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Discriminations notée dans les projets TIC financés par les bailleurs : Le secteur privé local rue dans les brancards

jeudi 25 mars 2010

La faveur accordée aux entreprises originaires des pays qui financent les projets dans le domaine des Technologies de l’information et de la communication (Tic) n’est pas du goût du secteur privé local. Sous la houlette de l’Organisation des professionnels des technologies de l’information et de la communication (Optic), les entreprises des Tic réclament plus de part dans la répartition du gâteau.

Le « deux poids deux mesures » généralement noté dans le cadre l’attribution des marchés des projets Technologies de l’information et de la communication (Tic) financés par les partenaires bilatéraux, est mal digérée par les entreprises sénégalaises évoluant dans ce secteur. L’atelier de concertation et d’échanges sur « les marchés publics dans le secteur des technologies de l’information et de la communication » que l’Organisation des professionnels des technologies de l’information et de la communication (Optic) a tenu hier, mercredi 24 mars à Dakar, a été une opportunité pour le secteur privé local de dénoncer les conditions exigées dans les projets Tic financés par les fonds souverains.

Généralement, les partenaires au développement imposent à ce que les entreprises issues de leurs pays puissent réaliser la presque totalité du marché du projet financé au Sénégal. Ce qui met les entreprises sénégalaises carrément sur la touche. Cette situation est ainsi l’un des facteurs qui font que le niveau d’accès des entreprises locales à la commande publique soit très faible. Une situation dont n’échappent pas les acteurs du secteur des Tic.

Le président d’Optic, M. Antoine Ngom a souligné que dans le secteur des Tic, le premier donneur d’ordre reste l’État. « Les marchés publics constituent donc un enjeu important pour le développement du secteur privé. Mais force est de constater que l’accès à ces marchés est encore faible pour nos entreprises », souligne-t-il. Dans ce cadre, ce dernier fait savoir que « la commande publique globale avoisine les 600 milliards de F Cfa. Dès lors, on voit l’importance qu’elle peut avoir pour le secteur privé local, surtout quand on sait que la part de cette commande qui lui est réservée est minime ». Selon M. Ngom, le niveau d’accès des Pme aux marchés reste faible parce que l’État a souvent travaillé par le passé dans le cadre de la coopération. « Si vous regardez les grands chantiers dans le secteur des Tic, ce sont des chantiers sur lesquels on a la coopération internationale bilatérale. L’intervention de celle-ci fait de sorte que le secteur privé local n’avait pas affaire avec ces marchés ».

Le président de l’Optic de préciser : « On ne doit pas se limiter au rapport montant que le pays partenaires apportent au Sénégal. Ce qu’il faut voir c’est combien le système qu’on amène va coûter dans le temps à l’Etat du Sénégal ». Ce qu’il faut, a-t-il poursuivi, « c’est de s’entourer de toutes les garanties pour que cela puisse nous coûter le moins cher possible même si on choisit des entreprises chinoises ou coréennes. Il faut que l’on s’entoure de toutes les précautions minimisant le coût pour le contribuable sénégalais ». Pour la réduction des coûts d’exploitation dans le temps, le président d’Optic pense qu’il faut veiller à ce que les marchés Tic puissent mettre la balance entre le partenariat public-privé et s’occupe de financement. Ce qui, à son avis, « va permettre de savoir ce qui est mieux pour le Sénégal ».

À cela, M. Ngom y ajoute la nécessité de « sensibiliser les autorités contractantes pour qu’elles sachent qu’il y a des entreprises locales qui peuvent faire du partenariat public-privé, obtenir le même résultat que celles étrangères. D’ailleurs cela coûterait beaucoup moins cher ». Devant cet état de fait, les entreprises sénégalaises optent ainsi pour le regroupement afin de mieux répondre aux conditions requises à la réalisation de marché de grande envergure comme l’exige le code des marchés publics.

Le secrétaire permanent de la Stratégie de croissance économique (Sca), M. Ibrahima Wade estime, pour sa part, que la question des fonds souverains est éminemment politique. Il recommande à ce que les conditions de négociations dans ce sens puissent être améliorées. Pour lui, c’est un problème de rapport de force et cela prendra du temps pour l’inverser. « Il y a un travail à faire mais dans le cadre des négociations des fonds souverains, il faut forcer au maximum pour la prise en charge de la clause de sous-traitance », a-t-il souligné.

Les Américains pires que les Asiatiques

Dans le cadre de ces pratiques favorisant les entreprises étrangères, ce sont les programmes asiatiques qui sont les plus pointés du doigt. Le directeur général de l’Agence de l’informatique de l’État (Adie) n’est pas totalement du même avis. M. Cheikh Tidiane Seck informe que « concernant les marchés de service, pour le cadre de la Corée, ce n’est pas 80% mais 40% de réalisation locale qui est exigé ». Ce qui, à son avis, « veut dire qu’il faudrait qu’on ait la possibilité d’aller chercher des financements ». Dans le cadre par exemple de l’état civil, a-t-il poursuivi, « on pourrait aller chercher des financements et nous battre pour que peut être 50% des montants soient réalisés totalement ici en termes d’achat. Sur les autres 50%, il faut se battre également pour qu’il ait une bonne part de sous-traitance. Donc les choses ne sont pas tout à fait carrées, il faut les prendre cas par cas ».

Le directeur général de l’Adie pense que : « Il ne faut pas également qu’on stigmatise trop facilement les pays asiatiques ». Selon lui, « ces derniers dont l’Inde, les pays arabes, la Chine et la Corée, aujourd’hui, ce qu’ils apportent en termes de financement à notre pays, commence certainement à dépasser les pays occidentaux ». Sur cette lancée, il explique : « Si vous avez eu des exemples de projets financés par les Etats-unis, c’est 100% qui retournent chez eux. On a vu des projets avec l’Usaid, très souvent, c’est l’Etat du Sénégal qui complète pour que le projet puisse fonctionner ».

Bacary Dabo

(Source : Sud Quotidien, 25 mars 2010)

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