Utah, de la Californie, de la Virginie, du Maryland et d’ailleurs de concevoir des points modernes d’accès à l’internet utilisant des satellites afin de doter les compagnies nationales de téléphone d’un internet efficace à grande vitesse. Nous avons introduit les technologies avec fil et sans fil pour relier ces points d’accès aux nouveaux fournisseurs de services internet et les avons équipés de lignes téléphoniques permettant à leurs clients d’accéder à l’internet. Les nouvelles technologies sans fil continuent à être fournies aux quartiers et aux particuliers insuffisamment desservis : les cybercafés et les centres d’accès de quartier sont maintenant l’un des principaux facteurs de croissance de l’internet.

Les dix premiers pays qui avaient accepté les conditions de l’Initiative Leland ont enregistré de rapides progrès dans le secteur des télécommunications et ces progrès ont été remarqués par les gouvernements des pays voisins. Les pays qui avaient refusé leur participation lorsque l’Initiative leur avait été initialement proposée, en 1996, constatèrent que leur politique de prix élevés et de monopole de l’Etat et privé ne donnait pas les résultats obtenus par les pays qui avaient adopté une politique favorable à l’internet.

A la fin des années 1990, ces pays initialement réfractaires ont commencé à signer des accords dans lesquels ils s’engageaient à réformer leur politique, à baisser leurs prix et à permettre la concurrence du marché.

L’amélioration des compétences

Un matériel adéquat et un accès suffisant n’ont de valeur qui si les gens savent utiliser les technologies de l’information pour améliorer leur existence et leurs collectivités. Consciente de ce fait, l’USAID a déployé d’importants efforts pour améliorer la capacité des Africains et de leurs institutions à utiliser les ressources de l’information dans l’enseignement, les affaires, l’agriculture et la démocratisation.

L’Initiative Leland a enseigné à des milliers de personnes l’utilisation stratégique des vastes ressources internationales que fournit l’internet en matière d’information. Ces personnes représentent tous les secteurs de la société : gouvernement, milieux d’affaires, organisations non gouvernementales, éducation et soins de santé. Elles utilisent aujourd’hui ces compétences pour stimuler l’activité économique, accroître le potentiel humain, favoriser le développement et obtenir une participation civique plus importante ainsi qu’une plus grande transparence dans l’administration publique.

Les activités de développement basées sur l’internet qui résultent de l’initiative Leland sont variées :

- Les partenariats entre les écoles africaines et américaines renforcent la capacité d’utiliser l’internet dans l’enseignement à l’intérieur du pays et encouragent des relations suivies.

- Au Kenya, en Ouganda, au Rwanda, en Afrique du Sud, au Mali et en Guinée, les responsables de l’éducation relient des universités disparates à des réseaux nationaux, pièces maîtresses d’un monde de l’éducation qui connaît une rapide mondialisation.

- Les activités du secteur privé dans le commerce et les investissements renforcent la capacité qu’ont les associations commerciales d’utiliser l’internet.

- Les réseaux basés sur l’internet utilisés par les parties prenantes de l’exécutif, du législatif et du judiciaire augmentent la transparence, encouragent la démocratisation et donnent naissance à de meilleurs gouvernements.

Le secteur privé donne certaines des preuves les plus tangibles des progrès réalisés dans ces domaines. Nous avons fourni de l’équipement et de la formation aux chefs de petites entreprises pour les aider à développer leurs compétences et à identifier des ressources stratégiques en matière d’éducation. Au bout de six mois, toutes les entreprises qui participaient à ce projet avaient accru leurs revenus de soixante pour cent. Un grand nombre d’entre elles avaient été en mesure de trouver de meilleures sources de matières premières et d’équipement par le truchement de l’internet, réduisant ainsi leurs frais d’exploitation et accroissant leur compétitivité.

Un autre succès a été enregistré avec la formation d’un réseau de femmes d’affaires, le Women’s Business Network. Ce réseau, qui a des membres au Ghana, au Kenya, en Ouganda, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis, encourage l’utilisation de l’internet dans les relations commerciales, accroissant l’accès à des informations cruciales sur le marché et établissant des liens, grâce au commerce électronique, entre les sociétés africaines et américaines. Plus de cent quarante femmes d’affaires africaines ont créé la U.S.-Africa Women’s Business Alliance. Quarante d’entre elles ont établi des sites internet pour mieux commercialiser leurs produits et services ou ont commencé à faire de la publicité pour leurs produits sur les sites existants.

Dans la province KwaZulu du Natal, en Afrique du Sud, les experts de l’Initiative Leland ont aidé la Black Farmers Union à établir des centres d’accès à l’internet. L’accès offert par ces centres permet à plus de mille deux cents agriculteurs d’utiliser des services bancaires en ligne et d’éviter ainsi un voyage aller et retour de plus de cent kilomètres jusqu’à la zone urbaine la plus proche desservie par des institutions financières. Les agriculteurs ont aussi accès en temps réel à des renseignements sur le prix et la disponibilité de produits agricoles de base comme les engrais et les semences, au lieu de devoir recourir à des intermédiaires coûteux et incompétents.

L’avenir

Les résultats et leçons tirés de l’expérience faite ces sept dernières années grâce à l’Initiative Leland sont devenus la base de l’Alliance mondiale pour le développement en matière de technologie de l’information, le modèle établi par le gouvernement américain pour un développement durable grâce à des partenariats entre les gouvernements, les organisations non gouvernementales, les hommes d’affaires et les établissements d’enseignement. Des initiatives publiques et privées sont en cours pour atteindre toute une série d’objectifs qui renforceront le rôle des TIC en Afrique. L’USAID a recruté des partenaires dans l’administration, le milieu enseignant et le secteur privé pour mettre au point des programmes d’amélioration de l’enseignement et de la formation afin d’obtenir un cadre africain de professionnels spécialisés dans les TIC et de spécialistes expérimentés de la réglementation. Des universités, des entreprises et des organisations non gouvernementales des Etats-Unis fournissent l’expertise, les logiciels et l’équipement nécessaires aux universités africaines qui manquent de ressources.

Ces partenariats aident les Africains à atteindre l’un des principaux objectifs du XXIe siècle : stimuler le développement économique et social. L’enseignement à distance, la télémédecine, le commerce et le gouvernement électronique sont tous très prometteurs, pour les Africains comme pour les Américains. L’Initiative Leland a déjà fait connaître à des millions d’Africains les avantages que peuvent procurer les technologies de l’information en améliorant la qualité de la vie et en créant de meilleures sociétés. Nous avons maintenant le devoir de poursuivre cette tâche et d’aller au-devant des millions d’autres personnes qui ne sont pas encore entrées dans l’ère numérique.

(Source : United States Department of State (Washington, DC) 24 novembre 2003)

Post-Scriptum

Plusieurs sites d’institutions financés par l’Initiative Leland témoignent des réalisations de ce programme, notamment les sites suivants :

http://www.nettleafrica.org, - http://www.kenet.org, - http://www.ncc.gov.ng, www.makrere.ac.ug].

[1] International Telecommunications Union Statistics at (1) International Telecommunications Union Statistics at a Glance, Octobre 2003 http://www.itu.int/ITU-D/ict/statis...

[2] Côte d’Ivoire, Bénin, Erythrée, Guinée, (2) Côte d’Ivoire, Bénin, Erythrée, Guinée, Guinée-Bissau, Madagascar, Mali, Malawi, Mozambique, Rwanda

[3] Afrique du Sud, Ethiopie, Ghana, Lesotho, Liberia, Namibie, Niger, Nigeria, Ouganda, RDC, Sénégal, Swaziland, Tanzanie, Tchad, Zambie, Zimbabwe. Swaziland, Tanzanie, Tchad, Zambie, Zimbabwe.

Mots clés

BATIK

Inscrivez-vous a BATIK

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez toutes nos actualités par email.

Navigation par mots clés

INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante : 25 Gbps
- 2 FAI (Orange et Arc Informatique)
- 8 592 990 abonnés Internet

  • 8 304 319 abonnés 2G+3G (96,6%)
  • 166 539 clés Internet (1,9%)
  • 103 706 bonnés ADSL (1,2%)
  • 18 426 abonnés bas débit (0,2%)

- Taux de pénétration des services Internet : 57,59%

(ARTP, 31 mars 2017)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 50,70%

(Internet World Stats 30 juin 2016)

- 4463 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, 21 avril 2017)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 2 opérateurs : Orange et Expresso
- 288 652 abonnés
- 1 156 lignes publiques
- Taux de pénétration : 1,95%

(ARTP, 31 mars 2017)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 15 281 488 abonnés
- Taux de pénétration : 103, 25%

(ARTP, 31 mars 2017)

FACEBOOK

- 2 300 000 utilisateurs

(Internet World Stats, 30 juin 2016)