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Finances - Versions divergentes sur les dépenses : L’Art déficitaire ou sur-liquide ?

jeudi 7 juillet 2005

Les détracteurs de Malick Guèye, qui ont fait circuler dans la presse des documents internes à la maison, devaient être de ses plus proches collaborateurs. D’ailleurs, l’intéressé affirmait lui-même savoir qui au sein de l’agence, était à l’origine de toutes les fuites. Quelles que puissent être les motivations des uns et des autres, les accusations qu’ils ont portées étaient assez nettes et détaillées, surtout en matière d’argent.

Ainsi, sur ce point, ses détracteurs se plaignent : « En fin d’année, M. Malick Guèye s’est octroyé une prime annuelle de 26 millions, son secrétaire général 14 millions et ses directeurs 12 millions chacun, en plus du salaire brut tel que stipulé dans les accords d’établissements en vigueur à l’Art. » Non content de cela, si l’on peut dire, le directeur aurait procédé à une augmentation de salaire quelque temps avant son départ, qui a vu certains agents passer du simple au double dans leur traitement. Sans compter des salaires fictifs qui seraient versés à des personnes totalement inconnues de l’Art. A tout cela, Malick Guèye a opposé la posture zen d’une conscience paisible.

Sur les salaires et les sursalaires, M. Guèye rétorque d’abord que ce genre de choses se décide rarement sur un coup de tête. « Le budget est arrêté en début d’exercice budgétaire, et il est approuvé par le Conseil de régulation. Une fois le cadre ainsi dressé, nous avons pour tâche, de l’appliquer en essayant d’y apporter les aménagements qu’exigent les circonstances. » Tout cela, comme il l’a souvent répété au cours de l’entretien, dans le respect strict des textes qui régissent l’Art.

103% d’augmentation

Pour ce qui est des augmentations des salaires, il dit avoir « trouvé, à mon arrivée, une situation d’injustice inacceptable. Il y avait des secrétaires qui étaient payées plus que certains chefs de service. Je ne pouvais pas laisser perdurer cette situation. » Pourquoi avoir pris alors tant de temps pour mettre en œuvre cette décision ? « Je ne pouvais pas tout chambouler aussitôt arrivé. Il me fallait corriger les injustices, tout en récompensant le travail, la compétence et la loyauté. Mais pour cela, il me fallait prendre le temps de m’imprégner de tous les dossiers. C’est cela qui justifie tout le temps pris. »

Cette situation a abouti à ce que certains salariés se sont vus augmenter de 103%, passant d’un salaire net de151.217 francs Cfa, à 348 000 francs Cfa. D’autres, tout aussi chanceux, proportionnellement, ont vu leurs émoluments croître de plus de 50% et se sont retrouvés avec des traitements respectifs de 1 million 815 809 francs Cfa, 1 million 811 770 francs, ou 1 million 821 223 francs Cfa.

Mais même des traitements plus faibles ont connu des augmentations substantielles. En fait, sur une liste d’une soixantaine de personnes parvenue à notre connaissance, seul le secrétaire général Babacar Ndiaye n’a pas vu son salaire connaître une quelconque hausse.

Salaires fictifs

Concernant les primes qu’il se serait octroyé, en compagnie de ses plus proches collaborateurs, M. Guèye a qualifié l’histoire de belle affabulation. Pourtant, à en croire ses accusateurs, c’est ce qui, entre autres, justifierait l’enquête diligentée dans l’agence par l’Inspection générale d’Etat (Ige). Et sa convocation à la Dic ne serait que la conséquence logique de ladite enquête.

De même en ce qui concerne les salaires fictifs. Trois individus ont été nommément cités comme bénéficiant des largesses indues de la part de l’ancien directeur de l’Agence de régulation des télécommunications. Pour Assane Diallo et Sokhna Faye, Malick Guèye assure que, tout en restant agents rétribués par l’Art, ces personnes ont été appelés à accomplir leur mission à la Présidence et à la Primature. Ces affectations, qu’il juge « normales », se seraient faites à la demande de ces deux structures. Mme Jacqueline Fatima Bocoum, la troisième personne mise en cause, a fait état d’un contrat de prestation de services en bonne et due forme, signé avec l’Agence et portant sur de la publicité et de la communication à réaliser par l’Agence de communication tenue par elle, au profit de l’Art. « Ce contrat est toujours en cours de validité, et à ma connaissance, la nouvelle direction ne l’a pas remis en cause », affirme Jacqueline Fatima Bocoum.

En ce qui concerne certaines prodigalités qui lui sont reprochées dans l’exercice de ses fonctions, le directeur sortant assure, la main sur le cœur, avoir géré les deniers de la boîte avec la rigueur d’un bon père de famille. « Je peux affirmer que l’Art a aujourd’hui plus d’un milliard de francs Cfa sur un compte bloqué », sans parler de liquidités disponibles de plus de 600 millions, déclare le directeur. En réponse à ceux qui lui reprochent d’avoir offert le marché du câblage du nouveau siège à un opérateur qui ne serait pas le mieux-disant et qui aurait facturé le service à 75 millions de francs. Chiffre qu’il conteste d’ailleurs, le situant à bien moins que celui-là.

Il en est de même de ses caprices dans ses voyages. Il a été dit qu’il avait payé un billet d’avion Dakar-New York et retour, qu’il n’aurait utilisé qu’à l’aller, avant d’embarquer sur une autre compagnie pour le retour, coûtant à l’Agence, pour un même voyage, une bagatelle de 4 millions de francs Cfa. Là non plus, il n’y aurait pas eu gaspillage, le billet ayant été remboursé dans son tronçon non utilisé.

Mohamed Guèye

(Source : Le Quotidien, 7 juillet 2005)

Post-Scriptum

Où sont les ingénieurs télécoms ?

L’un des reproches fait à l’endroit de la gestion du personnel par Malick Guèye, est d’avoir viré tous les ingénieurs télécoms de l’Art. ce qui, pour une entreprise chargée de veiller à la régularité des services fournis par les exploitants des télécommunications, cela était matière à problème. Le directeur sortant assure qu’à son départ, la boîte comptait une dizaine d’ingénieurs télécoms. Parmi lesquels lui-même. Sur les bruits qui annonçaient le limogeage de tous les ingénieurs de la maison, il précise : « Au début, quand l’Art est née, certains ingénieurs sont venus de la Sonatel, comme moi. Ces gens continuaient d’émarger à la Sonatel tout en étant à l’Art. Après un certain temps, je leur ai demandé de choisir, partir ou démissionner de la Sonatel. Seuls trois sont partis, les autres sont restés. Ceux qui sont partis ont commencé à faire courir le bruit que tous les ingénieurs maisons sont partis. Il n’en est absolument rien. »

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