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L’UNESCO et Hewlett-Packard lancent un projet visant à enrayer la fuite des cerveaux en Afrique

lundi 20 novembre 2006

L’UNESCO et Hewlett-Packard ont lancé ce matin, au Siège de l’Organisation, un projet conjoint en vue de juguler la fuite des cerveaux en Afrique, en dotant des universités d’Algérie, du Ghana, du Nigeria, du Sénégal et du Zimbabwe de la technologie grid computing [1]. Le ministre de l’Enseignement supérieur du Zimbabwe, I.S.G. Mudenge, a participé au lancement officiel du projet intitulé « Tester des solutions permettant d’enrayer la fuite des cerveaux et d’encourager leur retour en Afrique », qui a eu lieu le 20 novembre. Les représentants du Sénégal et du Ghana auprès de l’UNESCO, ainsi que Peter Smith, Sous-Directeur général pour l’éducation, et Bernard Meric, Vice-président de Hewlett-Packard pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, ont participé à la cérémonie d’inauguration (9h30-12h, Salle VIII). Ils ont présenté ce projet qui consiste à équiper laboratoires universitaires et centres de recherche de systèmes d’interconnexions permettant aux étudiants et aux enseignants de travailler avec des chercheurs et des spécialistes du monde entier.

Le projet vise à établir des liens entre les chercheurs qui sont restés dans leurs pays et ceux qui ont émigré, en reliant les scientifiques à leurs homologues dans d’autres régions du monde, à des réseaux de recherche et à des organisations susceptibles d’apporter un financement. Les professeurs et étudiants des universités bénéficiaires pourront également travailler sur d’importants projets de recherche conjoints avec d’autres institutions du monde entier.

« Ce projet met à profit l’énorme potentiel qu’offrent les technologies de l’information et de la communication pour établir des contacts entre les personnes et partager les bénéfices de la recherche et du développement en dépit de la fracture Nord-Sud », a déclaré le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura. « Nous sommes convaincus que de tels projets et partenariats nous permettront d’atténuer considérablement les effets dévastateurs de la fuite des cerveaux dans quelques-unes des sociétés les plus vulnérables du monde », a-t-il conclu.

« Hewlett-Packard entretient depuis très longtemps une relation exceptionnelle avec l’UNESCO, et les deux organisations ont mené à bien plusieurs projets conjoints dans différents pays. Cette nouvelle initiative destinée au continent africain s’appuie sur le succès d’une initiative analogue de l’UNESCO et Hewlett-Packard démarrée en 2003 en Europe du Sud-Est pour mettre un frein à l’exode des compétences dans la région, qui comprend désormais huit pays », a déclaré Bernard Meric.

Ce projet a été conçu par le Secteur de l’éducation de l’UNESCO en réponse aux demandes formulées par les Etats membres. Au cours des dernières décennies, les pays africains ont considérablement souffert de l’émigration de professionnels, scientifiques, universitaires et chercheurs qualifiés. On estime que 20.000 d’entre eux quittent le continent chaque année.

Après une première phase d’exécution qui durera deux ans, le projet pourrait être étendu à d’autres pays.

Les ministères de l’Education des pays participant au projet choisiront en collaboration avec l’UNESCO, les universités bénéficiaires. La priorité sera accordée à des départements d’universités incluant des volets liés aux technologies de l’information. Hewlett-Packard fournira aux universités des équipements - notamment serveurs et technologies grid - et des ressources humaines locales, ainsi qu’une assistance et des cours de formation, jusqu’à ce que les projets deviennent viables et autonomes. L’entreprise offrira également des ordinateurs et des moniteurs et financera des voyages de recherche à l’étranger, ainsi que des réunions entre les universités bénéficiaires. L’UNESCO se chargera de la coordination et supervision des activités, de la gestion administrative, de l’évaluation et diffusion des résultats.

Ce nouveau projet destiné à l’Afrique fait suite au succès du projet conjoint de Hewlett-Packard et l’UNESCO « Tester des solutions permettant d’enrayer la fuite des cerveaux en Europe sud-orientale », lancé en 2003 dans le but d’aider les enseignants et les étudiants à exploiter le potentiel de la technologie grid. Trois ans après sa mise en route, le projet a permis la création de sites Web, de bases de données et de nouveaux projets de recherche dans plusieurs des universités bénéficiaires. Des professeurs d’universités et des étudiants de toute l’Europe du Sud-Est ont collaboré avec leurs pairs au niveau international, améliorant leurs capacités de recherche et partageant des connaissances scientifiques afin d’encourager les scientifiques à demeurer dans la région. Quatre universités (Université de Split en Croatie, Université du Monténégro, Universités de Sarajevo et Sarajevo Est) ont acquis une totale autonomie en ce qui concerne l’utilisation de la technologie grid, et le projet se poursuit dans trois autres universités (Université de Belgrade, Université de Skopje et Université de Tirana).

(Source : UNESCOPRESSE, 20 novembre 2006)

[1] La technologie grid (grilles informatiques) est une infrastructure de matériel et logiciels informatiques regroupant et intégrant des réseaux informatiques, des bases de données et des outils scientifiques hautement performants provenant de multiples sources et formant un environnement virtuel dans lequel les utilisateurs peuvent travailler en réseau. Ce concept a été inventé au milieu des années 1990 comme méthode informatique commune permettant de coordonner des ressources décentralisées et d’utiliser des protocoles et interfaces ouverts et multi-usages en vue de fournir des services de grande qualité.

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