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L’Afrique brille encore pour son infirmité numérique

dimanche 19 octobre 2003

Le premier sommet mondial sur la Société de l’information (SMSI), prévu du 10 au 12 décembre prochain à Genève (Suisse), risque de se dérouler sans la présence des principaux leaders du G8 ou d’autres pays industrialisés, même si 40 chefs d’Etat ou de gouvernement sont pour le moment annoncés à cette rencontre.

Le secrétaire général de l’Union Internationale des Télécommunications, Yoshio Utsimi ne rassure pas face à l’éventualité d’une ’’non participation des plus hauts dirigeants du monde’’, en reconnaissant que ’’la situation est un peu délicate car actuellement nous ne pouvons pas pour des raisons évidentes de sécurité dire qui va participer à ce sommet’’.

M. Utsimi s’exprimait au cours du forum consacré au SMSI lors de l’édition 2003 du salon de l’UIT qui s’est achevée ce week-end à Genève avec l’exhibition des dernières prouesses technologiques réalisées ces dernières années dans le domaine des télécommunications où le continent africain brille encore par son absence.

’’Le 3 novembre prochain, nous allons tirer au sort l’ordre d’intervention des orateurs mais la situation est un peu délicate actuellement’’, a reconnu le responsable de l’UIT avant d’ajouter : ’’c’est seulement à partir de ce moment que nous pourrons avoir une idée claire sur les chefs d’Etat ou de gouvernement qui vont participer effectivement à la rencontre’’.

Ainsi, malgré la tenue de trois réunions préparatoires, de profondes divergences bloquent encore l’esquisse du document final qui doit être soumis au Sommet des chefs d’Etat, concernant en particulier les questions sur le financement du principe de la ’’solidarité numérique’’, les droits de l’homme, les droits d’auteur, les médias traditionnels, la gouvernance sur le net, entre autres.

Pour sa part, Alain Clerk, un des acteurs les plus en vue au niveau de la société civile, a indiqué que ’’si des chefs d’Etat hésitent encore à participer, c’est parce que des questions délicates seront abordées au cours de ce sommet qui reste une première dans les annales des Nations Unies, car regroupant pour la première fois les autorités publiques, le secteur privé et la société civile’’.

Malgré ces divergences au sommet, les Technologies de l’information et de la communication (TIC) ont connu ces dernières années une considérable avancée technique avec l’exhibition des derniers produits haut de gamme lors du salon de l’UIT qui a regroupé 911 sociétés venant de 51 pays, 375 industries et plus de 1500 journalistes.

Tout au long du sommet, le continent africain, malgré l’ouverture des stands de l’Egypte, de l’Afrique du Sud et de la Tunisie où n’était d’ailleurs exhibée aucune nouveauté ou innovation technologique, aura brillé par son infirmité numérique devant les nouveaux exposants venus essentiellement d’Europe (74%), du continent américain (11%) et d’Asie (10%).

La majorité d’entre eux sont des entreprises de réseaux (39%), des entreprises de téléphonie mobile/hertzienne (26%) et des entreprises spécialisées dans la téléphonie IP/ le large bande (25%).

Cette édition suscite cependant quelques espoirs pour l’accès universel aux télécommunications qui ne semble plus être une utopie, en ce 21e siècle, pour l’Union Internationale des Télécommunications, surtout dans les pays en développement.

En effet, selon une étude faite par l’UIT, entre 1993 et 2002, les usagers de la téléphonie mobile ont augmenté dans les pays en développement dans des ’’proportions vertigineuses’’ en passant de trois millions à plus de 500 millions de personnes abonnées.

L’une des conséquences directes de cette évolution fulgurante est que désormais ’’le nombre d’abonnés au mobile dépasse celui des abonnés au téléphone fixe dans les pays du Sud.

Une des raisons explicatives avancées par les experts de l’UIT a trait en partie à ’’l’infrastructure relativement peu coûteuse à installer et son exploitation par rapport à la ligne fixe mais aussi au cadre réglementaire relativement efficaces mis en place par les gouvernements des pays en développement’’.

Aussi, une réelle politique d’appropriation de ces outils technologiques devra être rapidement opérée grâce à une participation plus active et non passive au regard de l’identité des principaux actionnaires qui sont tous issus des pays du Nord.

Au Sénégal, le réseau de la téléphonie mobile a une densité une fois et demie supérieure à celui de la téléphonie fixe après avoir atteint en 2001, après seulement sept ans d’existence, plus de 300.000 abonnés alors que les projections pour la téléphonie fixe et la télédensité moyenne est de 12 lignes pour 1000 habitants.

Le Nigéria a aussi connu une forte progression à ce niveau avec une densité d’utilisation qui est passée de 0,46 en l’an 2000 à 1,94 en 2002 après l’octroi d’une licence à trois opérateurs de téléphonie mobile en 2001.

Mais ces données sont loin des résultats enregistrés dans ce secteur en Europe de l’Ouest avec une progression de plus de 4,7 pour cent ou encore les 13 pour cent de croissance enregistrés par la Chine où prospèrent actuellement les télécoms.

Au niveau des expositions, l’un des points d’attraction de cette édition aura été les mobiles de la troisième génération (3G) qui permettent de visionner en direct son interlocuteur et qui commencent à envahir le marché européen après avoir connu un succès retentissant en Asie, principalement au Japon avec plus d’un million d’utilisateurs, a Hong Kong et en Corée du Sud.

La téléphonie 3G qui permet, grâce à une bonne qualité de son, de télécharger des bandes annonces de films, des émissions télévisées dispose déjà d’une dizaine de réseaux sur le continent européen avec le standard UMTS (Universal Mobile Telecommunications System) notamment en France, en Autriche, en Grande Bretagne et en Suède.

De grands absents des continents européen et américain auront aussi été constatés durant cette édition 2003 du salon des télécommunications avec la défection du finlandais Nokia, du canadien Nortel, d’Ericsson ou encore du français Alcatel.

Macky Sall

(Source : APS 19 octobre 2003)

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