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Externalisation à Ericsonn : Comment l’Etat a géré le dossier des cadres de Tigo

mercredi 14 octobre 2015

Sentel/Tigo

Où en sommes-nous avec le projet d’externalisation de Tigo qui devait être confié à Ericsson ? Si le calme est revenu, c’est parce qu’il y a eu l’implication des plus hautes autorités.

Dans ses projets d’externalisation, l’opérateur de téléphonie Tigo avait trouvé un accord avec l’entreprise Ericsson. Dans les premiers termes de cet accord, 91 ingénieurs de l’opérateur doivent être envoyés au tout nouveau partenaire, dont ils deviendront des employés à part entière. Si à première vue cette affectation peut ressembler à une promotion, dans le fond, les choses sont plus compliquées, eu égard à la durée du contrat qui lie les deux structures. En effet, pour l’externalisation, Tigo a décidé de s’attacher les services d’Ericsson pour une durée de 5 ans. Une considération qui n’a pas échappé aux cadres concernés. Pour rappel, Tigo avait même envoyé des lettres de sommation aux personnes concernées par la mesure d’externalisation, en leur assurant pourtant qu’ils seraient dans les mêmes conditions que celles à Tigo. Mais sans doute très bien imprégnés des contours de ce contrat, les cadres se mobilisent pour obtenir au moins des garanties quant à la pérennité de leurs emplois. Entre des lettres envoyées à la presse, des rencontres avec les autorités, rien n’a été ménagé. Mais, déterminées à finaliser les accords, les deux structures campent sur leur position initiale. Et les questions persistent.
Qu’adviendra-t-il de ces emplois si le contrat arrivait à terme ? Les employés seront-ils repris par Tigo ? Ericsson continuera-t-il à les utiliser, en les redéployant par exemple ? Autant de questions et d’inquiétudes qui n’ont pas manqué de secouer la boite. Les cadres haussent le ton et se font entendre. Si le calme est revenu, c’est parce qu’il y a eu une implication des plus hautes autorités de ce pays. Selon une source proche du dossier, l’Etat a demandé à voir les termes de ce contrat. C’est à partir de là que les choses ont vraiment commencé à bouger. Après avoir constaté que les termes du contrat n’étaient pas en faveur des employés, les autorités sénégalaises ont demandé à ce que les contrats soient signés selon la législation du travail, en vigueur au Sénégal. Ce qui permettrait de garder les emplois même si le contrat arrivait à son terme. Mais il restait encore une brèche dans laquelle pourrait s’engouffrer Ericsson. En effet, les ingénieurs pouvaient être affectés dans un autre pays où Ericsson, ce qui fait que c’est la législation du pays où ils sont affectés qui sera appliquée au contrat. « S’ils nous amènent, ils peuvent à tout moment nous remercier et rien ne nous protègera », avait d’ailleurs alerté un des cadres, sous le couvert de l’anonymat. Une brèche tout de suite fermée par les autorités sénégalaises qui ont exigé que dans les clauses du contrat qu’il soit inclus que les ingénieurs pris de Tigo ne peuvent pas être affectés dans un autre pays.
Ainsi, avec tous ces subterfuges, l’Etat du Sénégal ferme toutes les brèches, au grand bonheur des cadres de Tigo. Une tournure des évènements à laquelle ne s’attendait sans doute pas Ericsson. Pour cause, alors qu’on s’apprêtait à signer le contrat avec Tigo, Ericsson met tout en standby et se donne du temps de réflexion. Pour combien de temps encore ? Difficile d’y répondre. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que les cadres avaient bien flairé le coup.
Quoi qu’il en soit, du côté de la direction, c’est l’assurance qui est de rigueur. Selon Joyce Sagoe, directrice marketing et communication, reprise par AgenceEcofin, le projet d’externalisation des activités de Tigo vers Ericsson constitue un changement interne pour la société. « Il y a un accord signé avec Ericsson qui travaille strictement avec nous, notamment dans la phase pilote de la 4G. On a procédé à l’externalisation des activités de Tigo parce que l’environnement télécom augmente très vite, le marché est très concurrentiel. Nous avons des garanties que toutes les ressources qui travaillent aujourd’hui chez Tigo et qui vont aller chez Ericsson vont continuer à travailler. Nous sommes rassurés que les contrats avec Ericsson sont des contrats à durée indéterminée, comme les contrats qu’on a chez Tigo. A Ericsson, il y a des mesures d’accompagnement en termes d’avantages et de bonus. Les personnes qui vont aller à Ericsson ont des avantages liés à leur poste. Les anciennetés sont conservées. Il n’y a pas de changement de statut. C’est la continuité de la fonction à Ericsson. Il n’y a pas de risque de perte d’emploi comme le prétendent certains agents. Au cas où le contrat de gestion de réseau entre Tigo et Ericsson venait à s’arrêter, les employés seraient tous réintégrés à notre service (Tigo). Cela, parce que nous aurons besoin de gérer notre réseau. Nous n’avons pas l’intention de précariser les emplois. Ce n’est pas ça notre objectif », avait-elle assuré.

Oumar Fédior

(Source : Réussir Business, 14 octobre 2015)

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