OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2020 > L’Afrique à l’heure du tout numérique

L’Afrique à l’heure du tout numérique

dimanche 2 août 2020

Si l’impact des technologies numériques pour contrer les effets négatifs de la pandémie de Covid-19 n’est plus à prouver, cela requiert néanmoins un accès à l’Internet haut débit. En l’espace de quelques semaines, la priorité a donc été de combler la fracture numérique. Ce fut particulièrement le cas en Afrique subsaharienne, où la majorité des populations reste hors de portée des réseaux 4G.

A travers le continent, les Etats se sont mobilisés face à la pandémie. Les plateformes numériques et la téléphonie mobile ont contribué au maintien de la continuité pédagogique (portail de e-learning au Bénin), à la diffusion de messages de prévention (Anticoro en Côte d’Ivoire), à la mise place de solutions d’e-santé (DiagnoseMe au Burkina Faso) et à l’organisation du travail à distance, pour ceux qui peuvent en bénéficier. Dans de nombreux pays africains, l’adoption du paiement mobile a contribué à maintenir les échanges économiques. Plusieurs gouvernements ont trouvé, dans ce système, un outil efficace pour transférer sans délai des aides financières d’urgence aux plus vulnérables. C’est par exemple le cas au Togo avec Novissi.

Précisons, cependant, que les leaders du continent n’ont pas attendu ce contexte inédit pour prendre le tournant numérique, notamment sous l’impulsion d’initiatives comme Smart Africa. Ou comme la stratégie régionale de transformation numérique, récemment adoptée par l’Union africaine, dans l’objectif ambitieux, mais nécessaire, de connecter toutes les Africaines et les Africains. Et dans le but de parvenir à un marché numérique commun africain d’ici à 2030. La Banque mondiale soutient pleinement ces efforts et mobilise ses instruments de financement, son assistance technique et ses programmes d’études, sous la bannière de l’Initiative pour l’Economie numérique en Afrique (DE4A).

Urgence à réduire la fracture numérique

Nous savions déjà qu’il fallait accélérer les efforts en cours, mais cette crise sans précèdent a montré qu’il y avait urgence à réduire la fracture numérique entre pays, entre femmes et hommes, entre zones urbaines et rurales, entre différents niveaux de revenus ou d’éducation.

En octobre dernier, nous publiions un rapport qui révélait qu’au moins 100 milliards de dollars seraient nécessaires pour déployer les infrastructures de télécommunications requises, afin de couvrir les besoins en Internet haut débit à travers le continent. Il s’agit notamment de combler l’absence de couverture à Internet pour 30% du territoire africain. Mais aussi de réduire les coûts d’accès pour les populations déjà couvertes, de promouvoir les compétences numériques et de soutenir les écosystèmes innovants locaux, lesquels donnent sens aux usages numériques et créent les emplois de demain.

L’importante contribution du numérique aux différents objectifs de développement et son effet de levier ne sont plus à prouver. L’Afrique, terre d’innovation, doit maintenant passer à la vitesse supérieure. Le succès du paiement mobile en Afrique ne doit plus être l’arbre qui cache la forêt, mais une réussite parmi une multitude d’autres. Et dans tous les domaines : de l’e-gouvernement au e-commerce, en passant par les applications numériques dans l’industrie, l’éducation, l’agriculture, les transports, l’énergie, la santé et jusqu’à la ville de demain.

Une inclusion numérique nécessaire

L’égalité des opportunités face au numérique consiste en des éléments très concrets, comme l’accès réel (sur les plans technique et financier) à l’Internet très haut débit fixe et mobile (3G, 4G et bientôt 5G), ainsi qu’à des appareils connectés (smartphones, tablettes, ordinateurs, etc.). Ou bien encore, l’accès à des systèmes interopérables d’identité numérique – à la fois sécurisés et respectueux des principes de protection des données personnelles. Il s’agit aussi de permettre l’accès à des formations au numérique, à tous les niveaux et dans toutes les spécialités. Et de soutenir la recherche – notamment les travaux liés aux technologies de rupture comme l’intelligence artificielle. Enfin, il convient de démocratiser l’accès aux contenus, aux services et aux applications numériques, qui ont une pertinence locale : services publics ou plateformes d’échanges, création artistique ou divertissement.

Cette égalité des opportunités exige aussi d’accorder une attention particulière aux oubliés de la révolution numérique. Les personnes les plus défavorisées doivent bénéficier de politiques publiques d’inclusion numérique, notamment les femmes, les personnes les plus démunies, les communautés isolées géographiquement et les personnes en situation de handicap.

D’autre part, les entrepreneurs du numérique, qui ne bénéficient souvent d’aucun soutien, doivent pouvoir compter sur les pouvoirs publics. A charge pour eux d’encourager l’émergence d’écosystèmes d’entrepreneurs en établissant divers mécanismes de soutien à l’innovation. Par exemple, via le partage d’infrastructures IT, la création de laboratoires d’innovation et par une palette de mesures facilitant l’accès au financement. Il est tout aussi nécessaire de dynamiser et de faire croître le secteur privé national, en promouvant une concurrence saine. Et en soutenant l’internationalisation des startups, tout en améliorant l’attractivité du cadre règlementaire, afin d’attirer les fonds d’investissement en capital risque qui miseront sur l’innovation africaine. Cela doit aussi passer par un meilleur accompagnement des entrepreneurs dans la protection de leur propriété intellectuelle et en matière de cybersécurité.

L’atout de l’Afrique, sa population !

Nous avons du travail devant nous, mais l’optimisme est plus que permis car l’Afrique dispose d’un atout de taille : la population la plus jeune au monde. Pour cette jeunesse, le numérique représente un potentiel énorme encore sous-exploité. L’attente est déjà là, sachant que les moins de 35 ans représentent 75% de la population africaine, que l’activité entrepreneuriale est l’une des plus dynamiques au monde et que la population en âge de travailler sur le continent devrait s’accroître de 450 millions d’actifs supplémentaires d’ici à 2030. Africa Pulse, un rapport de la Banque mondiale, estimait qu’à l’échelle du continent africain, la transformation numérique pourrait entraîner une hausse annuelle de la croissance par habitant de 1,5 % et faire reculer le taux de pauvreté de 0,7 point par an. Aujourd’hui, ces estimations doivent bien sûr prendre en compte le contexte actuel. Selon nos perspectives économiques mondiales, l’activité économique de la région devrait se contracter de 2,8 % en 2020, le repli le plus fort jamais enregistré, ce qui risque de faire retomber des millions de personnes dans l’extrême pauvreté. Mais que faut-il comprendre, si ce n’est qu’il est urgent de relancer le moteur africain en misant sur un numérique inclusif et universel ?

Internet, un bien public au service de tous

La vitalité de l’Afrique doit se ressentir dans ses flux de données, dans la densité de ses réseaux, dans la croissance de ses startups technologiques, dans les publications de ses chercheurs spécialisés dans les technologies de rupture, dans le nombre de ses femmes qui innovent… Dans l’aisance numérique des jeunes, des enseignants, des fonctionnaires et des travailleurs de tous les secteurs… Et enfin, dans la capacité de ses dirigeants à définir un cadre règlementaire, qui libère les énergies créatrices tout en protégeant les utilisateurs.

L’heure est à la mobilisation générale pour lutter contre toutes les dimensions de la fracture numérique. Le secteur public et privé, tout comme les partenaires au développement, doivent maintenir le même niveau de coopération qui a permis de déployer des réponses concrètes lors de la crise. Et ce, afin qu’Internet soit réellement un bien public au service de toutes et tous (nombre de ses mesures ont été identifiées dans un plan d’urgence que nous avions diffusé en avril).

La stratégie et la volonté politique sont là. Les acteurs sont connus et se connaissent. Et la crise de la COVID-19 n’a fait que confirmer ce que nous clamions déjà haut et fort : le numérique, maintenant !

Mini Bio Boutheina Guermazi [1]

(Source : CIO Mag, 2 août 2020)


[1] Boutheina Guermazi est une passionnaria. Elle a dédié sa carrière à la technologie numérique pour améliorer la vie de ses semblables. Et c’est tout naturellement qu’elle a été promue, en 2018, directrice en chef pour le Développement numérique à la Banque mondiale. Elle dirige une équipe mondiale qui travaille sur les économies numériques dans les pays en développement, afin de favoriser une prospérité partagée et de réduire la pauvreté.

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4472/5085 Régulation des télécoms
  • 349/5085 Télécentres/Cybercentres
  • 3372/5085 Economie numérique
  • 1787/5085 Politique nationale
  • 4872/5085 Fintech
  • 521/5085 Noms de domaine
  • 1916/5085 Produits et services
  • 1916/5085 Faits divers/Contentieux
  • 778/5085 Nouveau site web
  • 5085/5085 Infrastructures
  • 1758/5085 TIC pour l’éducation
  • 190/5085 Recherche
  • 243/5085 Projet
  • 3481/5085 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1832/5085 Sonatel/Orange
  • 1607/5085 Licences de télécommunications
  • 281/5085 Sudatel/Expresso
  • 1003/5085 Régulation des médias
  • 1273/5085 Applications
  • 1074/5085 Mouvements sociaux
  • 1677/5085 Données personnelles
  • 167/5085 Big Data/Données ouvertes
  • 596/5085 Mouvement consumériste
  • 365/5085 Médias
  • 642/5085 Appels internationaux entrants
  • 1613/5085 Formation
  • 94/5085 Logiciel libre
  • 2123/5085 Politiques africaines
  • 1055/5085 Fiscalité
  • 169/5085 Art et culture
  • 598/5085 Genre
  • 1791/5085 Point de vue
  • 1021/5085 Commerce électronique
  • 1475/5085 Manifestation
  • 319/5085 Presse en ligne
  • 124/5085 Piratage
  • 205/5085 Téléservices
  • 930/5085 Biométrie/Identité numérique
  • 315/5085 Environnement/Santé
  • 351/5085 Législation/Réglementation
  • 356/5085 Gouvernance
  • 1764/5085 Portrait/Entretien
  • 144/5085 Radio
  • 760/5085 TIC pour la santé
  • 282/5085 Propriété intellectuelle
  • 58/5085 Langues/Localisation
  • 1088/5085 Médias/Réseaux sociaux
  • 1994/5085 Téléphonie
  • 191/5085 Désengagement de l’Etat
  • 1034/5085 Internet
  • 115/5085 Collectivités locales
  • 409/5085 Dédouanement électronique
  • 1150/5085 Usages et comportements
  • 1033/5085 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 553/5085 Audiovisuel
  • 3266/5085 Transformation digitale
  • 385/5085 Affaire Global Voice
  • 190/5085 Géomatique/Géolocalisation
  • 328/5085 Service universel
  • 661/5085 Sentel/Tigo
  • 175/5085 Vie politique
  • 1597/5085 Distinction/Nomination
  • 34/5085 Handicapés
  • 698/5085 Enseignement à distance
  • 705/5085 Contenus numériques
  • 585/5085 Gestion de l’ARTP
  • 179/5085 Radios communautaires
  • 1801/5085 Qualité de service
  • 450/5085 Privatisation/Libéralisation
  • 135/5085 SMSI
  • 487/5085 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2699/5085 Innovation/Entreprenariat
  • 1349/5085 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5085 Internet des objets
  • 171/5085 Free Sénégal
  • 699/5085 Intelligence artificielle
  • 198/5085 Editorial
  • 10/5085 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5085 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous