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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2019 > Mai 2019 > Hadja Fatimata Ouattara au Digital African Tour – Burkina 2019 : « Nous (…)

Hadja Fatimata Ouattara au Digital African Tour – Burkina 2019 : « Nous avons besoin de partenaires stratégiques pour nous accompagner »

jeudi 2 mai 2019

Portrait/Entretien

Le Burkina Faso s’est lancé des challenges dans sa transformation digitale. A travers plusieurs projets structurants, le pays travaille à devenir « une nation du numérique », a déclaré madame Hadja Fatimata Ouattara/Sanon, ministre du Développement de l’économie numérique et des Postes lors du Digital African Tour Burkina 2019. L’élan qu’a pris le pays est aujourd’hui éprouvé par une réorientation budgétaire due à la situation sécuritaire qu’il traverse. Mais, cette situation est loin d’émousser l’engagement des premiers responsables du Burkina, déterminés à faire profiter aux Burkinabè, les avantages qu’offre la transformation digitale. Entretien exclusif avec la ministre Hadja Fatimata Ouattara/Sanon. Elle revient sur les priorités pour son pays, notamment la recherche de partenaires stratégiques.

Cio Mag : Madame la ministre, où en est le Burkina dans ces grands projets structurants pour sa transformation digitale ?

Hadja Fatimata Ouattara/Sanon : Tout comme les autres pays, nous avons un écosystème pluriel. Vous avez l’Etat à travers le ministère que nous dirigeons, vous avez le régulateur, les opérateurs, le secteur privée. Ce que nous faisons, c’est de faire en sorte déjà que l’écosystème fonctionne à travers une bonne règlementation nationale juridique. Donc, nous nous employons à ce que l’arsenal juridique national soit vraiment favorable au développement du numérique. Ensuite, il appartient à nous, Etat, de construire une infrastructure pour permettre au secteur privé et aux autres de pouvoir l’exploiter.

Nous accompagnons les opérateurs privés à construire le réseau national en fibre optique. La construction de ce réseau est en cours à travers le projet Backbone national ; mais aussi à travers le cloud gouvernemental. Parce qu’après la fibre optique, il nous faut des capacités de stockage pour les applications, pour les plateformes et tout le reste. Ces infrastructures sont en cours de construction.

Il y aussi un pan, le e-Burkina pour construire des plateformes intelligentes qui vont permettre au Burkina Faso d’amorcer sa digitalisation. Et ces plateformes seront hébergées sur le cloud. Après, il y a une grosse partie consacrée à la formation. Nous avons une grande ambition, mais il nous faut une expertise locale pour soutenir notre ambition de digitalisation. De ce fait, un accent particulier est mis sur la formation.

Tout cela subit aujourd’hui des contraintes majeures, la disponibilité du budget. Avec la menace sécuritaire du pays, il y a naturellement une réorientation du budget pour prendre en charge cette situation. Mais qu’à cela ne tienne, les plus hautes autorités, notamment le président du Faso, nous a instruit à ce que nous trouvions des moyens, des technologies appropriées pour couvrir les zones blanches ; pour améliorer la communication. Ceci, justement parce qu’il sera utile dans la lutte contre le terrorisme. C’est un projet en cours. Nous allons voir avec le Fonds du service universel, comment utiliser une technologie adaptée, légère et moins coûteuse pour couvrir ces zones blanches. Voilà quelques chantiers qui nous occupent en ce moment.

On comprend qu’il y a plusieurs sujets d’enjeux pour le Burkina. Les rencontres comme le Digital African Tour vous permettent-elles de trouver des réponses concrètes à vos ambitions pour la digitalisation du Burkina ?

Ce sont tout à fait de grandes opportunités. Ce sont des occasions pour que nos ingénieurs puissent se frotter aux experts internationaux sur des thématiques émergentes. A cette 4è édition du Digital African Tour au Burkina par exemple, nous avons parlé du big data, de l’open data de la blockchain. Ce sont des technologies innovantes et il est important que nos ingénieurs maîtrisent eux-aussi ces technologies qui vont nous permettre de faire un bon, de reformer un certain nombre de secteurs comme les banques, les finances, le cadastre, l’éducation, la santé et plein d’autres secteurs.

Je disais tantôt qu’il y a un pan important consacré à la formation. Et ce genre d’événements permet à nos ingénieurs de se frotter aux experts internationaux, d’apprendre à leurs côtés, et de se mettre dans une dynamique de réseautage. Les innovations numériques évoluent très vite et nos ingénieurs se mettent dans une dynamique de formation, de recyclage continu.

Infrastructures, ressources humaines, partenariats public-privé, qu’est ce qui est la priorité aujourd’hui pour votre pays ?

Tout est prioritaire. Mais aujourd’hui, nous avons vraiment besoin de l’accompagnement de partenaires stratégiques. Non seulement, pour nous accompagner dans la construction des infrastructures et aussi dans la formation. Le gouvernement fait ce qu’il peut, mais il a besoin de partenariats public-privé. Heureusement, nous sommes dans un secteur où tous les investissements sont rentables.

D’ailleurs, dans nos pays, les Etats se sont mis à construire la fibre optique par défaillance. En réalité, il appartenait aux opérateurs de construire l’infrastructure et de l’exploiter. L’infrastructure que nous construisons est une infrastructure exploitable, rentable et donc les partenaires peuvent nous regagner, dans une dynamique de partenariat gagnant-gagnant. Alors qu’est ce qui est la priorité ? L’infrastructure, la formation ; mais mieux, nous cherchons des partenaires stratégiques pour nous accompagner dans la digitalisation du Burkina Faso.

Propos recueillis par Souleyman Tobias

(Source : CIO Mag, 2 mai 2019)

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