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Khassoum Wone, DG Adie : « Nous travaillons à la modernisation globale de l’administration publique »

lundi 14 juillet 2014

Délivrer les permis de construire dans les délais légaux de 28 jours pour les dossiers simples et ceux complexes en 40 jours. C’est l’objectif entamé par la Plateforme Télédac lancée en mars dernier. Dans cet entretien, le directeur général de l’Agence de l’informatique de l’Etat, Khassoum Wone explique que la plateforme Télédac participe à améliorer considérablement le rang du Sénégal dans le classement du Doing Business.

Depuis le lancement de Télédac à Dakar, y a-t-il des changements notés dans la délivrance du permis de construire ?

L’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie), dans sa mission globale a en charge la politique de e-gouvernement, c’est-à-dire l’administration électronique. Faire de telle sorte qu’au niveau de l’administration publique, qu’il ait plus d’efficacité au service des citoyens. Donc Télédac rentre en droite ligne dans cette mission générale de « e-gouvernement ». Je dois dire que cela a été accéléré par la notation du Sénégal dans le Rapport du Doing Business, qui était mauvaise. Parmi les raisons, il y a eu les indicateurs « Permis de construire », qui était faible. Ce qui fait qu’on a accéléré la mise en œuvre de ce projet.

Je pense que le projet, à ce stade là, est déjà très satisfaisant. Depuis son lancement le 31 mars dernier sous la présidence de Mme le Premier ministre Aminata Touré, nous avons eu des résultats très satisfaisants. En moins de 3 mois, pour le seul département de Dakar, nous avons déjà traité 226 demandes d’autorisation de construire sur la plateforme. On a eu quelques retards avec les départements de Pikine, Guédiawaye et Rufisque qui avaient des problèmes de livraison de matériel. Mais cela est résorbé. Je pense que dès les semaines à venir, ces départements aussi vont monter en puissance pour que toute la région de Dakar soit bien couverte.

Comment les populations concernées et les acteurs du bâtiment ont accueilli la Plateforme Teledac ?

Je vous inviterai à voir un peu avec les acteurs économiques. Mais, ce qui est sûr, avec les architectes (les acteurs majeurs de ce projet parce que ce sont eux qui font la demande pour leurs clients), ils sont très satisfaits. Nous avons une excellente collaboration avec l’ordre des architectes. Nous avons même un bureau « e-citoyen » pour permettre à ceux qui veulent déposer par eux-mêmes d’aller le faire au niveau du bureau des architectes ou à la direction de l’urbanisme. Je sais que les acteurs économiques comme les architectes sont très satisfaits. L’un des objectifs de cette campagne de communication, c’est aussi pousser les citoyens, l’émigré qui veut faire son travail de demande de construire, de scanner leurs documents de construire et nous les envoyer dans le système Télédac afin de suivre au jour le jour l’évolution de la plateforme Télédac. Et vraiment, nous sommes arrivés à délivrer les permis de construire dans les délais légaux les permis de construire en 28 jours pour les dossiers simples et ceux complexes durent 40 jours.

Est-il aussi simple pour les usagers d’accéder à la plateforme Télédac ?

L’usager peut aller sur le site teledac.gouv.sn ou le portail général www.servicespublics.gouv.sn. Quand vous allez dans ce portail, il y a un menu « Aide » qui vous explique un peu comment la plateforme fonctionne. Soit vous faites vous-mêmes votre demande, soit vous passez par un mandataire des architectes. Maintenant aussi, nous savons que tous les citoyens ne sont pas équipés en terminaux de nouvelles technologies. On peut aller au Bureau des architectes et déposer au niveau du bureau e-citoyen qui peut faire tout le travail pour vous. Cela est aussi une manière de faciliter le travail. Mais l’objectif, c’est d’amener le citoyen à prendre en charge son premier dossier plus on avance.

Pensez-vous que la plateforme fera partie des solutions qui vont aider le Sénégal à améliorer son rang prochain dans le classement Doing Business ?

« Assurément. Parce que le Doing Business est quelque chose qui est venu chemin faisant. Sans ce rapport, le gouvernement du Sénégal s’était inscrit résolument à la modernisation de l’administration publique. Il faut qu’on ait une administration publique réformée, plus efficace et qui rend les services aux citoyens de manière plus efficace. Donc, cela est une volonté clairement exprimée par les autorités. Télédac n’est que le début. Mais, nous allons accélérer tout ce qui est dématérialisation de procédure administrative pour aider le citoyen qui est chez lui d’avoir tous les papiers administratifs juste sur des plateformes. Cela va éviter des déplacements inutiles. Le citoyen de Dakar sera traité de la même façon que celui de Kédougou. Il n’y aura plus de rush encore moins de contraintes d’heures d’ouverture et de fermeture de bureau, parce que ce sera 24/24 h. C’est dans une démarche globale de modernisation de l’administration publique. C’est dans cette dynamique que nous nous inscrivons.

Quelle est la portée de la signature par l’Adie d’un contrat de performance avec le gouvernement du Sénégal et ses partenaires techniques et financiers.

L’Adie existe depuis 2004. Cette année, nous fêtons notre 10ème anniversaire. L’Adie a fait beaucoup de choses qui sont un peu dans la phase de construction. Nous sommes en train de construire jusque-là un réseau d’envergure nationale. Ce qu’on appelle l’Intranet gouvernemental ou administratif. Au début, cela concernait seulement les ministères. Aujourd’hui, nous sommes en train de connecter toutes les administrations, les préfectures, les gouvernances. Tous ces services se connectent sur le réseau Internet de l’Adie. Pour faire simple, l’Adie est un opérateur de télécommunications comme les autres dont les services sont orientés au niveau de l’administration publique. Nous notons une sorte d’accélération sur ce que nous faisions. En 2012, quand je venais à l’Adie, nous avions eu 500 km de fibre optique au niveau national. Déjà, l’année dernière, nous avions fait 1.000 autres kilomètres (Phase II). Donc, avec le projet de Télévision numérique-Contan, si tout se passe bien, nous allons signer un contrat pour faire 3.000 autres km. Cela voudra dire que le président Macky Sall aura réalisé, en 2 ans, 8 fois plus que ce qui existait depuis 2004. De ce point de vue, c’est une satisfaction. Cela montre tout l’intérêt que le président de la République accorde à notre domaine. Nous notons une accélération des choses. Je pense aussi qu’en termes de communication, les citoyens sénégalais connaissent mieux l’Adie. C’est fait à dessein. Nous avons décidé d’accélérer notre communication pour que les Sénégalais nous connaissent mieux. Vous avez dit « faire de l’Adie ce qu’il devrait toujours être ; c’est cela le contrat de performance. La période d’exécution du contrat de performance c’est du 1e juillet 2014 (le contrat a été signé le 30 juin) au 30 juin 2017. Donc, c’est un contrat de performance sur 3 ans qui devrait nous permettre de planifier toutes nos actions. Nous avons un plan d’action pluriannuelle. Et cela nous l’avons fait dans une démarche inclusive. Nous avons diagnostiqué les problèmes, regardé les atouts et les faiblesses de l’Adie pour arriver à cette démarche stratégique. Je vous donne un exemple : dans le contrat de performance, nous prévoyons d’accélérer tout ce qui est élément de dématérialisation. Un projet comme Télédac, nous allons en faire 5 la première année, 10 la deuxième année et 20 la troisième année pour l’extension du réseau. Nous comptons vraiment sur cet aspect qui est une demande des autorités et du Plan Sénégal émergent. Il ya aussi l’extension du réseau, des applications. Nous aurons des sessions pour l’expliquer.

Quel rôle peut jouer l’Adie dans le Plan Sénégal émergent ?

Dans le Plan Sénégal émergent, si vous lisez bien, il y a beaucoup d’actions qui sont liées à la modernisation de l’administration publique : la réformer et la rendre plus efficace. Il faut savoir que tout ce qu’on dit dans le Plan, ce sont les agents de l’administration qui vont l’exécuter. Si on n’a pas pas une administration publique efficace, on ne pourra avoir les résultats du Plan. Et de ce point de vue, nous comptons jouer notre rôle en rapport avec notre slogan qui est « pour une e-administration efficace au service du e-citoyen ». Lors du dernier remaniement ministériel, il y a deux ministères qui ont été créés pour cela. Il ya celui du Renouveau public et celui en charge des Télé-services de l’Etat. On attend de voir le contenu avec les décrets de répartition. Ces ministères vont définir une certaine politique dans ces domaines. Nous sommes une Agence d’exécution. Notre métier, c’est d’exécuter vite et bien les politiques qui ont été définies dans les différents plans. On ne peut pas parler de Sénégal émergent sans que l’économie numérique ne joue son rôle fondamental. Nous voulons que dans chaque secteur économique, de la santé, de l’éducation, que les technologies de l’information aient leur place. Ces domaines seront plus performants. Et c’est cela qui va permettre d’accélérer l’émergence. Nous avons un rôle de diffusion à l’interne sur tous les secteurs. C’est pour cela que notre secteur a été mis dans le Plan : « diffusion des nouvelles technologies de l’information ».

Propos recueillis par Omar Diouf et Sérigne Mansour Sy Cissé (textes)

(Source : Le Soleil, 14 juillet 2014)

Post-Scriptum

OMAR MAR, CHEF DU PROJET TELEDAC : « Avec Télédac, on peut avoir son autorisation de construire en 15 jours »

Selon le chef du projet Télédac, Omar Mar, « La Télé-demande d’autorisation de construire » est une trouvaille qui va réduire le délai de procédure pour l’obtention d’un permis en moins de 15 jours.

« La Télédemande d’autorisation de construire », Télédac a pour but de mettre en place des dispositifs nécessaires pour une amélioration de notre classement à l’échelle internationale sur la notation du rapport « Doing Business » a rappelé Omar Mar. D’après le chef du projet, Télédac va rapprocher l’Adie des usagers. « Avec Télédac, l’Adie ambitionne de réduire les délais pour l’obtention de l’autorisation de construire ». D’ailleurs, en termes de bilan, M. Mar concède que « c’est très favorable ». L’accord de financement du projet signé en juillet 2013 avec un partenaire financier, a permis de mobiliser 700 millions de FCfa et 510 millions, représentant la contribution de l’Etat. Omar Mar souligne que cette somme a permis de mettre en place un planning avec tous les acteurs.

Le chef du projet Téledac informe qu’il y aura le câblage du réseau de toutes les administrations qui interviennent dans la procédure, pour éviter toute contre performance.

« Ce qui fait échouer les projets informatiques, c’est qu’ils étaient développés par des prestataires externes ; c’est la raison pour laquelle le client dépendait de son prestataire » a expliqué Omar Mar, qui précise que Télédac est développé par des ingénieurs locaux qui forment une équipe très dynamique. « Naturellement, avec les 226 demandes traitées, on peut faire mieux ; l’amélioration est une exigence de l’Etat », a-t-il affirmé. Les contraintes telles que la réticence des acteurs à se familiariser avec ce projet ont été évoquées. Dorénavant, il faut changer la donne en « poussant les gens à se départir du travail manuel pour utiliser l’outil informatique afin de devenir beaucoup plus performants ».

Omar Mar confie que d’autres Télé-procédures vont bientôt démarrer au niveau de l’Adie. Il révèle que l’Agence a une équipe de support qui va soutenir les citoyens en cas de dépôt. Dans ce cas, le requérant aura à fournir tous ces documents cadastraux (fiche de renseignement, l’extrait du plan cadastral, les plans architecturaux, quittance domaine, mairie, la redevance bail et le titre de propriété) pour faire le dépôt. En réalité, concernant tous ces documents, des spécimens sont disponibles sur la plateforme. « A part les quittances qu’on paye à la Dgid, le requérant peut télécharger et remplir sur la plateforme », a-t-il affirmé, car ce sont les mêmes documents, la seule différence, c’est le « format numérique ». Omar Mar a comparé le traitement de dossier d’alors, procédure qui durait 90 jours. Mais avec le guichet unique, l’Etat communique, en 40 jours, sur les dossiers complexes et durant 28 jours pour les dossiers dits simples. « Et avec Télédac, on peut avoir, en 15 jours, son autorisation de construire », assure-t-il. Il souligne que plus de la moitié des 226 dossiers traités l’ont été en moins de deux semaines.

Les départements de Pikine Guédiawaye, et Rufisque, sont en phase test, mais devraient être opérationnels avant fin août. Il affirme que le retard accusé est lié à la réception des scanners de production utilisés par les architectes qui coûtent très chers. Pour le département de Dakar, l’Adie a mis à leur disposition des scanners. « Le projet va permettre de booster Dakar en termes d’équipement, mais aussi d’améliorer les autres manquements notés dans les autres départements de la région », a-t-il promis.

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