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Discours d’usage de l’édition 2001 du Concours général sénégalais prononcé par Papa Youga Dieng, Professeur de Sciences physiques, sur le thème : Le multimédia : Enjeux et perspectives pour le système éducatif sénégalais

vendredi 1er février 2002

Excellence, Monsieur le Président de la République Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale Mesdames, Messieurs, les ministres Mesdames, Messieurs, les députés Mesdames, Messieurs, les ambassadeurs Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs Chers Collègues, Chers Élèves

En ce jour de fête pour l’école sénégalaise, je suis à la fois heureux et honoré d’avoir été choisi parmi mes pairs pour vous entretenir d’un sujet brûlant d’actualité : « Le multimédia : Enjeux et perspectives pour le système éducatif sénégalais ». Il s’agit de réfléchir sur les rapports multiformes entre les nouvelles technologies de l’information et de la communication avec le monde de l’éducation, c’est-à-dire le monde de la pédagogie et de la didactique.

L’évolution de la formation à distance nous permet d’avoir une idée claire sur l’histoire de l’utilisation des vecteurs de communication dans l’enseignement. Nipper, cité par De Peraya TECFA-Université de Genève (2001), distingue trois grandes étapes dans l’histoire de la formation à distance :

1- l’imprimé, au milieu du XIXème siècle ; 2- le multimédia, à partir de 1960, caractérisé par l’utilisation de différents médias (imprimé, radio, télévision, vidéo) ; 3- depuis 1980, la télématique et la Communication Médiatisée par Ordinateur (CMO), caractérisée par la forte présence de contenus éducatifs sur Internet, le développement de l’hypermédia et du multimédia distribué.

Mon propos concernera la troisième période, dans le cade des applications des Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication pour l’Éducation et sera centré sur l’enseignement dans les écoles, lycées et collèges.

J’évoquerai, pour commencer, quelques outils qui caractérisent la présence de ces technologies (portails éducatifs, CD-rom interactifs, enseignement à distance, pratiques pédagogiques en salle informatique) puis j’esquisserai un état des lieux de la problématique au Sénégal et enfin je tenterai d’ouvrir quelques perspectives concrètes.

Aujourd’hui, nous constatons l’abondance sinon la prolifération des offres à contenu éducatif dans Internet. Il est possible à tout un chacun, avec des connaissances de base sur le traitement de texte, de réaliser des pages Web et de les mettre en ligne. La liberté d’expression offerte par Internet - qui du reste est un facteur de progrès - pose le problème de la validité des contenus et de la fiabilité de l’information en face de la rapidité de la communication interactive et virtuelle. Pour répondre aux besoins de qualification des contenus et de gestion du temps dans le monde de l’enseignement, les systèmes éducatifs se sont dotés de portails. Par exemple "education.fr" pour le Ministère français de l’Éducation. Ce sont des sites Index (avec moteurs de recherche) pointant vers des sites contenant des ressources spécifiques à l’éducation : textes officiels, contenus pédagogiques pour élèves et professionnels de l’éducation etc. Un système de navigation permet au visiteur de faire un parcours de recherche suivant son profil. Le portail est assez souple et ouvert car il ne ferme pas le système éducatif, il n’empêche pas à l’élève ou au professeur d’utiliser un autre portail éducatif d’un autre pays, d’une autre structure ou un autre outil de recherches.

Selon Taylor et Swannel, la formation à distance utilisant les NTIC, revêt deux formes majeures : le « Telelearning » et le « Flexible Learning Model ». Ces formations donnent accès à des cursus diplômants des universités américaines ou européennes. Le "Telelearning " est basé sur les technologies de télé présence. Mais il nécessite un équipement lourd : ligne spécialisée avec large bande passante et équipement des salles pour la visioconférence. Vu du côté apprenant, le téléenseignement est plus adapté à un public limité, en général des cadres de haut niveau ou des étudiants. Mais du côté producteur de formation, un large public peut être touché dans différents pays, voire différents continents. Le « Flexible Learning Model » utilise le multimédia interactif, la Communication Médiatisée par Ordinateur (CMO) et des cours basés sur des ressources d’Internet. Dans ce type d’enseignement, de nouveaux outils appelés plates-formes de formations sont utilisés. Ce sont des logiciels regroupant les outils nécessaires aux trois principaux utilisateurs - enseignant, étudiant, coordonnateur - d’un dispositif qui a pour finalité l’apprentissage à distance en fonction d’un style pédagogique. Ces plates-formes sont utilisées pour mettre en place des campus virtuels, organisés selon le modèle du campus universitaire. Les étudiants accèdent au cours par le biais d’un ordinateur à l’aide d’une connexion Internet et d’un navigateur Web. Un étudiant peut suivre la formation tout en exerçant des activités semi-professionnelles, même si celles-ci le conduisent à effectuer des déplacements en dehors de son lieu de résidence, voire de son pays. Il lui suffit simplement d’avoir un point d’accès à Internet. Mais nous notons une réorganisation des structures gérant ce type de formation à distance, une industrialisation de celle-ci avec l’apparition de nouveaux profils et sa taylorisation. Le coordonnateur de formation organise et supervise la formation, les « Cours Designer » produisent les cours et les tuteurs aident les étudiants dans le cadre de leur apprentissage. John Chambers, CEO Cisco Systems, affirmait : " La prochaine ’killer application’ de l’Internet sera très certainement l’éducation. L’éducation au travers de l’Internet va devenir si importante qu’elle fera apparaître le courrier électronique comme une erreur d’arrondissement ". Pour l’année 2001, en Europe, le chiffre d’affaires global de la formation à distance est estimé à 435 millions d’euros (plus de 285 milliards de nos francs !), selon FTPress (avril 2001).

Le développement des logiciels de traitement graphique et des langages auteurs rend de plus en plus facile la réalisation d’applications interactives sur CD-rom. Des améliorations sont aussi notées au niveau de l’ergonomie des interfaces et de la mise en œuvre de situations d’apprentissage de plus en plus complexes. Les CD-rom interactifs éducatifs sont produits en grand nombre dans le monde pour des publics-cibles variés : des élèves du préscolaire à ceux des classes de terminale, dans toutes les disciplines. Deux avantages majeurs sont à noter à ce sujet : la possibilité de réaliser des activités de renforcement avec un tel support et celle de les utiliser en dehors d’une connexion Internet.

Cependant, les CD-rom présents sur le marché ne sont pas tous utilisables dans les milieux éducatifs, certains ne répondant pas aux contraintes pédagogiques. Le Ministère français de l’Education a mis en place la marque identifiée selon la formule « Reconnu d’Intérêt Pédagogique (RIP) ». Chaque année des experts étudient les modules pédagogiques produits sur CD-rom et communiquent une liste regroupant les CD-rom utilisables avec une garantie de qualité. En effet, un module d’auto-formation se fait suivant un style pédagogique dépendant des caractéristiques du public-cible. Il comporte un système d’entrée, un système d’apprentissage et un système de sortie.

Dans les écoles, plusieurs configurations d’installations techniques existent. J’en citerai trois : école avec salles informatiques contenant des postes et un serveur connecté à Internet (projection schéma 1) ; école avec salles informatiques et un poste couplé à un vidéo projecteur dans chaque salle (projection schéma 2) ; école avec réseau multimédia interactif (projection schéma 3). Devant cette offre technologique, l’enseignant joue un rôle capital : c’est lui qui définit le projet pédagogique. La véritable innovation est que le matériel supporte des démarches et choix pédagogiques variés. Par exemple une démarche fondée sur une pédagogie socio-constructiviste dans laquelle l’enseignant joue un rôle de médiateur, anime la classe et aide l’élève à construire et structurer ses savoirs. Des activités amenant les élèves vers une certaine autonomie, une prise en charge de soi, un renforcement des liens sociaux peuvent commencer dès lors à se développer. Ces configurations donnent la possibilité aux enseignants de suivre des formations à distance à partir de leur établissement, pendant leurs heures de loisir.

Je ne terminerai pas cette revue des possibilités offertes par les NTIC, sans évoquer deux expériences vécues dans le domaine du travail collaboratif à distance :

§ une équipe constituée par des chercheurs de Abdus Salam International Center for Theoretical Physic (Italy), du Laboratoire Atome laser dirigé par le Pr Wagué (UCAD) ainsi que des membres du Pôle Régional de Dakar, ont mis au point via Internet un Kit d’optique destiné aux élèves. Les résultats ont été présentés à la session annuelle de l’Académie des Sciences du Tiers Monde tenue à Dakar

§ dans le cadre du Projet Interafricain d’Harmonisation des Programmes de Sciences Physiques et Technologie, des chercheurs et enseignants africains produisent et testent des outils didactiques. L’essentiel du travail est réalisé en utilisant Internet.

Monsieur le Président de la République, vous avez insisté à plusieurs reprises sur l’importance des TIC et en particulier pour les « tous petits ».Le Sénégal s’est toujours signalé par la présence de ressources humaines ou de projets d’intégration des vecteurs de communication dans le dispositif éducatif. Dans la période relative à la télématique, communication médiatisée par ordinateur, de nombreuses actions ont été développées. J’en citerai quelques-unes unes :

- En 1982, le Projet Logo, a mené l’étude de l’impact de l’utilisation de l’ordinateur ;

- Le programme World Links for Development de la Banque Mondiale, lancé en 1998, s’est donné comme objectif d’installer une salle informatique connectée à Internet dans une quarantaine d’établissements scolaires d’ici la fin 2001. Cet objectif est atteint et World Links a un programme d’extension.

- Le Groupe pour l’Etude et l’Enseignement de la Population s’est attelé à faire la « Promotion d’un modèle communautaire d’apprentissage, d’utilisation et d’appropriation des technologies de l’information et de la communication par les jeunes ». Il se déploie dans plusieurs collèges et lycées.

- L’Université Virtuelle Africaine a mis en place des formations reposant sur le télé-enseignement ;

- Le Campus numérique francophone financé par l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUPELF-UREF) met l’accent à la fois sur l’accès à l’information et au savoir et sur la formation des ressources humaines pour la production de cette information et de ce savoir ;

- Le projet Centre d’Application, d’Etudes et de Ressources en Apprentissage à Distance (CAERENAD) financé par le Canada implique l’Ecole Normale Supérieure et des universités du Brésil, du Canada, du Chili, du Costa Rica et de l’île Maurice et vise à permettre à des adultes d’accéder à des sources médiatisées de savoir sans l’intervention classique d’un enseignant ;

- Le projet FORCIIR financé par la Coopération française propose une formation à distance pour le diplôme du second cycle de l’EBAD ;

- La formation DUTICE, organisée par un consortium d’universités européennes (ULP, TECFA-UNIGE, UM-Belgique) en partenariat avec un consortium d’universités africaines (ESP-ENS-UCAD, Tunis etc) et l’AUF permet d’avoir des experts en « e-Learning » de niveau DESS.

- Le Sénégal est membre du Réseau Africain de Formation A Distance (RESAFAD) depuis mai 2001. Ce réseau propose des formations à distance sur les Technologies de l’Information et de la Communication à l’Ecole (TICE) pour les acteurs de l’éducation. Un premier centre de ressources est en cours de montage à Dakar.

- un centre de Ressources Multimédia au Lycée Djignabo de Ziguinchor avec l’appui du Projet pour l’Efficacité de l’Ecole Sénégalaise - Coopération Française, verra bientôt le jour.

- des enseignants ont subi des formations pour la réalisation de pages Web et de CD-rom interactifs-Direction de l’Enseignement Moyen et Secondaire Général- Projet pour l’Efficacité de l’Ecole Sénégalaise. WorldLinks a également formé quelques centaines de professeurs.

- Le Plan Directeur Informatique au niveau de la Direction de la Planification et de la Réforme de l’Education axé sur la mise en réseau de l’administration scolaire est en cours de réalisation.

- La baisse des coûts de connexion et de la facture téléphonique opérée par l’opérateur SONATEL-MULTIMEDIA.

- Des formations dans différents domaines de l’informatique sont dispensées par le département de Génie informatique de l’Ecole Supérieure Polytechnique, l’Unité de Formation et de Recherche de Mathématiques et Informatique Appliquées de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, l’Ecole supérieure Multinationale des Télécommunications et les instituts privés.

Nous remarquons que peu d’initiatives, parmi celles citées plus haut, concernent directement les élèves. Sur Internet, seuls des sites de présentation d’établissements scolaires ou universitaires du Sénégal sont disponibles pendant que le contenu pédagogique en ligne, les portails éducatifs et les CD-rom interactifs sont inexistants pour notre système éducatif. Or on ne peut pas être sur Internet seulement en tant que consommateur et espérer en tirer profit. C’est contraire à la philosophie d’Internet qui est un lieu d’échanges.

L’outil informatique est présent dans environ une cinquantaine d’établissements du Moyen et du secondaire. Diverses configurations de salles existent, de la salle informatique avec des ordinateurs 486 sans lecteur de CD-rom, en réseau avec un serveur 486, à la salle équipée des dernières générations d’ordinateurs connectés à Internet. Ces disparités induisent des usages variés au niveau pédagogique. La maintenance du matériel, le manque de contenu pédagogique adapté au programme sénégalais, le coût du matériel et des connections Internet posent des problèmes. Cependant nous ne sommes pas si démunis que cela car des individualités, utilisatrices avancées dans les différents domaines de l’informatique, existent dans le monde enseignant sénégalais.

Monsieur le Président de la République, vous avez eu la clairvoyance d’attacher une grande importance à l’introduction de l’informatique en milieu scolaire. Vous affirmiez en mai dernier : « Nous irons avec vous, les jeunes, à la conquête de la science et des technologies les plus sophistiquées ». En même temps que vous faisiez ce pari sur la jeunesse et, donc sur l’avenir, l’Expérimentation et la Simulation Assistés par Ordinateur (ESAO) ainsi que les laboratoires virtuels que vous avez souvent mis en exergue se révèlent comme des exemples de l’enseignement des sciences par l’usage des TIC.

Aujourd’hui le problème n’est pas seulement d’être au diapason des Nouvelles technologies mais aussi, de les utiliser pour améliorer la qualité globale du système éducatif, de la gestion administrative aux enseignements. L’introduction des TIC dans le Système Educatif Sénégalais est une innovation non seulement technologique mais aussi pédagogique. Les principaux acteurs de l’intégration des TIC dans l’école seront les enseignants mais le rôle des informaticiens reste capital. Cependant, selon Graham Gibbs, professeur à l’Open University de Grande-Bretagne, « l’introduction des TIC ne doit pas être confiée aux informaticiens, mais aux enseignants qui seuls sauront en adapter l’usage à leur discipline ». De plus, l’apparition de personnels non enseignants accompagnant le nouveau matériel peut masquer le caractère transversal de l’informatique. De surcroît, nous courons le risque d’ajouter du matériel coûteux dans l’école sans plus-value pédagogique.

L’implémentation des TIC dans le Système Educatif Sénégalais devrait se faire en tenant compte de ce qui existe, de ce qui a été fait. Plusieurs aspects pourraient être développés. Je citerai : la mise en place d’un portail éducatif, l’équipement des établissements, l’appui au développement de contenus éducatifs sur supports numériques, la formation des enseignants, la mise en place de formation à distance, le développement de partenariats.

Il existe un portail pour le Ministère de l’Éducation à l’adresse http//www.education.gouv.sn. C’est un site de présentation, dans lequel nous retrouvons différentes informations relatives au système éducatif. C’est un maillon important de la diffusion de l’information par Internet mais nous n’avons pas encore de portail éducatif dont les liens pointeraient vers des ressources pédagogiques. Sa construction, évoquée par le Bureau des Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Education, saluée par les communautés nationale et internationale, reste à l’état de projet, faute de financement. Une aide à la navigation des élèves et professionnels de l’éducation ainsi qu’une meilleure lisibilité du système passe par la construction d’un portail éducatif géré par les enseignants

L’équipement des établissements se ferait en parallèle avec la formation des enseignants. Les considérations techniques revêtent trois aspects essentiels : choix des logiciels, généralisation de l’introduction de l’informatique et spécifications techniques des salles informatiques. Un travail d’équipe entre les enseignants et les informaticiens pour définir les spécifications techniques d’une salle informatique standard me semble nécessaire. Ce qui nous conduirait à optimiser le rapport qualité/coût du matériel.

Monsieur le Président de la République, je voudrai saluer ici la très grande pertinence de votre déclaration lors de la Fête de l’Internet 2001 à propos des logiciels libres. Leur utilisation nous permettrait de faire baisser les coûts. Il me semble important d’équiper sur cinq ans tous les collèges et lycées qui seront environ trois cents. Des économies d’échelle pourraient être réalisées en négociant directement avec les constructeurs dans le cadre d’un plan d’équipement global des établissements. Ce qui serait favorable à une implantation d’unités de montage d’ordinateurs. Compte tenu de l’importance du financement, une mobilisation sociale me semble nécessaire pour l’équipement des écoles. La connexion à Internet des salles pose deux autres problèmes : la faiblesse du débit sur une liaison RTC et le caractère toujours onéreux des factures téléphoniques. Les lignes RNIS règlent les problèmes de débit mais entraînent des coûts très élevés. Je n’ai pas une solution particulière. Mais la piste qui consiste à positionner chaque inspection d’académie ou le Ministère de l’Éducation en fournisseur d’accès et d’utiliser la liaison sans fil est à explorer. La suppression de toutes les taxes sur le matériel informatique et les factures téléphoniques aiderait les enseignants sénégalais à s’équiper comme leurs collègues du Nord.

La gestion du matériel informatique et son intégration dans les pratiques pédagogiques présentent une complexité technologique nécessitant la formation des enseignants. Elle pourrait se faire avec comme principaux objectifs

- de générer un réseau d’enseignants avancés dans les aspects techniques et pédagogiques des TIC, délocalisés dans tout le pays ; - d’initier le plus grand nombre d’enseignants aux nouvelles technologies.

Les universités et instituts supérieurs où des expertises sont localisées, auront un rôle primordial à jouer dans ce cadre. La formation initiale des enseignants devrait mettre l’accent sur l’utilisation et l’intégration disciplinaire des TIC.

Une partie des formations des enseignants débouche sur la production de contenus multimédias. La mise en place de serveurs au niveau des services centraux avec une vocation d’héberger les contenus éducatifs me semble indispensable ; tout comme la mise en place de centres de ressources multimédias au niveau de chaque Académie, lieu de formation des enseignants, de développement de contenus numériques et d’assistance technique des établissements. Le secteur privé, bénéficiant de compétences techniques reconnues au niveau mondial, serait d’un apport important dans le domaine de la production. L’Etat pourrait stimuler la production de contenu multimédia éducatif par la mise en place d’un fonds d’appui.

La formation à distance pourrait être utilisée dans le cadre de la formation continue des enseignants ou des formations dipômantes destinées aux vacataires, ou même aux enseignants voulant changer de corps. Il ne sera plus nécessaire de venir à Dakar pour continuer ses études. Mais la mise en place d’un tel dispositif, de manière pérenne, nécessite des ressources humaines formées et du matériel performant. La conjugaison des efforts entre différentes structures serait un gage de réussite. Je vois bien l’Ecole Normale Supérieure, l’Ecole Polytechnique et des facultés mettre en place une Formation diplômante d’enseignants. L’Université du Futur Africain à laquelle vous accordez un vif intérêt donnera, j’en suis sûr, une forte impulsion à la formation à distance. Cependant le partenariat entre structures nationales et internationales est à intensifier. Afin de bénéficier des deux opportunités que sont : formations de qualité accessibles aux enseignants à moindre coût et perfectionnement des acteurs sénégalais.

En fin, il me semble nécessaire de mettre en place une structure au niveau du Ministère de l’Education, chargée d’assurer la coordination de l’introduction des TIC en milieu éducatif, du recensement et de la diffusion des innovations pédagogiques. Elle s’appuierait au niveau national sur les universités et instituts de recherche, au niveau régional sur les inspections d’académies. Ces dernières étant chargées d’assurer la coordination par l’intermédiaire de leurs structures pédagogiques à partir de « centres de ressources multimédia régionaux ».

L’intégration des TIC dans le dispositif éducatif a un coût financier certes important, mais il est à la mesure des enjeux.

Monsieur le Président de la République, à l’entame du nouveau siècle, votre mandat placé sous le sceau de la démocratie et du développement ouvre sans nul doute une ère nouvelle qui entend remettre à niveau le continent africain et le hisser très haut dans le contexte de la mondialisation des échanges. Le plan OMEGA que vous avez initié pour l’Afrique, place l’Éducation parmi les quatre priorités dominantes et l’introduction, l’usage et la massification des nouvelles technologies de l’Internet, de l’information et de la communication seront des atouts supplémentaires pour sa réalisation. L’école sénégalaise espère beaucoup de vous et de vos initiatives si hardies et si clairvoyantes.

Chers lauréats, vous êtes le Sénégal de demain et vous allez le construire, immanquablement, avec les nouvelles technologies. Sans doute allez-vous contribuer à les amplifier en les ordonnant et en leur mettant les brides pour une avancé cohérente et humaine. Pour le moment, nous vous fêtons, vous qui vous êtes illustrés parmi vos camarades, en tenant haut le flambeau de notre école ; Recevez mes chaleureuses félicitations ainsi que vos professeurs et vos parents qui tous ont contribué à vos éclatants succès .

Je vous remercie de votre aimable attention.

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