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L’AfriNIC prend son envol...dans la discrétion

lundi 31 mai 2004

En dehors de quelques spécialistes, l’écrasante majorité des Africains qui utilisent les services d’Internet sont loin de se douter que les adresses qui permettent d’identifier leurs ordinateurs et périphériques connectés à Internet sont gérées par l’APNIC, l’ARIN et le RIPE, registres respectivement compétents pour la gestion des adresses IP dans les zones Asie-Pacifique, Amérique du Nord et Europe. Aussi paradoxale qu’elle puisse être, cette situation n’est qu’une autre déclinaison de la fameuse fracture numérique dont on parle tant. De ce fait, il faut saluer les efforts faits, depuis 1998, par une poignée d’Africains pour rendre opérationnel l’African Network Information Center ou AfriNIC, le registre africain de gestion des adresses IP qui vient de tenir sa première conférence et de désigner son conseil d’administration à Dakar les 23 et 24 mai 2004. Suite à une phase expérimentale, l’AfriNIC devrait en effet être officiellement reconnu par l’ICANN en décembre 2004 et devenir opérationnel au cours de l’année 2005. A partir de cette date, lorsqu’un opérateur de télécommunications ou un fournisseur de services Internet installé en Afrique ou dans l’Océan indien aura besoin d’un bloc d’adresses IP, il n’aura plus à s’adresser à des structures basées en Asie, aux Etats-Unis ou en Europe mais pourra le faire directement auprès de l’AfriNIC, organisme à but non lucratif dont le siège sera situé à l’Ile Maurice. Il faut simplement regretter que cette première conférence de l’AfriNIC organisée dans le pays en charge du volet Technologies de l’information et de la communication du NEPAD et qui a par ailleurs donné naissance au concept de « Solidarité numérique » ait été si peu couverte par les médias et ait reçu aussi peu d’intérêt de la part des autorités officielles. Pour une des rares fois ou un acte concret visant à réduire la fracture numérique et à faire de l’Afrique un acteur à part entière de la société de l’information était posé, les dispositions nécessaires auraient du être prises pour donner à l’évènement toute son importance à travers notamment une large mobilisation de la société civile, du secteur privé et des pouvoirs publics.

Amadou Top
Président d’OSIRIS

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